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    Boulez Pierre

    Pierre Boulez est sans doute plus connu que ses oeuvres. Élève de Messiaen, ce compositeur de musique sérielle se consacre à la musique électro-acoustique. D'où son engagement dans les principales institutions musicales de son pays: il occupe depuis 1976 la chaire d'invention technique et langage en musique au Collège de France, et depuis 1977 dirige l'IRCAM, Institut de recherche et de coordination acoustique-musique. Celui que les Américaions ont surnommé le tsar officieux de la musique française, soulignant par là son omniprésence, comme celle de Lulli, dans la vie musicale de son pays, est très imprégné des théories d'Adorno et de celles du marxisme. «Je fabrique des règles, a-t-il écrit, pour avoir le plaisir de les détruire plus tard». «Un révolutionnaire efficace doit pénétrer les institutions pour mieux les changer». Et enfin, avis aux musiciens qui oseraient utiliser encore les règles classiques de la composition: «Tout compositeur est inutile en dehors des recherches sérielles».

    Pierre Boulez. Date non précisée.

    Source : Wikimedia Commons

    Oeuvres

    Un point de vue critique sur le compositeur, par l'écrivain Benoît Duteurtre, auteur de Requiem pour une avant-garde (1995) : «Les thèses de Pierre Boulez et de ses disciples appliquent au domaine des arts le culte de la science et du progrès. Pour eux, le seul avenir possible de la création musicale passe par l'alliance de la recherche scientifique et de la composition musicale. Théorie qui se traduit dans l'institution, grâce à la volonté de Pompidou, par l'existence d'un centre de recherche, l'IRCAM, dont le but est de rapprocher les ingénieurs et les compositeurs pour inventer l'art du siècle prochain. L'art serait donc sauvé par la science. Par ailleurs, c'est l'application d'une vue très simpliste du progrès en art qui consiste à vouloir fabriquer une musique de plus en plus moderne en imitant et en amplifiant toutes les innovations antérieures. Par exemple on pense que l'on va atteindre des sommets de modernité en poursuivant les tendances harmoniques de Schönberg, et en allant plus loin dans l'émiettement des formes en germe chez Debussy. La «première modernité» est ainsi pastichée jusqu'à l'extrême de l'inaudible. L'oreille humaine ne peut percevoir un langage, harmonique et rythmique aussi haché et discontinu obéissant à des lois purement numériques. La musique post-sérielle de Pierre Boulez s'enferme derrière des murs d'hermétisme ; alors qu'au même moment, d'autres compositeurs ont inventé une musique nouvelle sur des bases rythmiques et harmoniques complètement différentes. Je pense par exemple à Steve Reich et à la jeune école américaine, longtemps ignorée et méprisée en France.» (L'art contre la culture. Entretien avec Benoît Duteurtre. Propos recueillis par Nicolas Vey. Immédiatement, no 5, octobre 1997)

    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2014-01-08
    Informations
    Données biographiques
    Naissance
    26 / 03 / 1925, Montbrison, Loire, Fr.
    Raccourcis


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