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    Zeuxis

    Zeuxis d'Héraclée. Peintre grec de l'école ionienne (5e siècle avant J.-C.)

    * * *


    Pline l'Ancien sur Zeuxis
    «XXXV (IV) Les portes de l’art étaient ouvertes par Apollodore; Zeuxis d’Héraclée les franchit l’an quatre de la quatre-vingt-quinzième olympiade, et le pinceau, car c’est encore du pinceau que nous parlons 57, le pinceau, qui commençait déjà à s’enhardir arriva entre les mains à beaucoup de gloire. Quelques auteurs l’ont placé mal à propos dans la quatre-vingt-neuvième olympiade, date qu’il faut réserver pour Démophile d’Himère, et Nésée de Thasos; car il fut l’élève de l’un de des deux, on ne sait pas lequel. Apollodore, ci-dessus nommé, fit sur ce peintre un où il disait que Zeuxis gardait pour lui l’art qu’il avait ravi aux autres. Zeuxis acquit tant de richesses, que, dans la parade qu’il en fit, il parada à Olympie avec son nom brodé en lettres d’or dans les tessères (compartiments carrés) de ses manteaux. Plus tard il se détermina à donner ses ouvrages, parce que, disait-il, aucun prix n’était suffisant pour les payer. C’est ainsi qu’il donna une Alemène aux Agrigentins , un Pan à Archélaüs. Il fit une Pénélope, dans laquelle respire la chasteté. Il a fait aussi un athlète, dont il fut si content, qu’il écrivit au bas ce vers devenu célèbre : «On en médira plus facilement qu’on ne l’imitera.» Son Jupiter sur le trône, entouré des dieux, est magnifique, ainsi que l’Hercule enfant qui étouffe les serpents en présence d’Amphytrion et de sa mère Alcmène tout effrayée. Toutefois, on lui reproche d’avoir fait ses têtes et ses articulations trop fortes. Au reste, son désir de bien faire était extrême : devant exécuter pour les Agrigentins un tableau destiné à être consacré dans le temple de Junon Lacinienne, il examina leur jeunes filles nues, et en choisit cinq, pour peindre d’après elles ce que chacune avait de plus beau. Zeuxis a fait aussi des monochromes en blanc.

    Il eut pour contemporains et pour émules Timanthès, Androcyde, Eupompe, Parrhasius. Ce dernier, dit-on, offrit le combat à Zeuxis. Celui-ci apporta des raisins peints avec tant de vérité, que des oiseaux vinrent les becqueter; l’autre apporta un rideau si naturellement représenté, que Zeuxis,, tout fier de la sentence des oiseaux, demande qu’on tirât enfin le rideau pour faire voir le tableau. Alors, reconnaissant son illusions, il s’avoua vaincu avec une franchise modeste, attendu que lui n’avait trompé que des oiseaux, mais que Parrhasius avait trompé un artiste, qui était Zeuxis.

    On dit encore que Zeuxis peignit plus tard un enfant qui portait des raisins: un oiseau étant venu les becqueter, il se fâcha avec la même ingénuité contre son ouvrage, et dit: «J’ai mieux peint les raisins que l’enfant; car si j’eusse aussi bien réussi pour celui-ci, l’oiseau aurait dû avoir peur.» Il a fait aussi des figures en argile, les seuls ouvrages que Fulvius Nobilior (an de Rome 666) laissa à Ambracie, lorsque de cette ville il transporta les Muses à Rome. On a à Rome, de la main de Zeuxis, une Hélène, dans les portiques de Philippe et, dans le temple de la Concorde, un Marsyas lié.»

    PLINE L'ANCIEN, Histoires naturelles, Livre XXXV, XXXV, traduit et annoté par Émile Littré, Paris, éd. Dubochet, 1848-1850, tome 2, p.472-473

    Biographie

    Zeuxis, par Viardot (Merveilles de la peinture, 1868)
    «Des rivaux de Parrhasius le plus illustre fut Zeuxis, d'Héraclée. Je ne raconterai point leur bizarre dispute pour le prix de peinture, les raisins becquetés par des oiseaux, le rideau si parfaitement imité que les spectateurs demandèrent qu'il fût tiré pour voir ce qu'il cachait, etc. Bien que des hommes graves, Cicéron et Pline, rapportent tous deux cette anecdote, ce sont là des puérilités qu'il faut laisser aux recueils de contes, mais qui rabaisseraient l'art si l'on rabaissait l'histoire en les reproduisant. Veut-on comparer ces deux grands artistes contemporains? Alors il faut dire, avec Aristote et Quintilien, que Parrhasius l'emporta par l'expression, Zeuxis par le coloris. En effet., si ce dernier inventa réellement la manière de ménager les jours et les ombres (luminum umbrarumque invenisse rationem traditur), c'est du clair-obscur qu'il est l'inventeur, dernière et plus haute qualité de la peinture pour le rendu des objets, celle qui fait surtout sa supériorité, qui l'élève au-dessus des autres arts. Zeuxis, comme Parrhasius, fut célèbre, riche, orgueilleux. Il avait fini par ne plus vouloir vendre ses ouvrages, disant que nul prix n'en égalait la valeur, mais il en faisait payer la vue, et, par exemple, il montra pour de l'argent cette admirable Hélène, dans laquelle il avait rassemblé les traits et les formes des cinq belles jeunes filles que lui envoyèrent les habitants de Crotone, et qui fut dès lors appelée Hélène la courtisane. Verrius Flaccus rapporte qu'ayant peint une vieille femme, Zeuxis fut pris d'un tel accès de fou rire devant ce portrait qu'il en mourut: autre conte digne d'accompagner ceux de Cicéron et de Pline sur les raisins et le rideau.»

    LOUIS VIARDOT, Merveilles de la peinture, Paris, Bibliothèque des merveilles, Hachette & Cie, 1868, p. 15

    Documentation

    Lucian of Samosata on Zeuxis (accompagné d'une illustration de Genelli d'après Zeuxis).

    Épigrammes d'artistes grecs

    Zeuxis et les filles de Crotone, par François-André Vincent (1746-1816). Base "Atlas" du Musée du Louvre
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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    Grèce

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