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La musique post-romantique

Hélène Laberge
Parallèlement à la musique impressionniste française apparaît une musique religieuse se rattachant à l'éthique platonicienne.
La France mesurée, subtile et spirituelle s'oppose au puissant envoûtement des passions wagnériennes par une musique qu'illustrent magnifiquement Ravel et Debussy. On lie volontiers leurs sonorités à la palette des couleurs des impressionnistes. Mais à la même époque nous retrouvons des compositeurs dont l'enseignement a influencé tout le courant du début du siècle: Franck, Vincent d'Indy qui fut son élève, Fauré qui fut le maître de Maurice Ravel, Georges Enesco et Nadia Boulanger.

Franck et d'Indy avaient une conception morale de la musique qu'on pourrait rattacher à travers les âges à celle d'un Grégoire le Grand. «Le spiritualisme de Vincent d'Indy, écrit Vuillermoz, (l'a) tout naturellement conduit à réduire systématiquement dans la création artistique l'intervention de l'instinct et celle de la sensualité de l'oreille... Les raffinements harmoniques et orchestraux des impressionnistes qui s'adressent directement aux sens ont (pour lui) quelque chose d'impie. Par là Vincent d'Indy se rattache à l'éthique platonicienne de la musique.»

Claude Debussy (1862-1918), élève de Fauré, est l'un des premiers compositeurs à subir l'influence de la musique russe, celle de Borodine, de Rimski-Korsakov, de Tchaïkovski et de Moussorgski en particulier. Il fut également très séduit par la musique orientale qui échappe aux règles académiques occidentales. À partir de ces diverses influences, Debussy créa un style qui ne fut pas bien reçu au début. Son opéra Pelléas et Mélisande fut bafoué par les musiciens mêmes de l'orchestre de l'Opéra-Comique où il était présenté. «J'écris des choses, disait-il, qui ne seront comprises que par les petits-enfants du XXe siècle. Son instinct musical, ses recherches constantes des sonorités les plus subtiles, des formes les plus souples, son évidente horreur du romantisme, des développements classiques et tout prévus, l'ont conduit à parler un langage absolument neuf. (Il crée) par une suite d'harmonies capiteuses, une atmosphère chatoyante, mystérieuse.»(Vuillermoz) Cela est particulièrement évident dans Prélude à l'après-midi d'un faune, ses Arabesques, sa Suite bergamasque.

Les premières oeuvres de Maurice Ravel (1875-1937) suscitèrent aussi des controverses passionnées dans lesquelles son professeur, Fauré, interviendra pour défendre son élève lorsque le jury lui retirera le Prix de Rome. Ses Jeux d'eau lui vaudront le commentaire suivant d'un critique: «M. Ravel peut bien nous prendre pour des pompiers; il ne nous prendra pas impunément pour des imbéciles.» Et Stravinski le traitera dédaigneusement d'«horloger suisse.» Le temps est le filtre des nouvelles formes musicales comme il l'est des oeuvres littéraires. Debussy est resté. Ravel est resté. Parmi les compositeurs actuels, qui restera?

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