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    Impression du texte

    Freud Sigmund

    Médecin autrichien. Considéré comme le «père» de la psychanalyse.

    Biographie

    "Dans un essai paru en 1925 intitulé : «Présentation de moi-même » (2) Sigmund Freud nous indique expressément que chez lui la vie, l'oeuvre et l'accueil qui leur fut réservé ne doivent jamais être dissociés si on veut comprendre sa découverte de la psychanalyse à la fois comme pratique thérapeutique et comme théorie métapsychologique. Dans cette étroite liaison, un élément pourtant va finir par dominer au point d'en constituer le véritable projet existentiel: la volonté de comprendre la seule chose qui importe à la fin, l'homme. «Ma Présentation de moi-même montre comment la psychanalyse devient le contenu de ma vie, et se conforme ensuite à ce principe justifié que rien de ce qui m'arrive personnellement ne mérite d'intéresser au regard de mes relations avec la science.» (3)

    Dans cette étroite liaison entre existence, projet scientifique et relation au monde, l'élément dominant est donc le projet intellectuel qui aboutit à la découverte de la psychanalyse entendue indissolublement comme thérapeutique et comme modèle hypothétique de compréhension des comportements humains. Quel fut l'itinéraire de Freud?

    Une vie, une oeuvre

    Pour lui être fidèle, le mieux est peut-être encore de suivre son propre récit autobiographique que l'on pourrait intituler, à la manière d'Alain, «l'histoire de mes idées». Autant de découvertes scientifiques majeures, autant d'étapes essentielles sur le chemin de la vie.

    La première grande période correspond aux années d'apprentissage. Né à Freiberg le 6 mai 1856 en Moravie (actuelle République tchèque), Freud dit tenir de ses origines juives trois qualités qui l'ont beaucoup aidé dans ses luttes: la vénération pour la connaissance en général, surtout les sciences; un esprit critique très libre et une grande résistance à l'hostilité. Quant à sa situation de famille, elle apparaît déjà comme exemplaire de l'Oedipe: un père qui se remarie à une toute jeune femme, à peine plus âgée que le fils aîné du premier lit.

    La soif de savoir va orienter d'abord le jeune Freud vers la médecine, la botanique, la chimie, la zoologie, l'anatomie pathologique, mais aussi vers la philosophie et l'histoire. Comme l'écrit justement M. Robert: «Matérialiste, positiviste... fermement convaincu que les causes des maladies sont à rechercher dans l'organisme et que l'opinion contraire n'est qu'une illusion ou un préjugé, le Freud d'avant Freud aurait sans doute pu devenir l'un de ces chercheurs éminents qui se font un nom dans le cercle étroit de leur spécialité, plus ou moins loin du grand public.» (4)

    Une expérience médicale nouvelle introduit un changement d'orientation et ouvre une nouvelle période que Freud appelle avec humour la «préhistoire cathartique de la psychanalyse» (5).

    Confronté à des patients injustement qualifiés de «simulateurs» ou de «nerveux», il commence à se consacrer à la délicate question de l'hystérie. Au contact de Charcot à Paris, de Liebault et de Bernheim à Nancy, puis de Janet, il découvre par l'hypnose et la suggestion médicale qu'il pourrait exister «des processus psychiques puissants qui ne s'en dérobent pas moins à la conscience de l'homme» (6) et le poussent à agir à son insu. Très vite, les symptômes hystériques lui apparaissent liés à des expériences antérieures oubliées. La crise cathartique montre que le symptôme naît de la rétention d'un affect et que cet affect est souvent lié à la sexualité. Contrairement à ce que pense Janet, l'hystérique ne souffre pas d'une faiblesse constitutionnelle aboutissant au clivage psychique; il faut parler d'un véritable conflit «psychique inconscient», aussi monstrueuse que cette expression puisse paraître (7). La mésaventure de Breuer avec Anna O. confirme que dans l'expérience cathartique, l'hystérique n'est pas un simulateur, mais un malade qui cherche à exprimer ce à quoi il n'a pas habituellement accès.

    De l'aveu même de Freud, la période historique de la psychanalyse commence avec le constat que l'abréaction ne suffit pas à guérir le malade. Il existe des résistances, des refoulements qu'il convient de mettre au jour afin de les remplacer par «des actes de jugement aboutissant à l'acceptation ou au rejet» (8) de ce qui avait jadis été repoussé. La libre expression du patient empêchera à la longue les rechutes, ce que la simple catharsis ne permettait pas.

    Commence alors la période analytique proprement théorique qu'il faut entendre comme la «tentative pour se représenter l'appareil psychique à partir d'un certain nombre d'instances ou de systèmes et de rendre compte des relations qu'ils entretiennent entre eux.» (9) «Les doctrines de la résistance et du refoulement, de l'inconscient, de la signification étiologique de la vie sexuelle et de l'importance des expériences vécues dans l'enfance sont les principaux éléments de l'édifice théorique de la psychanalyse.» (10)

    À partir de cette époque, Freud n'est plus seul; ses collaborateurs, ses élèves prennent de plus en plus d'importance au risque de déformer, de trahir l'inspiration même de sa recherche. Il paraît inutile ici d'entrer dans les querelles de doctrine qui vont assombrir la vieillesse du père de la psychanalyse. Son travail s'oriente vers l'approfondissement et la généralisation des résultats obtenus à d'autres domaines de la connaissance (topiques, anthropologie, histoire, religion, rêves, mots d'esprit, art, etc.). La gloire touchera Freud en même temps que la peine avec la montée du nazisme en Allemagne: «C'est en 1929 que Thomas Mann, l'un des auteurs qui avait le plus vocation à être le porte-parole du peuple allemand, m'assigna une place dans l'histoire de l'Esprit moderne, en des phrases tout aussi riches de contenu que bienveillantes. Peu de temps après, ma fille Anna fut fêtée à l'Hôtel de ville de Francfort-sur-le Main, lorsqu'elle y apparut à ma place pour y recueillir le prix Goethe qui m'avait été conféré en 1930. Ce fut le point culminant de ma vie sociale; peu de temps après, notre patrie s'était confinée dans l'étroitesse, et la nation ne voulait plus rien savoir de nous.» (11)

    En 1938, un an avant sa mort, Freud quitte Vienne où il avait passé presque toute sa vie, contraint à l'exil par l'arrivée du nazisme."

    Notes
    2. Traduit en français sous le titre: Sigmund Freud présenté par lui-même, Paris, Gallimard, 1991.
    3. Idem, p. 121-122, Post-scriptum de 1935.
    4. Robert, M. Article « Sigmund Freud » in Encyclopaedia Universalis, Paris, 1980, vol. 7, p. 384.
    5. Sigmund Freud présenté par lui-même, op. cit., p. 93.
    6. Idem, p. 30.
    7. Idem, p. 54.
    8. Idem, p. 51.
    9. Idem, p. 55.
    10. Idem, p. 67.
    11. Idem, p. 124.

    Bernard Jolibert, "Sigmund Freud (1856-1939)", Perspectives: revue trimestrielle d'éducation comparée (Paris, UNESCO : Bureau international d'éducation), vol. XXIII, n° 3-4, 1993, p. 467-479.
    ©UNESCO : Bureau international d'éducation, 2000. Ce document peut être reproduit librement, à condition d'en mentionner la source (mention apparaissant sur le document original)

    Oeuvres

    Documentation

    Exemples jugements sur Freud rassemblés par Jean-Jacques Wunenburger dans Freud, Éditions Balland, 1985.

    Jean-Paul Sartre
    Et ces différentes opérations à leur tour impliquent que la censure est consciente (de) soi. Mais de quel type peut être la conscience (de) soi de la censure? Il faut qu'elle soit conscience (d')être conscience de la tendance à refouler, mais précisément pour n'en être pas conscience. Qu'est-ce à dire sinon que la censure doit être de mauvaise foi? La psychanalyse ne nous a rien fait gagner puisque, pour supprimer la mauvaise foi, elle a établi entre l'inconscient et la conscience une conscience autonome et de mauvaise foi.
    L'Être et le Néant,
    Tel, Gallimard, 1981, p. 88.
    Henri Baruk
    La méthode analytique, tout en s'occupant du roman personnel du sujet, est froide et impassible, comme une analyse chimique. Le malade se libère, mais le psychanalyste ne peut le soutenir d'une façon active. Certes cette libération peut le soulager, mais si elle dure trop longtemps, elle peut aussi l'entraîner vers une analyse interminable qui dissout la volonté et est incapable de retendre la personnalité vers un but qui la soulève... Dans certains cas, l'analyse gêne ensuite la synthèse et dissout les forces de l'action. Il manque à la psychanalyse cette chaleur humaine qui joue un si grand rôle dans tous les problèmes de l'homme et qui peut transfigurer des situations en apparence désespérées. D'autre part, la psychanalyse est une méthode individualiste. Seul le sujet malade est en cause et le seul but est de le libérer des censures et des interdits qui l'oppriment... Le point de vue de Freud, étant exclusivement individualiste, ne tient pas compte du point de vue de l'autre et ne peut ainsi permettre le dialogue. Replié sur ses désirs et sur son autosatisfaction, le sujet névrotique ne voit d'issue que dans la suppression des difficultés et donc dans la suppression du point de vue de l'autre. C'est ainsi que pour supprimer les conflits intérieurs la psychanalyse risque de créer des conflits extérieurs familiaux et sociaux qui retentissent ensuite douloureusement sur l'équilibre intérieur que l'on voulait pacifier. L'attitude psychanalytique est de toute évidence, d'après nos observations innombrables, une source de conflits.
    “ De Freud au néo-paganisme ”,
    dans La psychanalyse, La Nef n° 31,
    Tallandier, 1967, pp. 141-143.
    Karl Popper
    Ces deux théories psycho-analytiques (Freud et Adler) étaient d'un genre différent. Il était absolument impossible de les tester, de les rendre falsifiables. Il n'existait aucun comportement humain pouvant les contredire. Cela ne signifie pas que Freud et Adler n'avaient pas raison sur certains points : personnellement, je ne doute pas que beaucoup de leurs énoncés ne soient d'une importance considérable, et pourront bien un jour jouer leur rôle dans une psychologie scientifique falsifiable. Mais cela signifie par contre que ces “ observations cliniques ”, qui sont naïvement considérées par les psychanalystes comme des confirmations de leur théorie, ne sont pas plus probantes que les confirmations quotidiennes que les astrologues trouvent dans leur pratique. Quant à l'épopée freudienne du moi, du surmoi et du ça, elle ne peut pas plus sérieusement prétendre à un statut scientifique que les histoires qu'Homère a collectées sur l'Olympe. Ces théories décrivent certains faits, mais à la façon des mythes. Elles contiennent des énoncés psychologiques des plus intéressants, mais qu'on ne peut soumettre à vérification.
    Conjectures and refutations,
    London-Routledge, 1963, pp. 37-38
    Ludwig Klages
    Cet inconscient ressemble à s'y méprendre à un avocat retors n'ayant pour tout office qu'à faire croire à la conscience, par des artifices et des finasseries de toute espèce, tout ce qu'il est utile qu'elle croie pour soutenir les intérêts manifestes, et encore plus les intérêts cachés, de son sujet; et avant tout de lui enlever toutes les croyances capables de blesser son amour-propre. Les considérations spirituelles et pénétrantes de Nietzsche sur la tactique de l'illusion sont ici traduites dans le langage des intrigues tout à fait vulgaire que l'on peut étudier par exemple dans la vie industrielle contemporaine, y compris les artifices diplomatiques des politiciens : procédé qui par compensation se nomme communément “ psychologie des profondeurs ” (Tiefenpsychologie).
    Les principes de la caractérologie,
    Alcan, 1930, p. 254, note 37.
    Autres jugements rassemblés dans le livre: ceux de Gaston Bachelard, Albert Béguin,Théodore Caplow,Robert Castel, Jean Château, Pierre Debray-Ritzen,,Gilbert Durand, Henri Ey, H. J. Eysenck, Michel Foucault, Pierre-P. Grassé, Arthur Koestler, Stéphane Lupasco, Theodor Roszack, Jacques Van Rillaer, Ludwig Wittgenstein, Clara Zetkin.

    O.Deharbe, Freud et Platon.

    Nicholas Rand et Maria Torok, Questions à Freud. Du devenir de la psychanalyse, Les Belles Lettres/Archimbaud, 1995. Vous pouvez en faire la lecture en mode image sur le site iUniverse.com

    Paul Robinson, Freud and His Critics, Berkeley, University of California Press, 1993 (texte intégral, html)

    Freud. La parole vagabonde, par Jean-Paul Dollé (Magazine littéraire, n°159-160, avril 1980)

    Freud, poète de l'inconscient, par Lydia Flem (Alliage, no 37-38, 1998)

    Faut-il enterrer Freud?, par Jean-François Duval; entretien avec Isabelle Stengers à Bruxelles (Construire, année 1999, no 7, 23 novembre 1999)

    Alan A. Stone, Where Will Psychoanalysis Survive?, Harvard Magazine, janvier-février 1997: "What remains of freudianism when its scientific center crumbles?"

    How a fabrication differs from a lie, par Mikkel Borch-Jacobsen (London Review of Books, vol. 22, no 8, 5 April 2000)

    Writing Freud, par Doug Davis, Haverford College

    Oedipus Redivivus. Freud, Jung and Psychoanalysis, par Douglas A. Davis

    Freud under Analysis, par Colin McGinn (The New York Review of Books, 4 novembre 1999)

    Sigmund Freud. L'interprétation des rêves, 1900, par Élisabeth Roudinesco, Université de Paris VII (site des Célébrations nationales, Fr.)

    Mireille Cifali et Francis Imbert, Freud et la pédagogie, PUF, coll. "Pédagogues et pédagogies", 1998, 128 p. Recension de Jeanne Moll (Cahiers pédagogiques)
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2013-03-14
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    Informations
    Données biographiques
    Nationalité
    Angleterre
    Naissance
    06 / 05 / 1856, Freiberg, Moravie
    Déces
    1939
    Documents Associés
    Raccourcis
    Freud Net
    Sigmund Freud (Austrian National Tourist Office)
    Musée Sigmund Freud de Vienne
    Musée Freud (Londres)
    Sigmund Freud: Conflict and Culture: une exposition en ligne de la Librairie du Congrès (É.-U.)
    Sigmund Freud and the Freud Archives
    Une exposition annulée à la Bibliothèque du Congrès (É.-U.); voir aussi une lettre collective à la Bibliothèque
    The Burying Freud Web Page: débat sur l'avenir de la psychanalyse (Human-Nature.com)

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