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    Impression du texte

    Luther Martin

    Réformateur religieux allemand (1483-1546).


    «Voisinant avec les événements historiques aussi importants que la découverte des Amériques, l'invention de l'imprimerie et le passage de la conception géocentrique à la conception héliocentrique du monde, la Réforme marqua un tournant décisif entre le Moyen Âge et les temps modernes. Elle mettait fin au consensus religieux et philosophique qui avait prévalu jusqu'alors en Occident sur la base de la religion catholique et romaine et d'une Église ayant à sa tête le pape de Rome, personnification de cette religion. Du point de vue de l'histoire des mentalités, le dualisme religieux et philosophique instauré par la Réforme, avec le catholicisme d'un côté et le protestantisme de l'autre, inaugurait le pluralisme qui devait devenir le trait fondamental du monde contemporain jusqu'à aujourd'hui.

    En Allemagne, la Réforme est incarnée avant tout par Martin Luther (1483-1546), qui a donné son nom aux Églises fondées sur ses croyances et sa théologie. La doctrine de Luther, suivant laquelle il suffit à l'homme, pour être sauvé, d'accepter pieusement l'amour absolu que Dieu lui porte, ébranla les bases mêmes de l'Église romaine du Moyen Âge, qui s'était dogmatiquement proclamée seule capable de conduire les hommes au salut.»

    HORST F. RUPP, "Philipp Melanchthon (1497-1560), Perspectives: revue trimestrielle d'éducation comparée (Paris, UNESCO: Bureau international d'éducation), vol .XXVI, n°3, septembre 1996, p. 651-661.


    Biographie

    «Luther est, de tous les grands hommes que l'Allemagne a produits, celui dont le caractère était le plus allemand, sa fermeté avait quelque chose de rude; sa conviction allait jusqu'à l'entêtement; le courage de l'esprit était en lui le principe du courage de l'action: ce qu'il avait de passionné dans l'âme ne le détournait point des études abstraites; et quoiqu'il attaquât de certains abus et de certains dogmes comme des préjugés, ce n'était point l'incrédulité philosophique, mais un fanatisme à lui qui l'inspirait.

    Néanmoins la Réformation a introduit dans le monde l'examen en fait de religion. Il en est résulté pour les uns le scepticisme, mais pour les autres une conviction plus ferme des vérités religieuses: l'esprit humain était arrivé à une époque où il devait nécessairement examiner pour croire. La découverte de l'imprimerie, la multiplicité des connaissances, et l'investigation philosophique de la vérité, ne permettaient pas plus cette foi aveugle dont on s'était jadis si bien trouvé. L'enthousiasme religieux ne pouvait renaître que par l'examen et la méditation. C'est Luther qui a mis la Bible et l'Évangile entre les mains de tout le monde; c'est lui qui a donné l'impulsion à l'étude de l'antiquité; car en apprenant l'hébreu pour lire la Bible, et le grec pour lire le Nouveau Testament, on a cultivé les langues anciennes, et les esprits se sont tournés vers les recherches historiques.

    [...]
    Quand Luther a paru, la religion n'était plus qu'une puissance politique, attaquée ou défendue comme un intérêt de ce monde. Luther l'a rappelée sur le terrain de la pensée. La marche historique de l'esprit humain à cet égard, en Allemagne, est digne de remarque. Lorsque les guerres causées par la Réformation furent apaisées, et que les réfugiés protestants se furent naturalisés dans les divers États du Nord de l'Empire germanique, les études philosophiques, qui avaient toujours pour objet l'intérieur de l'âme, se dirigèrent naturellement vers la religion, et il n'existe pas, dans le dix-huitième siècle, de littérature où l'on trouve sur ce sujet une telle quantité de livres que dans la littérature allemande.»

    Mme de Staël, chapitre "Du protestantisme", De l'Allemagne, in Œuvres complètes, Paris, Firmin Didot, 1871. Texte intégral



    *******


    Propos de Luther sur l'éducation
    «Quand il n'y aurait ni âme, ni ciel, ni enfer, encore serait-il nécessaire d'avoir des écoles pour les choses d'ici-bas, comme nous le prouve l'histoire des Grecs et des Romains. J'ai honte de nos chrétiens, quand je les entends dire: "L'instruction `est bonne pour les ecclésiastiques, mais elle n'est pas nécessaire aux laïques." Ils ne justifient que trop, par de tels discours, ce que les autres peuples disent des Allemands. Quoi ! il serait indifférent que le prince, le seigneur, le conseiller, le fonctionnaire fût un ignorant ou un homme instruit, capable de remplir chrétiennement les devoirs de sa charge? Vous le comprenez, il nous faut en tous lieux des écoles pour nos filles et nos garçons, afin que l'homme devienne capable d'exercer convenablement sa profession, et la femme de diriger son ménage et d'élever chrétiennement ses enfants. Et c'est à vous, seigneurs, de prendre cette oeuvre en main, car si l'on remet ce soin aux parents, nous périrons cent fois avant que la chose se fasse. Et qu'on n'objecte pas qu'on manquera de temps pour instruire les enfants: on en trouve bien pour leur apprendre à danser et à jouer aux cartes! Si j'avais des enfants et des ressources pour les élever, je voudrais qu'ils apprissent, non seulement les langues et l'histoire, mais encore la musique et les mathématiques. Je ne puis me rappeler sans soupirer qu'il m'a fallu lire, non les poètes et les historiens de l'antiquité, mais les livres de sophistes barbares, avec grande dépense de temps, avec dommage pour mon âme, en sorte qu'aujourd'hui encore j'ai grand'peine à me débarrasser l'âme de ces souillures et de cette lie. Certes, je ne veux plus d'écoles semblables à celles d'autrefois, où l'enfant perdait plus de vingt ans à apprendre par cœur Donat et les vers insupportables d'Alexandre (frigidissimi versiculi), ne devenant pas même plus habile au jeu de paume. Nous vivons dans des temps plus heureux. Je demande que l'enfant aille à l'école, au moins une heure ou deux par jour, et il faut qu'on prenne les plus capables pour en faire des instituteurs et des institutrices 4. Assez longtemps nous avons croupi dans l'ignorance et la corruption; assez et trop longtemps nous avons été "les stupides Allemands", il est temps qu'on se mette au travail. Il faut, par l'usage que nous ferons de notre intelligence, prouver à Dieu que nous sommes reconnaissants de ses bienfaits.

    «Les jeunes filles, elles aussi, ont assez de temps pour qu'on exige d'elles qu'elles aillent chaque jour à l'école, au moins une petite heure (saltem ad unius horulœ spatium). Elles emploient bien plus mal leur temps lorsqu'elles passent plusieurs heures à danser, à conduire des rondes, ou à tresser des couronnes.»

    MARTIN LUTHER, extrait du Libellus de instituendis pueris; magistratibus et senatoribus civitatum Germaniœ Martinus Luther. Cité par Gabriel Compayré, in Histoire critiques des doctrines de l'éducation en France depuis le XVIe siècle, Paris, Hachette et cie, 1883, 4e édition, tome I. Voir ce texte sur le protestantisme et l'éducation.

    Oeuvres


    Écrits de Luther disponibles en ligne (Project Wittenberg, principalement en anglais)

    Traduction allemande de la Bible, par Luther (1524) (Bibliothèque d'État de Saxe, Dresde). Photographie

    Lettre manuscrite de Luther à la duchesse Catherine de Saxe, Wittenberg, 28 juillet 1539 (Bibliothèque d'État de Saxe, Dresde). Photographie

    Traductions anglaises
    The Bondage of the Will, traduction de Henry Cole (mode texte, graciouscall.org)

    A Commentary on the Epistle to the Galatians (traduction abrégée), traduit en anglais par Theodore Graebner: Project Wittenberg; Project Gutenberg

    Concerning Christian Liberty (mode texte, Project Gutenberg)
    Address to the Christian Nobility of the German Nation (1520) - extraits

    Disputation of Doctor Martin Luther on the Power and Efficacy of Indulgences (les fameuses "95 thèses"): Project Wittenberg; Bartleby

    Large Catechism, traduction de F. Bente et W. H. T. Dau: Project Wittenberg; Project Gutenberg

    On the Freedom of a Christian (Fordham)

    Small Catechism, traduction de Robert Smith: Project Gutenberg

    The Table Talk of Martin Luther, traduction de William Hazlitt (CCEL)

    Documentation


    Luther and the Jews, par Franklin Sherman (Genocide: Critical Issues of the Holocaust, Simon Wiesenthal Center, É.-U.)

    «Sur Martin Luther». Dossier de La revue réformée, tome XLX, no 202, 2000/2, mars 1999. On y trouve les articles suivants: Le culte personnel selon Martin Luther, par Walter Trobisch; Luther et la «prostituée du diable», par Pierre E. S. Metzger; Un livre à lire: Lucie Kaennel: Luther était-il antisémite? (Genève: Labor & Fides, collection Entrée libre, 1997), par Freddy Sarg

    Martin Luther, pionnier de la conscience européenne, par Henri Tincq (Le Monde, 27 février 1996; sur le site de Documentation du protestantisme)

    Martin Luther, Philippe Mélanchton: pourquoi commémorer?, par Mathieu Arnold (FLM information, no 172, novembre 1996)

    Augustin, le Moyen Âge, Luther, par Johannes van Oort (La Revue réformée, tome LI, no 208, 2000/3, juin 2000): Augustin et son influence, spécialement sur Luther
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2013-04-16
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    Informations
    Données biographiques
    Nationalité
    Allemagne
    Naissance
    1483, Eisleben
    Déces
    1546
    Documents Associés
    Gabriel Compayré
    La Réforme et l'éducation
    Frantz Funck-Brentano
    Émile Verhaeren
    réforme, protestantisme
    Frantz Funck-Brentano
    Frantz Funck-Brentano
    Frantz Funck-Brentano
    Bible, traduction, protestantisme
    Raccourcis
    Project Wittenberg: oeuvre de et sur Luther
    Martin Luther et la bible allemande
    Martin Luther's German Writings, 1516 to 1525 (Projet initié par Heinz Bluhm; poursuivi par Keith H. Morehouse, Boston College, É.-U.)
    Articles "Martin Luther" et "Lutheranism" de la Catholic Encyclopedia (point de vue catholique d'avant Vatican II)

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