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    Dossier: Beauport

    Beauport au début du 19e siècle

    Joseph Bouchette
    La seigneurie de Beauport, dans le comté de Quebec, est bornée au nord-est par la Côte de Beaupré, au sud-ouest par Notre Dame des Anges, en front par le St. Laurent, et au fond par le township de Stoneham; elle a une lieue de largeur sur quatre de profondeur; elle fut accordée le 31 Décembre, 1635, à Robert Giffard, Sieur de Beauport; mais par cette concession sa profondeur était limité à une lieu et demie; le 31 Mars, 1653, on y ajouta les deux autres lieues et demie; c'est à présent la propriété de Mr. Duchesnaye. La surface de cette seigneurie présente la même variété que celles qui l'entourent, étant entrecoupée par différentes chaînes de hauteurs; entre la première élévation de terrain et le rivage du St. Laurent, il y a un espace uni qui règne dans toute la largeur de la concession, et qui est occupé par des prairies, des pâturages, ou des jardins; le sol consiste en une terre noire entremêlée d'argile ou de marne : sur ce terrain plat il y a plusieurs gros fragmens sphériques de granite entièrement détachés et placés sur sa surface. De là, en pénétrant plus avant vers l'intérieur, le sol varie considérablement, et presque aussi fréquemment que les inégalités du terrain : sur la chaîne de front, où passe la route, il y a des couches plates de roc, qui dans quelques endroits sont entièrement nues à une étendue considérable, et dans d'autres, elles ne sont que superficiellement couvertes d'un lit de terre; plus avant ces rocs disparaissent, et sont remplacés par un terreau noir ou par une marne jaunâtre, qui continue jusqu'à la pente des montagnes. Sur le devant de la seigneurie il ne reste que peu de bois; cependant dans l'intérieur et sur les hauteurs on trouve du hêtre, du bouleau, et de l'érable de la meilleure qualité. Elle est arrosée par la Rivière Montmorenci du côté du nord-est, par la Petite Rivière de Beauport, et par plusieurs petits courans qui tombent dans le St. Laurent, et qui forment des ruisseaux le long du rivage à la marée basse : à environ deux lieues du front il y a un petit lac, et un peu plus loin quelques petits ruisseaux sortent des montagnes et coulent entre les différentes chaînes. Les terres cultivées s'étendent à environ six milles du St. Laurent, et elles sont pour la plupart dans un excellent état de labour, et produisent en abondance toute sorte de grain, de légumes, etc. Dans différentes parties de la seigneurie, il y a des carrières de pierre qui sont une excellente ressource pour les nouveaux bâtimens de la ville et du voisinage : on trouve aussi dans plusieurs endroits des marques de veines de charbon de terre, mais on n'a pas encore cherché à les exploiter. Il se fait ici une grande quantité de sucre d'érable, aussi-bien que dans toutes les seigneuries adjacentes : on peut décrire en peu de mots le procédé qu'on met en usage pour l'obtenir. Au printemps, quand la sève commence à monter dans les arbres, les habitans se rendent dans les bois, munis de chaudières, d'auges, et de tous les ustensilles (sic) nécessaires pour conduire la manufacture, et ils y forment un campement passager : la sève se recueille en faisant dans l'arbre une incision dans laquelle on insinue un morceau de bâton mince pour servir de conducteur, et par où une heure ou deux après le lever du soleil la sève commence à degoutter (sic) dans une auge placée pour la recevoir; quand on a retiré de plusieurs arbres une quantité suffisante de cette liqueur, on la met dans une chaudière de fer et on la fait bouillir, jusqu'à ce qu'elle prenne la consistence (sic) d'un sirop épais; ensuite on la fait refroidir, puis après on la fait une autre fois bouillir et clarifier. Quand cette opération a été suffisamment répetée (sic), à proportion du degré de pureté qu'on veut donner à la matière, on la met durcir dans des vaisseaux de différente grandeur, qui en contiennent depuis une demi-livre jusqu'à huit ou dix livres. Sa couleur offre toutes les nuances depuis un brun clair jusqu'à un brun foncé, suivant le soin qu'on a pris pour le clarifier; on pourrait même, en repétant (sic) le procédé, la rendre aussi blanche que le sucre rafiné (sic) commun. Comme ce sucre est extrêmement sain, l'usage en est général parmi les gens de campagne pour tous leurs besoins, et la consommation en est considérable dans les familles respectables pour les besoins ordinaires : le prix en varie de trois sous et demi sterling à six sous par livre. On en trouve constamment dans le marché de Quebec. Les routes qui communiquent avec les concessions adjacentes sont embellies par des maisons et des jardins placés à peu de distance les uns des autres, dans presque toute leur longueur. Sur la route qui conduit à la capitale, le village populeux de Beauport est situé sur un terrain en pente douce : il contient de soixante à soixante dix maisons, dont plusieurs sont bâties en pierre et remarquable par la grand(e) propreté de leur apparence extérieure; l'église et le presbytère sont situés au sud de la route; la première est beaucoup plus remarquable par sa solidité que par sa beauté ou ses embellissemens : la régularité et la propreté règnent généralement dans tout le village. De chaque côté de la route, les fermes et autres maisons sont placées si près les unes des autres, qu'elles semblent être une prolongation du village même : les terres des fermes et les jardins sont tous dans l'état le plus florissant : les vergers et quelques bouquets d'arbres servent à rendre cette route une des plus agréables dans les environs de Quebec. Ce village est la résidence de plusieurs familles des plus respectables, outre les marchands, les artisans, et les fermiers. A l'ouest de l'église, sur le penchant d'une colline, est une maison seigneuriale, bâtiment de pierre ancien et irrégulier, destiné originairement à servir de forteresse aussi-bien que de résidence : l'épaisseur et la solidité extraordinaire des murailles, si l'on pouvait les apercevoir de l'extérieur, attireraient l'attention : mais ses autres avantages ne sont pas de nature à mériter d'être observés par les passans. Un peu à l'ouest de cette maison, et sur le bord de la Rivière Beauport, sont la distillerie et les moulins, construits il y a environ vingt-cinq ans à grands frais par l'Honorable John Young : ils sont situés sur la rive ouest de la rivière sur laquelle il y a un pont qui y conduit; la première appartient à présent à Mr. Racy, et les derniers à Mr. McCallum. Les bâtimens et les autres dépendances de la distillerie forment un carré profond qui a plus de 100 toises de chaque côté : au milieu de ce carré il y a plusieurs grands bâtimens de pierre qui communiquent les uns avec les autres, et qui renferment l'alembic, la drèche, le grenier, les mécaniques, etc. de toute description, nécessaires pour conduire dans tous leurs procédés la distillation et la rectification dans une très-grande étendue. La Rivière Beauport est navigable jusqu'à ces édifices, pour de petits bâtimens pontés qui peuvent venir le long du quai adjacent. Le particulier qui fit bâtir cet établissement était aussi propriétaire d'une vaste brasserie dans St. Roch, et dans ces deux entreprises il fournit de l'emploi pendant quelques années à plusieurs centaines de personnes : mais il se trouva que ces établissemens avaient été formés sur une trop grande échelle pour la consommation de la province à cette époque. Mr. Young avait des talens supérieurs qui ayant attiré l'attention de Lord Dorchester quand il était Gouverneur Général, lui procurèrent la nomination à une place dans le conseil exécutif, où, aussi-bien que dans le parlement provincial, dont il fut un membre distingué pendant trois ou quatre sessions, il employa toujours ses talens en faveur des mesures propres à contribuer au bénéfice et à l'intérêt de la province. Le moulin est à la fois vaste et complet, dans un bâtiment à trois étages; l'eau qui le fait marcher vient de la Rivière Beauport dans un grand réservoir ou écluse au-dessus de la route, d'où elle se rend au moulin par un aqueduc. Sur une éminence au nord-ouest, il y a deux belles maisons de pierre, accompagnées de jardins et .de pavillons, entourés d'un mur; par leur situation extrêmement belle, et le magnifique point de vue dont on y jouit sur le bassin de Québec et les objets éloignés qui les environnent, elles attirent beaucoup l'attention : l'Honorable H. W. Ryland est propriétaire de l'une et de l'autre. Les Chutes du Montmorenci présentent le spectacle le plus majestueux de tout le voisinage, et même un des plus grands de la province : on en a souvent fait la description, et d'une manière si correcte, qu'il suffira d'en donner ici une légère idée. La rivière, dans son cours à travers un pays qui n'offre presque qu'une forêt continuelle, roule un courant d'eau très-peu considérable, à moins qu'il ne soit grossi par la fonte des neiges dans le printemps, ou par les pluies d'automne, jusqu'à ce qu'elle arrive au précipice, où sa largeur est de huit à dix toises. Son lit étant un peu incliné avant d'arriver à ce point, donne une grande velocité (sic) au courant, qui, poussé sur le bord d'un rocher perpendiculaire, forme une large nappe d'eau d'une blancheur et d'une apparence laineuse qui ressemble presque à la neige, en tombant dans un creux parmi les rochers à 240 pieds au-dessous. Il s'élève du fond une écume immense en masses ondoyantes, qui, lorsque le soleil deploie (sic) leurs couleurs brillantes et prismatiques, produisent un effet d'une beauté inconcevable. Au bas de la chute, l'eau est retenue dans le bassin formé par les rochers, d'où, après que son impétuosité s'est appaisée (sic), elle coule doucement dans le St. Laurent, à la distance d'environ 140 ou 150 toises. Le pavillon bâti par feu le Général Haldimand, et mentionnée par Mr. Weld et autres, à raison de sa situation effrayante qui avance sur le grand précipice, subsiste encore; s'il est vrai qu'à l'époque où Mr. Weld le visita, les poutre qui le soutiennent eussent commencé, à éprouver l'influence corrosive du temps, elles doivent être à présent dans un état très-précaire : il serait vraiement (sic) prudent de le détruire au plus tôt, au lieu d'attendre qu'il tombe naturellement; car tant qu'il restera dans sa position actuelle, la curiosité peut attirer plus d'un visiteur imprudent et finir par produire une catastrophe fatale. Le parlement provincial a depuis peu rendu un acte pour construire un pont sur le Montmorenci. Les maisons, fermes, etc. près de la rivière, autrefois la propriété du Général Haldimand, appartiennent à présent à -------- Patterson, Ecuyer. Du pont de Dorchester en allant vers les chutes, il reste encore quelques traces des fortifications construites par les Français dans la mémorable année 1759, pour servir de défense contre l'armée Anglaise. Le long du rivage il y a une route à la marée basse, laquelle, quand elle est praticable, est toujours préférée par les gens de campagne qui y passent avec leurs charrettes et leurs traîneaux en allant au marché et en revenant, non-seulement parce qu'elle est un peu plus courte que la route haute, mais encore par la raison beaucoup plus importante qu'elle leur épargne le péage du pont de Dorchester.
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
    Informations
    L'auteur

    Joseph Bouchette
    L'auteur est un des pionniers de la géographie au Québec (1774-1841). Voir sa biographie sur le site du département de géographie de l'Université de Montréal. À noter que cette biographie donne 1844 comme année de sa mort, ce qui est erroné.
    Mots-clés
    Québec - ville, chutes Montmorency, érable, sucre d'érable
    Extrait
    Sur la route qui conduit à la capitale, le village populeux de Beauport est situé sur un terrain en pente douce : il contient de soixante à soixante dix maisons, dont plusieurs sont bâties en pierre et remarquable par la grand(e) propreté de leur apparence extérieure; l'église et le presbytère sont situés au sud de la route; la première est beaucoup plus remarquable par sa solidité que par sa beauté ou ses embellissemens : la régularité et la propreté règnent généralement dans tout le village. De chaque côté de la route, les fermes et autres maisons sont placées si près les unes des autres, qu'elles semblent être une prolongation du village même : les terres des fermes et les jardins sont tous dans l'état le plus florissant : les vergers et quelques bouquets d'arbres servent à rendre cette route une des plus agréables dans les environs de Quebec. Ce village est la résidence de plusieurs familles des plus respectables, outre les marchands, les artisans, et les fermiers.

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