• Encyclopédies

      • Encyclopédie de l'Agora

        Notre devise: Vers le réel par le virtuel!


      • Encyclopédie sur la mort

        L’encyclopédie sur la mort veut s'intéresser à ce phénomène sous ses multiples aspects et ses diverses modalités.


      • Encyclopédie Homovivens

        Encyclopédie sur les transformations que l'homme opère en lui-même au fur et à mesure qu'il progresse dans la conviction que toute vie se réduit à la mécanique.


      • Encyclopédie sur l'inaptitude

        Tout le monde en conviendra : c'est au sort qu'elle réserve aux plus vulnérables de ses membres que l'on peut juger de la qualité d'une société. Aussi avons-nous voulu profiter ...


      • Encyclopédie sur la Francophonie

        L'Encyclopédie de la Francophonie est l'une des encyclopédies spécialisées qui se développent parallèlement à l'Encyclopédie de l'Agora.

  • Dictionnaires
  • Débats
      • Le Citoyen Québécois

         Après la Commission Gomery, la Commission Charbonneau! À quelles conditions pourrions-nous en sortir plus honnêtes… et plus prospères

      • L'hypothèse Dieu

         Un nouveau site consacré au dialogue entre croyants et non-croyants a été créé. Son titre « L’hypothèse Dieu » annonce-t-il un vira...

  • Sentiers
      • Les sentiers de l'appartenance

        L'appartenance c'est le lien vivant, la rencontre de deux Vies : la nôtre et celle de telle personne, tel  paysage...Quand la vie se retire, le sentiment d'appropriation se substitue au ...

      • Le sentier des fleurs sauvages

        Nous sommes des botanistes amateurs. Notre but est de partager un plaisir orienté vers une science complète où le regard du poète a sa place à côté de celui du botaniste, du généticien, du gastrono...

      • L’îlot Louis Valcke

        Sur les traces de Louis Valcke (1930-2012), professeur, philosophe, essayiste, cycliste, navigateur et pèlerin. Spécialiste mondial de l’œuvre de Pic de la Mirandole.

  • La lettre
    • Édition


    La lettre de L'Agora
    Abonnez-vous gratuitement au bulletin électronique. de L'Agora.
    Si l’Encyclopédie de l’Agora demeure progressiste, c’est dans un nouveau sens du mot progrès, fondé sur la science réparatrice et sur le principe de précaution.
    Média social:
    Facebook:


    Fluxs RSS:

    Impression du texte

    Dossier: Beethoven Ludwig van

    La rupture du romantisme

    Hélène Laberge
    L'oeuvre de Beethoven est une charnière entre les périodes dites classique et romantique de la musique occidentale. Dans l'histoire humaine, peu d'artistes ont atteint le sublime. Ludwig van Beethoven est de ceux-là mais au prix d'une solitude et d'une douleur intenses et constantes. Les vastes espaces de la nature et les profondeurs de l'âme humaine qu'il a contemplés donnent le vertige mais en même temps redonnent foi en ce qu'il y a de plus noble dans l'humain: la bonté, la liberté et la fierté.
    source: http://www.cybermusique.com/quiz-bee1.html
    «Beethoven inaugure dans l'histoire de la musique l'ère du romantisme, qui sera celle de la suprématie allemande... La musique révélera désormais les états d'âme, les joies, comme les peines du compositeur. [...] L'artiste, rompant avec la tradition du XVIIIe siècle, insuffle à tout ce qu'il crée quelque chose de plus humain, quelque chose qui nous livre les amertumes, le tragique de son existence, ou bien ses sentiments intimes en présence d'un être aimé, d'une idée, d'un paysage» (Norbert Dufourcq). Beethoven est en ce sens le premier compositeur moderne. Son oeuvre rompt avec une conception de l'harmonie du monde qui prévalait depuis les Grecs, et dans laquelle le génie de Mozart et de Bach s'est déployé avec une si remarquable aisance. Beethoven a surgi à la fin de ce siècle des Lumières si peu lumineux, après cette Révolution française qui rompait dans le sang avec les formes traditionnelles de la pensée cosmique et religieuse. Les musiciens ont inévitablement subi l'influence de cet éclatement. Ils ont cessé de centrer leur oeuvre autour de la musique religieuse. Le rapport si serein d'un Allegri, d'un Palestrina, d'un Bach, d'un Haëndel avec un Dieu omniprésent et insoupçonnable s'est effondré. L'homme, le musicien, sont retombés de ce Dieu sur eux-mêmes.

    Sir Julius Benedict nous a laissé un saisissant portrait de Beethoven: «un petit homme solide au visage très rouge, avec des petits yeux perçants... (ayant) une expression qu'aucun peintre n'aurait su rendre. C'était un sentiment de sublimité et de mélancolie combinées... La merveilleuse impression qu'il fit sur moi la première fois s'accrut encore les fois suivantes... J'étais ému comme si le roi Lear ou l'un des vieux bardes du folklore gallois se tenait devant moi.»

    Plus un être est riche, plus il est complexe. Sir Benedict avait pressenti l'être métaphysique du musicien. Vuillermoz en fait l'analyse psychologique. «Il était rempli de contradictions, écrit-il, tendre et grossier, sensible et brutal, idéaliste et matérialiste, apôtre de la fraternité humaine et misanthrope irréductible, libertaire agressif acceptant docilement les libéralités de ses aristocratiques mécènes, moraliste austère titubant dans les estaminets [...] âme de sensitive et... humeur d'ours des cavernes, Beethoven offre un mélange déconcertant de qualités et de défauts antinomiques.»

    Un génie s'incline devant un génie

    Écoutons un chant rare, la reconnaissance du génie musicien par le génie poète, Victor Hugo: «Ce sourd entendait l'infini. [...] Il a été un grand musicien, le plus grand des musiciens, grâce à cette transparence de la surdité. L'infirmité de Beethoven ressemble à une trahison; elle l'avait pris à l'endroit même où il semble qu'elle pouvait tuer son génie, et, chose admirable, elle avait vaincu l'organe sans atteindre la faculté. Beethoven est une magnifique preuve de l'âme. Si jamais l'inadhérence de l'âme et du corps a éclaté, c'est dans Beethoven. Corps paralysé, âme envolée. Ah! vous doutez de l'âme? Eh bien, écoutez Beethoven. Cette musique est le rayonnement d'un sourd. Est-ce le corps qui l'a faite? Cet être qui ne perçoit pas la parole engendre le chant. Son âme, hors de lui, se fait musique. [...] Les symphonies de Beethoven sont des voix ajoutées à l'homme. Cette étrange musique est une dilatation de l'âme dans l'inexprimable. L'oiseau bleu y chante; l'oiseau noir aussi. La gamme va de l'illusion au désespoir, de la naïveté à la fatalité, de l'innocence à l'épouvante. La figure de cette musique a toutes les ressemblances mystérieuses du possible. Elle est tout.»

    Source

    L'Agora, vol. 5, no 1, novembre-décembre 1997.
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2013-12-27
    Informations
    L'auteur

    Hélène Laberge
    Poussé par son père, très violent, qui voulait exploiter ses dons de jeune pianiste et en faire un enfant prodige comme Mozart, Beethoven donna dès l'âge de huit ans ses premiers concerts. Il a laissé un très grand nombre d'oeuvres, parmi lesquelles deux messes, l'opéra Fidélio, plusieurs symphonies, dont la neuvième Symphonie (Hymne à la joie) fut donnée en concert lors de la chute du mur de Berlin, cinq concertos pour piano, un pour violon, un triple concerto (violon, violoncelle et piano), une cinquantaine de sonates pour piano, pour violoncelle ou pour violon, des trios, divers quatuors à corde, deux quintettes et un septuor. Dès l'âge de vingt-six ans, il ressent les atteintes de la surdité qui deviendra totale vers cinquante ans. Voulant consacrer sa vie à la création musicale, Beethoven avait quitté très jeune Bonn, sa ville natale, pour se rendre à Vienne, où il demeura jusqu'à sa mort.  Beethoven partageait les idées républicaines de la Révolution française. À l'époque où Napoléon n'était que premier Consul, il l'admirait et avait l'intention de lui dédier sa III° symphonie, l'Héroïque; mais lorsqu'il apprit que Napoléon s'était fait couronner Empereur, il changea sa dédicace.
    Mots-clés
    Biographie, histoire de la musique
    Extrait
    Un génie s'incline devant un génie, Victor Hugo: «Ah! vous doutez de l'âme? Eh bien, écoutez Beethoven. Cette musique est le rayonnement d'un sourd. Est-ce le corps qui l'a faite? Cet être qui ne perçoit pas la parole engendre le chant. Son âme, hors de lui, se fait musique.»
    Documents associés

    0%
    Dons reçus (2018-2019):0$
    Objectif (2018-2019): 25 000$


    Nous avons reçu près de 11 407$ lors de la campagne 2017-2018. Nous vous remercions de votre générosité. Pour la campagne 2018-2019, notre objectif s'élève à 20 000$.

    Contribuez au rayonnement des oeuvres de l'Agora/Homo vivens en devenant membre ou en faisant un don.