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    Parrhasius

    Parrhasius d'Éphèse. Peintre grec du 5e avant J.-C.

    * * *


    Pline l'Ancien sur Parrhasius (Histoire naturelle)
    «[Zeuxis] eut pour contemporains et pour émules Timanthès, Androcyde, Eupompe, Parrhasius. Ce dernier, dit-on, offrit le combat à Zeuxis. Celui-ci apporta des raisins peints avec tant de vérité, que des oiseaux vinrent les becqueter; l’autre apporta un rideau si naturellement représenté, que Zeuxis, tout fier de la sentence des oiseaux, demande qu’on tirât enfin le rideau pour faire voir le tableau. Alors, reconnaissant son illusions, il s’avoua vaincu avec une franchise modeste, attendu que lui n’avait trompé que des oiseaux, mais que Parrhasius avait trompé un artiste, qui était Zeuxis.
    [...]
    Parrhasius d’Éphèse contribua beaucoup, lui aussi, au progrès de la peinture. Il a le premier observé la proportion, mis de la finesse dans les airs de tête, de l’élégance dans les cheveux, de la grâce dans la bouche, et, de l’aveu des artistes, il a remporté la palme pour les contours. C’est dans la peinture l’habileté suprême: rendre, en peignant les corps, le milieu des objets, c’est sans doute beaucoup, mais c’est en quoi plusieurs ont réussi; au lieu que faire les extrémités des corps, bien terminer le contour de la peinture finissante, se trouve rarement exécuté avec succès; car l’extrémité doit tourner et finir à promettre autre chose derrière elle, et, à faire voir même ce qu’elle cache. Tel est le mérite que lui ont accordé Antigone et Xénocrate, qui ont écrit sur la peinture; et en beaucoup d’autres points ils ne confessent pas, ils exaltent son habileté. Il reste des dessins de lui sur ses tablettes et dans son portefeuille, et on dit que des artistes en profitent. Cependant, comparé à lui-même, il paraît moins heureux à exprimer le milieu des corps. Il a peint aussi le Peuple athénien, et l’emblème est ingénieux : il lui fallait en effet, le montrer léger, colère, injuste, inconstant; d’un autre côté, facile à toucher, doux, compatissant, plein de grandeur, glorieux, humble hardi, timide, et tout cela en même temps. Il peignit le Thésée qui est à Rome au Capitole, un capitaine de vaisseau cuirassé, et, dans un tableau qui est à Rhodes, Méléagre, Hercule, Persée. Ce tableau, frappé trois fois de la foudre, n’a pas été effacé; cela augmente l’admiration qu’il excite. Il a peint un Archigalle, tableau que Tibère aima beaucoup. Ce prince, d’après Déclus Éculéon, le paya 60,000 sesterces (12,600 fr [de 1850]), et le plaça dans sa chambre à coucher. Il a peint une nourrice crétoise qui tient un enfant dans ses bras, Philiseus, Bacchus, avec la Vertu debout, à côté; deux enfants, dans lesquels on voit la sécurité et la simplicité de leur âge; un prêtre, qui a près de lui un enfant avec un encensoir et une couronne. Il y a encore de lui deux tableaux très célèbres : l’un représente un coureur armé, disputant le prix de la course; on croit le voir suer : l’autre, un coureur armé déposant ses armes : on croit le voir haleter. On vante son Énée, Castor et Pollux, représentés dans un même tableau; Télèphe, Achille, Agammemnon, Ulysse. Artiste fécond, mais qui a usé avec plus d’insolence et d’orgueil que nul autre de la gloire de ses talents. Il se donna des surnoms, s’appelant Abrodiète (vivant dans le luxe), et, dans d’autres vers (69), se déclarant prince de la peinture, conduite par lui, disait-il, à la perfection. Surtout il se prétendait un rejeton d’Apollon, et se vantait d’avoir peint l’Hercule qui est à Linde tel qu’il lui était souvent apparu dans le sommeil. À Samos, mis, par une grande majorité de suffranges, après Timanthe pour tableau d’Ajax et du jugement des armes, il dit qu’il souffrait, au nom du héros, de le voir vaincu une seconde fois par une un indigne adversaire. Il peignit aussi de petits tableaux obscènes, se délassant par ce badinage impudique.»

    PLINE L'ANCIEN, Histoire naturelle, Livre XXXV, XXXV, traduit et annoté par Émile Littré, Paris, éd. Dubochet, 1848-1850, tome 2, p.473-474

    Biographie

    Extrait du Traité de la peinture de Leon Battista Alberti
    «La circonscription est cette opération qui consiste, en peignant, à tracer les circuits des contours. C'est en quoi excellait Parrhasius, ainsi que nous l'apprend Xénophon dans un entretien de Socrate. On rapporte, en effet, qu'il apporta le soin le plus délicat dans le tracé des lignes. J'estime que, dans cette circonscription, il s'appliqua principalement à mener ces traits avec une grande finesse, d'une manière presque invisible, exercice où il lutta, dit-on, d'habileté avec Protogènes.» Texte intégral
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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