William Brymner - Le Champ-de-Mars

Bernard Lebleu

On ne peut lire sans sourire ce que le jeune Brymner, plein d’espoir, écrivait à sa mère depuis Paris où il poursuivait ses études artistiques : « Je crois que je n'aurai pas besoin d’enseigner pour gagner ma vie ». Car c’est en grande partie en tant que pédagogue que Brymner a laissé son empreinte sur le développement de la peinture au Canada. Pendant plus de 30 ans, il enseignera à la Société des arts de Montréal. Plusieurs de ses élèves vont devenir de grands noms de l’art canadien : Clarence Gagnon, A. Y. Jackson, Prudence Heward, Edward Holgate, Anne Savage. Ami de Horatio Walker, James W. Morrice et Maurice Cullen, il partage avec eux le plaisir de la peinture en plein air sur la Côte-de-Beaupré. Son œuvre témoigne d’une grande ouverture aux différents courants artistiques qui circulent à son époque. Le Champ-de-Mars, une œuvre de 1892, représente la place dédiée aux exercices militaires située en bordure de ce qu’on appelle aujourd’hui le Vieux-Montréal. On retrouve dans cette toile la double influence de Manet par l’usage de ce noir très pur qui souligne et met en valeur les silhouettes à l’avant-plan, et celles des impressionnistes dont on reconnait la touche vive, la neige aux teintes bleutés et les rehauts de blanc qui simulent des éclats de lumière alors que le soleil se couche sur la ville.

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En marge de la Conférence de Glasgow