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Visite du directeur du Centre d'études québécoises de Liège - Un Belge à la défense de la culture québécoise

Robin Renaud
Le directeur du Centre d'études québécoises de Liège en Belgique, Jean-Pierre Bertrand, était à Sherbrooke le 27 avril pour participer à un colloque consacré au poète, romancier et essayiste Jacques Brault, coorganisé par la professeure Nathalie Watteyne. Cet ardent défenseur de la culture québécoise considère qu'une telle activité confirme les liens qui continuent de se tisser entre l'Université de Sherbrooke et celle de Liège. Un accord stratégique de collaboration a été signé en 2004 par les deux institutions.

Collaboration Sherbrooke-Liège

«Il est clair que l'existence du Centre d'études québécoises de Liège, ainsi que l'accord stratégique qui unit Liège et Sherbrooke permettent des rapprochements, tout en favorisant la mobilité étudiante et professorale», estime Jean-Pierre Bertrand. Selon lui, Sherbrooke et Liège partagent certains traits communs. Dans les deux cas, on y trouve des universités de taille comparable dotées d'une vocation régionale forte. Pour Jean-Pierre Bertrand, plusieurs disciplines universitaires profitent également d'ententes de collaboration. «C'est le cas bien sûr en lettres et communications, mais aussi en pédagogie, en droit et en génie, par exemple.» Spécialiste de la littérature française du XIXe et XXe siècle, Jean-Pierre Bertrand s'est dit ravi de pouvoir participer à un colloque sur la littérature québécoise à Sherbrooke, alors que l'an dernier, plusieurs spécialistes québécois étaient invités à Liège pour une rencontre consacrée à Gaston Miron. 

Monter au créneau

Belge d'origine, Jean-Pierre Bertrand s'est porté à la défense de la littérature québécoise en mars dernier. Il a répliqué aux propos de l'auteur David Homel qui, dans une lettre d'opinion publiée en France, a qualifié la littérature québécoise de produit culturel non exportable. «Oui, je suis monté au créneau. Il fallait rétablir les faits, et je crois qu'une telle affirmation reposait sur un jugement faux ou à tout le moins, peu juste. Je déplore qu'on présente la littérature comme une marchandise, mais j'ai néanmoins rappelé que la littérature québécoise était certainement exportable, puisque les Hébert, Ducharme et Miron sont effectivement exportés, et publiés par des maisons d'édition parisiennes. En fait, en Belgique on est hypersensible à ce genre de chose parce que la reconnaissance de notre littérature est aussi – pour d'autres raisons – une question d'actualité.»

Traits communs

Le Centre d'études québécoises de Liège a été créé en 1977 et a été le premier du genre à voir le jour en Europe. Cela s'explique notamment par la similitude des contextes sociopolitiques belge et québécois, estime son directeur : «La Belgique et le Canada sont des pays biculturels qui vivent des problématiques politiques qui peuvent parfois se ressembler. Le Centre d'études québécoises se veut un lieu d'animation de la recherche universitaire. Au départ, les domaines de la langue et de la littérature étaient à l'avant-plan et plus tard, les sciences politiques ont pris de l'importance. Aujourd'hui, le Centre voit à la mise en valeur de tous les domaines de recherche où les québécois se démarquent.» M. Bertrand espère voir les projets de collaboration se multiplier ces prochaines années entre Sherbrooke et Liège.