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La Flûte enchanté et Fidelio

Camille Bellaigue

Mais il est un chef-d’œuvre de Mozart, d’où Fidelio pourrait bien venir : c’est la Flûte enchantée, le dernier opéra du maître, et le premier où quelque chose de l’âme allemande se soit révélé. Quelque chose de simple, d’ingénu et de populaire, au sens le plus profond du mot. Je songe au célèbre duo de Papageno et de Pamina, duo d’amour ou plutôt dialogue exquis sur l’amour et sa douceur. La musique en est divine et pourtant presque familière. J’allais écrire familiale, car elle est cela aussi. Musique d’infinie tendresse et de pureté infinie. « Nichts edlers sei als Weib und Mann. Rien de plus noble, dit le texte, que l’homme et la femme unis ensemble. » Mais la musique chante : que l’épouse et que l’époux. Voilà peut-être l’origine et comme le premier trait, à peine sensible, de Fidelio. Voilà le sentiment que Beethoven devait étendre, exalter, porter jusqu’à la passion et à l’héroïsme. Encore une fois, nous sommes loin d’Orphée et d’Alceste : sur des hauteurs égales sans doute, mais pourtant différentes, devant un drame non plus royal et presque divin, mais bourgeois. Je me hâte d’ajouter qu’il n’en est pas moins sublime. La vertu de la femme de Florestan est pareille à celle de l’épouse d’Admète, et si l’opéra de Gluck est le chef-d’œuvre antique de la foi conjugale, l’opéra de Beethoven en est le chef-d’œuvre allemand.ing