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L'école en douze points

Jean-Paul Desbiens
« 1
    C'était en septembre 1997. Je vis une école libre. C'était une école secondaire d'environ 1400 élèves, divisée en deux cycles.

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    L'école comptait environ 75 professeurs. Elle disposait du budget de l'exercice financier 1996-1997.

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    Les divers programmes correspondaient, en substance, à ceux du ministère de l'Éducation et l'école devait présenter ses élèves aux examens du ministère.

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    Tout le reste: calendrier, horaire, choix des manuels, répartition des tâches, orientation des élèves, etc. avait été réglé (ou devait l'être) par l'ensemble du personnel, selon des procédures appropriées. On y avait fait l'hypothèse que cinq ou sept personnes sont capables de dégager une solution raisonnable quand elles sont libres, c'est-à-dire détachées.

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    Cette école n'était ni privée, ni publique, ni catholique. Cependant, personne ne lâchait une porte dans la face de celui qui suivait.

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    Le personnel avait choisi cette école. Les parents aussi. Les élèves n'étaient cependant pas forcés d'y demeurer. Certains en furent expulsés.

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    Cette école était pourtant soumise à des contraintes. Par exemple, les professeurs vouvoyaient les élèves. Les élèves, eux, pouvaient tutoyer les professeurs. Mais après une semaine, ils les vouvoyaient, sans s'en apercevoir.

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    Dans cette école, il y avait une heure quoti-dienne d'étude obligatoire.

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    Enfin, dans cette école, on ne tolérait aucune faute de français dans les communications régulières: copies d'examens, échanges en classe, directives administratives. Nulle police, cependant, sauf que les professeurs ne corrigeaient aucune copie après la troisième faute, peu importe la discipline. Sauf aussi que n'importe qui pouvait demander n'importe quand, à n'importe qui: Qu'est-ce que vous voulez dire?, et qu'il avait droit à une réponse vraie et en français.

    Cela fut très difficile. En fait, durant cette année-là (1997-98), on s'en tint à deux mesures périphériques. Cf. Numéros 7 et 8.

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    Cette école n'était pas une geôle de jeunesse captive (Montaigne). Elle avait simplement pris en compte la remarque de Pascal. Il n'est pas bon d'être trop libre. Il n'est pas bon d'avoir toutes les nécessités.

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    Beaucoup de conflits avaient surgi dans cette école; beaucoup d'imprévisibles problèmes s'y étaient présentés, qu'il avait fallu régler. On ne négocie ni l'urgence ni le sexe du chat.

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    Justement, cette école était dirigée. »

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