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Espace

«L'espace désigne tout ce qui est au-dessus de l'atmosphère terrestre. Ses limites sont infinies. Dans cet univers hostile, il n'y a pas d'air respirable, pas de bruits, pas d'odeurs, pas de plantes, pas d'animaux. En revanche, de nombreux rayonnements nocifs (X, gamma, ultraviolet, infrarouge) parcourent l'espace. Des variations extrêmes de températures sont aussi la conséquence d'une absence atmosphérique.»

Source: Centre national d'études spatiales (France)

Essentiel

«Le silence éternel des espaces infinis m'effraie.» Pascal

De la place à l'espace.

Dans la plupart des villes ayant une histoire, il y eut au cours des deux derniers siècles des confrontations entre les défenseurs des lieux conviviaux, places ou quartiers, et les partisans du progrès technique et de ses autoroutes. Le plus souvent ce sont ces derniers qui ont eu gain de cause. L'architecte Jean Robert rattache ces confrontations à une opposition fondamentale entre la place et l'espace. La place, dit-il en substance, est à l'espace ce que le pied est au mètre, ce que la mesure organique est à la mesure rationnelle. L'espace est délimité par des frontières, défini par des coordonnées. La place a un horizon. Elle marque le corps de ceux qui y vivent et elles en est à son tour marquée. Réductible à une formule mathématique, l'espace peut-être reproduit comme n'importe quel objet fabriqué selon un plan précis. Il appartient à la technique. La place appartient à l'art. Elle est unique; ce qu'illustre la comparaison entre le Vieux Québec et, dans ses flancs, une autoroute qui ressemble à celles de Toronto ou de Los Angeles. L'espace, dont le chemin de fer fut, avant l'autoroute, le meilleur symbole, est destiné au mouvement mécanique. La place convient aux rapports conviviaux entre vivants qui s'y déplacent d'une manière autonome, c'est-à-dire en marchant, elle est le lieu de ce qu'Aristore appelait la philia.

Dans le même esprit, Alfred de Vigny nous rappelle que voyager c'était jadis aller de place en place, à un rythme qui permettait l'amitié tandis que maintenant c'est une performance qui consiste à s'idenfier au bolide qui vous tranporte à grande vitesse.

«Adieu, voyages lents, bruits lointains qu'on écoute,
Le rire du passant, les retards de l'essieu,
Les détours imprévus des pentes variées,
Un ami rencontré, les heures oubliées,
L'espoir d'arriver tard dans un sauvage lieu.

La distance et le temps sont vaincus. La science
Trace autour de la terre un chemin triste et droit.
Le Monde est rétréci par notre expérience
Et l'équateur n'est plus qu'un anneau trop étroit.
Plus de hasard. Chacun glissera sur sa ligne
Immobile au seul rang que le départ assigne,
Plongé dans un calcul silencieux et froid.»
(Alfred de Vigny, La Maison du Berger)

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