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    Dossier: Napoléon Bonaparte

    Mémoires apocryphes de Talleyrand sur Bonaparte et le Consulat

    Charles-Maurice de Talleyrand - Périgord
    Mémoires apocryphes publiés sous le titre La confession de Talleyrand, Paris, L. Sauvaître, 1891.
    BONAPARTE
    L'homme a besoin d'enthousiasme, d'illusion, de merveilleux; le Français ne peut s'en passer et il veut du nouveau, nue chose ou un homme. Quand on ne croit plus aux idées, il faut bien qu'on croie aux personnes.

    Les dominateurs ne sont ni de grands génies, ni de grands savants, mais des hommes d'action qui ont un but visible, une pensée fixe, la volonté et la persévérance.

    Le monde est à Bonaparte. C'est le jeune héros de la France, l'idole de Paris.

    Le vainqueur de l'Italie et de l'Autriche est forcé de penser vite et d'agir rapidement; il manœuvre ses soldats et décide du sort des peuples et des rois sur une carte, en une heure, et il reste maître de lui dans les plus terribles moments.

    La pensée de Richelieu est réalisée: «Jusqu'où allait la Gaule, jusque-là doit aller la France.» Nous avons pris; maintenant il faut garder, s'établir solidement dans ces limites, ne plus en sortir, et faire mentir le proverbe: «Ayez la Franc pour ami, non pour voisin.»

    La Campagne d'Égypte.
    1798. — Le Directoire est caduc, sa politique tortueuse et passionnée. Il sent son maître et cherche déjà à s'en affranchir ou à le supprimer. Je vire de bord, toute ma toile au vent. Loin de redouter l'ambition de Bonaparte, je la favorise, sachant bien qu'à l'heure du danger, il faudra la solliciter pour nous sauver.

    Le 18 Fructidor a courbé la tête des royalistes et le 19 a relevé celle des jacobins.

    La Liberté, l'Égalité et la Fraternité sont trois murs jumelles que les républicains ont étouffées au berceau. La Révolution ne tend pas à élever les petits, mais à abaisser les grands; loin de favoriser l'avènement des capacités, elle en prend ombrage et les supprime. En se faisant petit, on ne grandit pas les autres, mats on reste inaperçu. Quiconque est supérieur, intelligent, beau, riche, honnête, aimé, heureux, humilie la foule; une tête qui dépasse son niveau doit être fauchée; c'est l'histoire des Pavots de Tarquins.

    La République d'Athènes était une démocratie gouvernée par des aristocrates auxquels elle faisait payer cher l'orgueil de la commander. Elle ne se contentait pas de frapper un général vaincu, elle ne pardonnait guère aux victorieux. Depuis Aristide le Juste jusqu'à Bonaparte, c'est l'éternelle comédie renouvelée des Grecs, comme le jeu do l'Oie.

    Après Campo-Formio, où la victoire était consacrée par une paix à la Bonaparte, le jeune César fut condamné à l'ostracisme, et on lui donna le commandement de l'Expédition d'Egypte.

    Je l'encourageai do mon mieux et j'allai jusqu'à lui promettre que je partirais dans les vingt-quatre heures comme ambassadeur à Constantinople, d'où je lui enverrais les clefs du Caire. Il s'embarqua avec cette illusion, aussi décevante que le mirage du désert qu'il allait traverser.

    Il était sans argent. Je lui prêtai cent mille francs qui dormaient dans un tiroir de mon secrétaire, et sans ce subside, il serait arrivé les poches vides en Égypte. Comme il ne croyait pas à la générosité politique, et surtout à la mienne, il en chercha les motifs. Quand il n'y a pas une raison, il y a une cause et la voici:

    Toutes les passions sont des sœurs jumelles qui se rassemblent. Demander à un joueur quel est le plus grand plaisir après celui de gagner, il répondra: perdre; à un amant quel est le plus grand bonheur après celui d'être aimé, il répondra: être haï. La passion malheureuse est préférable à l'indifférence du cœur, et l'insensibilité est le pire de tous les maux. La bonheur et le malheur, la joie et la douleur sont des mots vides. Gagner ou perdre, être ou n'être pas aimé, sont des genres d'émotions différentes; l'âme est dans sa plénitude d'activité. Jouer, aimer, tout est 1à, et le reste n'est rien.

    Mes cent mille francs étaient fort aventurés, non sur le hasard d'un coup de dés, mais sur la chance d'une combinaison de cartes.

    Bonaparte avait trente ans; il était ambitieux, illustre, à la tête d'une armée. J'avais quarante-cinq ans; j'étais ambitieux comme lui, à la remorque de Barras, dont le rôle était fini. Si Bonaparte trouvait son tombeau dans la crypte des Pharaons, ma créance mourait avec lui; mais si le triomphateur du Capitole revenait avec la légende orientale des Pyramides, sa couronne de lauriers était nimbée d'une auréole d'or, et César me reconnaîtrait pour un des siens. C'était une belle partie à jouer.


    Ma fortune.
    J'ai fait, défait et refait ma fortune plusieurs fois, et par tous les moyens à ma disposition, en vertu de ce principe que les dupes ne sont que des fripons maladroits.

    J'ai les mains percées et elles semblent avoir la propriété de volatiliser les métaux. Je,dépense beaucoup, j'ai un train de grande maison, le meilleur cuisinier de Paris,

    Carême, puisqu'il faut l'appeler par son nom.

    Tout cela ne se paie pas avec des tabatières, des brillants et des portraits de souverains, mais en louis d'or sonnants et en écus trébuchants. Je n'ai jamais aimé les assignats. Je considérais ma situation comme une mine d'or; je ne vendais pas le bon droit, je faisais payer mes services. De là les accusations de concussion, de corruption, de vénalité, de trahison et de brigandage, toutes les herbes de la Saint-Jean.

    Cela a commencé en juillet 1799, au sujet de la saisie des navires américains. Je ne m'étonne pas facilement; mais ces bons Yankees qui s'indignent parce que Sainte-Foix leur demande de l'argent, 1,200,000 francs, on n'est pas plus Anglais que cela. Il est heureux que je n'aie pas eu le Portefeuille des Finances. On ne m'en a pas moins forcé de donner ma démission, pour ne pas froisser l'opinion publique. J'ai remis mon portefeuille à Reinhard, Wurtembergeois, bègue et fidèle. Il a tenu les cartes, j'ai continué la partie, et quatre mois après, il a quitté le jeu en me les remettant dans la main.

    Madame de Staël fut encore plus austère et plus indignée que les Américains. Elle ne pouvait en croire ni ses yeux ni ses oreilles; elle me fit une scène éloquente à mourir de rire, et voilà comment, après une amitié de dix ans, nous avons été brouillés et à couteaux tirés pour la vie. Corinne ne prévoyait pas que Bonaparte serait Empereur de France et Roi d'Italie, qu'il m'appellerait au Capitole et la précipiterait de la Roche tarpéïenne. Mais ce n'était là que le commencement.

    Le Dix-huit Brumaire.
    1799. — J'ai gagné. Bonaparte est revenu. Il est dieu.

    Le Directoire avait confisqué le pouvoir, Bonaparte a confisqué le Directoire. Un usurpateur est celui qui met les républiques dedans; un libérateur est celui qui les met dehors.

    Chaque mot a son poids; il fallait sortir un instant de la Constitution pour y rentrer définitivement.

    Après le coup d'État du 18 Brumaire, le jeune général me fit appeler au Luxembourg avec Roederer et Volney. Il nous remercia, au nom de la patrie, de notre concours actif à la nouvelle révolution, et je lui adressai une question qui n'appelait pas de réponse:

    «Où est le tyran qui nous rendra la liberté?»

    Montrond.
    Le 19 Brumaire, je me rendis à Saint-Cloud avec Montrond, qui me servait d'aide-de-camp. Bonaparte pâlit en apprenant qu'il était mis hors la loi. Montrond avait surpris cette impression, et je l'entendis répéter entre ses dents, à dîner et pendant la soirée:

    «Général Bonaparte, cela n'est pas correct.» C'était le seul à qui cette ohservation pouvait être permise, car, au physique et au moral, il n'a jamais connu cette émotion qu'on appelle la peur, et on l'avait surnommé Talleyrand à cheval.

    Achille avait Patrocle; Oreste, Pylade; Onde, Achate; Nisus, Euryale; Saint-Louis, Joinville; Bayard, le Loyal Serviteur; Henri IV, Sully; j'avais Montrond.

    Je l'aimais parce qu'il n'avait pas beaucoup de préjugés, et il m'aimait parce que je n'en avais pas du tout. Quand on disait de l'un: «Il est si aimable», l'autre ajoutait: «Il est si vicieux.» Nous nous comprenions et nous nous entendions comme si nous avions ou chacun une double clef de nos pensées. C'était mon bras droit, je dirais mon âme damnée, si ce n'était assez de la mienne pour le Diable.

    Montrond était un gentilhomme aventurier égaré dans une révolution, jeune, beau, élégant, spirituel, frondeur, Don Juan de la grande école, duelliste à l'épée enchantée, se battant sous la lanterne en plein midi, intrigant de haut vol, joueur comme les cartes, bourreau d'argent et panier percé à décourager les Danaïdes; avec cela, continuellement en opposition déclarée avec le gouvernement et sous le coup de l'exil ou d'une mauvaise affaire. Je l'ai toujours défendu envers et contre tous, avec une persévérance qui m'a parfois coûté cher; mais il ne me donna jamais lieu de m'en repentir; il me pardonnait mes bienfaits, ce qui est la marque d'un esprit supérieur.

    Un seul trait
    — Montrond, avez-vous placé les deux cent mille francs que je vous ai donnés?
    — Sans doute.
    — Où cela?
    — Dans mes poches.
    — Mais c'est un poids, deux cent mille francs en or.
    — J'ai commencé par dépenser ce qui n'aurait pu tenir.
    Six mois après, il était à sec.

    Il avait épousé mademoiselle Aimée de Coigny, qui inspira au poète André Chénier, prisonnier avec elle, l'ode à la jeune captive. Après son divorce, elle devint duchesse de Fleury, puis reprit son nom de jeune fille 1.

    Je passais tout à Montrond, comme à un enfant gâté; mais avec le commun des mortels quémandeurs de places et de faveurs, j'avais une méthode qui m'a épargné bien des ennuis.

    Pour un compliment à un artiste, formule unique:

    — Je n'ai jamais rien vu de plus beau.

    Pour un solliciteur:
    — C'est juste, mais indiquez-moi quelque chose. qui vous convienne et qui soit à donner; vous conviendrez avec moi que je n'ai pas le temps de chercher une place pour vous.

    Il revenait radieux et signalait une vacance:

    — Eh bien! que voulez-vous que j'y fasse? Sachez, monsieur, que quand une place est vacante, elle est déjà donnée.

    — Il faut cependant bien que je vive.

    — Je n'en vois pas la nécessité. Serviteur ben humbe.


    Le Consulat.
    Le Directoire a vécu. Bonaparte est Premier consul pour dix ans et me rend le portefeuille des Relations extérieures. Je monte à côté de lui sur le siège du char de l'État; il pique l'attelage de la pointe de l'épée, moi du bec de la plume, et fouette, cocher!

    J'aime la force parce que je sais m'en servir, et l'État ne doit pas être gouverné par des hommes vertueux. L'Europe est résignée; et je joue sur le velours du tapis des chancelleries. Avec Bonaparte on peut tout oser, et nous osons tout.

    Lors de la création du Consulat, je trouvais fort incommode la formule officielle de: «Citoyen Premier consul, citoyen Deuxième consul, citoyen Troisième cououl.» Je l'abrégeai en la remplaçant par trois mots latins: Hic, Hœc, Hoc, dont la traduction de Montrond caractérisait le rôle dans la Trinité gouvernementale: Hic pourle masculin: Bonaparte; Hœc pour le féminin: Cambacérès, et Hoc pour le neutre: Lebrun.

    1800. — Après la seconde Campagne d'Italie de Bonaparte, c'est Rœdorer qui est chargé de la Constitution cisalpine. Il prépare deux projets, l'un court et clair, l'autre détaillé et confus, qu'il me soumet.

    Il tenait pour le premier, disant qu'une constitution doit être courte...

    — Oui, c'est bien cela, courte et obscure.

    Dans l'été de 1801, je suis obligé d'aller aux eaux, et j'écris à Bonaparte, de Bourbon-l'Archambault

    Je pars avec le regret de m'éloigner de vous, car mon dévouement aux grandes vues qui vous animent n'est pas inutile à leur accomplissement. Du reste, quand ce que vous pensez, ce que vous méditez et ce que je vous vois faire ne serait qu'un spectacle, je sens que l'absence que je vais faire serait pour moi la plus sensible des privations.

    1801. — Traité de Lunéville. — La mort de l'empereur de Russie, Paul Ier, empêche la marche de l'armée franco-russe contre les colonies anglaises.

    Toujours des apoplexies; ils devraient bien changer un peu.

    C'est avec une escadre qu'il faut parler à l'Angleterre.

    1803. — L'omelette du Concordat ne s'est pas faite sans casser des œufs.

    J'y gagne le retrait de l'excommunication lancée sur ma tête depuis la Révolution. Un bref du pape me donne l'autorisation, que je m'étais accordée tout seul, de rentrer dans la vie civile; mais le sous entendu de mon mariage a été désavoué.

    Bonaparte est Consul à vie.
    J'ai toujours joué à la Bourse avec des nouvelles sûres, et cela ne m'empêchait pas de perdre quelquefois. C'est ce qui m'arriva pour le Traité d'Amiens. C'était mon œuvre; je jouai à la hausse sur cette carte maîtresse, et la Bourse baissa de 10 francs. Voilà un exemple rare du résultat des calculs de la prudence humaine. Quelle loterie que ce monde. Enfin il y a des numéros gagnants, puisqu'on y perd.

    La nouvelle amusa le consul, qui me demanda

    — Comment avez-vous fait pour devenir si riche?

    — J'ai acheté du Trois pour cent consolidé le 17 Brumaire et je l'ai revendu le 19.

    Quand le bruit de la mort de Paul Ier se rdpandit dans Paris, il ne manqua pas de financiers pour me demander si la nouvelle était vraie. J'avais une réponse toute prête: «Les uns disent que l'emporour de Russie est mort, les autres, qu'il n'est pas mort; je ne crois ni les uns ni les autres, ceci bien entre nous; profitez-en, et surtout ne me compromettez pas.»


    La Malmaison.
    La Malmaison, résidence favorite de l'impératrice Joséphine, était singulièrement choisie. C'était le château habité par le bourreau du cardinal de Richelieu. Ce séjour, de superstitieuse mémoire, lui valut le nom de Maison du Diable, Maison maudite, Mala domus, Maison du mal, dont on a fait Malmaison, et avec Bonaparte elle ne démentit pas sa réputation tragique. Malgré cotte origine, elle eut ses heures agréables.

    Au sujet de la Correspondance du Consul, je tiens les détails suivants de madame de Genlis:

    L'impératrice Joséphine avait beaucoup de lettres de Bonaparte, écrites pendant la Campagne d'Italie; elle les laissait traîner et avait même oublié la cassette ouverte qui les renfermait. Un valet de chambre les offrit à madame de Courlande, qui me les confia pour en prendre copie. L'écriture était presque illisible, et il y avait des choses très curieuses de ce genre: «La nature t'a fait une âme de coton, elle m'en donné une d'acier» Il montrait beaucoup de jalousie sur la société de Joséphine et il lui ordonnait d'expulser ses jeunes Muscadins. Comme elle se plaignait continuellement de sa santé et de ses nerfs, Bonaparte attribua cet état maladif à l'ennui; il lui écrivit qu'il aimait mieux être jaloux et souffrir que de la savoir malade, et qu'il lui permettait de rappeler les Muscadins.»

    On sait que madame de Genlis était une Précieuse ridicule; âme de coton était trop vulgaire, et elle mettait dans la copie: âme de dentelle. Toute la littérature de l'Empire est là.

    À la Malmaison, un soir, il fut question de la nomination d'un ambassadeur en Angleterre. Bonaparte mit. plusieurs noms en avant et ajouta:

    — J'ai envie de nommer Andreossi.
    — André aussi? Quel est doue cet André?
    — Je ne parle d'un André, je parle d'Andreossi. Est-ce que vous ne le connaissez pas? Andreossi, général d'artillerie.
    — Andreossi; ah! oui, c'est' vrai, Andreossi; je n'y pensais pas; je cherchais dans la diplomatie et je ne trouvais pas ce nom-là; en effet, il est dans l'artillerie.

    Andreossi eut l'ambassade d'Angleterre après le Traité d'Amiens et revint au bout de quelques mois. Il n'y avait pas grand'chose à faire; cela lui convenait, et il n'y fit rien.


    Notes
    1. Claude-Philibert Hippolyte de Mouret, comte de Montrond, n'est pas mort en 1842, comme on le croit généralement, mais beaucoup plus tard, le 30 décembre 1883, a l'Institution Sainte-Pèrine. II était dans un complet dénuement, et il ne pouvait payer la pension réglementaire de 1,200 francs qu au moyen d'une rente viagère que lui servaient d'anciens protecteurs ou d'anciens obligés, ayant pu utiliser les services que M. de Montrond avait l'habitude de rendre plus ou moins gratuitement, et même souvent sans y étre invité, mais en les imposant parfois à ceux qui aimaient le silence.
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    L'auteur

    Charles-Maurice de Talleyrand - Périgord
    Mots-clés
    Mémoires de Talleyrand sur Napoléon, de la campagne d'Italie jusqu'à 1804, Montrond, le Consulat, la Malmaison
    Extrait
    «Bonaparte avait trente ans; il était ambitieux, illustre, à la tête d'une armée. J'avais quarante-cinq ans; j'étais ambitieux comme lui, à la remorque de Barras, dont le rôle était fini. Si Bonaparte trouvait son tombeau dans la crypte des Pharaons, ma créance mourait avec lui; mais si le triomphateur du Capitole revenait avec la légende orientale des Pyramides, sa couronne de lauriers était nimbée d'une auréole d'or, et César me reconnaîtrait pour un des siens. C'était une belle partie à jouer.»
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