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La dette climatique

Harvey Mead

Personne ne devrait en douter maintenant: il faut établir le prix des services rendus par la nature et faire entrer ce prix dans les calculs économiques. Chaque Québécois devrait savoir que l'eau de ses rivières lui permet d'épargner chaque année des milliers de dollars pour le chauffage de sa maison et que, si l'on tient compte de tous les usages que l'on fait de cette ressource, elle enrichit son pays de 10 milliards de dollars par année et sans doute davantage.

On se rend compte de la valeur des services rendus par les insectes et les oiseaux pollinisateurs quand les abeilles sont décimées par la maladie. Cette perte doit aussi être chiffrée. Elle devient une dette pour ceux qui ont causé la maladie, s'il est possible de les identifier; une dette à l'endroit de tous les producteurs de fruits et de légumes d'une région donnée et peut-être même de l'ensemble de la planète. La chose est encore plus claire dans le cas d'un terrain contaminé. Le pollueur a une dette à l'endroit du propriétaire du terrain. Il doit la rembourser soit en argent soit en remettant le terrain dans sont état initial.

Qu'en est-il de la dette des pays qui ont émis plus que leur juste part de gaz à effet de serre au cours des cinquante dernières années? Cette question est au cœur des négociations qui se poursuivent en ce moment à Copenhague. Les pays pauvres et bon nombre de pays en développement héritent d'une situation qu'ils n'ont pas créée et dont ils n'ont guère tiré profit dans le passé.

Cette question de la dette climatique bien peu de gens dans les pays riches osent la poser et encore moins en discuter publiquement parce qu'on connaît à l'avance l'ordre de grandeur de la réponse et qu'on ne peut pas envisager de rembourser la dette entrevue.

Harvey Mead, qui fut Commissaire au développement durable du Québec en 2007 et 2008 fait partie de la courageuse avant-garde qui ose faire face à cette réalité autrement que par le déni. Même si, comme il le reconnaît lui-même, les outils à notre disposition pour cette tâche sont encore grossiers, il ose chiffrer la dette climatique du Québec.

Il fait en même temps la démonstration de l'utilité d'un nouvel outil, l'IPV ou Indice de progrès véritable, dont il faut espérer qu'il remplacera un jour prochain le PIB comme indicateur du développement.


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L'article: La dette climatique du Québec

La fiche technique: Le coût des émissions québécoises de GES.

 

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