Extraits de publications
Pierre-Jean Dessertine
Éditions ALÉAS
La lettre de L'Agora
Abonnez-vous gratuitement au bulletin électronique. de L'Agora.
Actualités
Bertrand Letendre
Dans le but louable de faire des économies, les gouvernements, c'est le cas notamment de celui du Canada, on tendance à inviter les entreprises, à assurer elles-mêmes le contrôle de la...
 
Effets au long cours des antidépresseurs« Voilà des médicaments largement prescrits dont on connaît finalement peu les effets à long terme. Une large étude de cohorte britannique a étudié près...

Guerre

Joseph de Maistre et la guerre

Chronique des lettres françaises
Un résumé des idées du célèbre théoricien contre-révolutionnaire savoyard sur le problème de la guerre.
Joseph de Maistre se refusait à flatter les hommes; il aimait le paradoxe; aussi, l’a-t-on jugé sur les apparences sans reconnaître son bon sens, son esprit pratique et réaliste.

C’est ainsi qu’on a fait de lui un militariste farouche. Or, la guerre lui apparaissait comme le scandale de la raison; il la jugeait antihumaine, philosophiquement incompréhensible, la considérait comme une folie pure (Soirées de Saint-Pétersbourg, 7e entretien – Considérations sur la France, ch. III). Excellente manière de poser le problème de la guerre, pour lequel il est inutile d’invoquer la nécessité, ni la gloire. Si les sociétés ne sont pas passées, comme les individus, de l’état de nature à l’état de civilisation, si les nombreuses tentatives qui ont été faites pour établir une Société des Nations (le mot et la chose se trouvent chez J. de Maistre) ont échoué, c’est que le problème nous dépasse et que sa solution n’appartient qu’à Dieu.

Les horreurs de la guerre épouvantaient J. de Maistre; il les a flétries, les a déclarées inhumaines, mais il ne croit pas qu’elles disparaîtront du seul fait qu’elles soulèvent le cœur. Et, s’il a célébré la guerre, ce n’est pas la guerre à la manière de De Molke, c’est la guerre à la française, loyale, chevaleresque, humaine, qui sera peut-être toujours nécessaire et qui, seule, peut rentrer dans les desseins de Dieu.

Repoussant l’agnosticisme et le pragmatisme, J. de Maistre a recours au dogme théologique de la réversibilité des peines pour expliquer le problème que pose « la guerre en soi » et qui lui paraît être d’ordre métaphysique, c’est-à-dire dépasser la science et le sens commun. Cette explication n’a qu’un inconvénient, celui de laisser à la guerre un caractère mystique et de ruiner l’espoir d’y mettre fin.

J. de Maistre a combattu sans relâche, avec d’excellents arguments, l’illusion pacifiste; il n’avait aucune confiance dans les solutions élaborées dans l’abstrait. Il ne voyait qu’un moyen de comprimer les fléaux de la guerre : comprimer les désordres qui amènent cette terrible purification. Conclusion modeste, mais sage et nullement décourageante.
Date de création:2003-02-17 | Date de modification:2006-11-02
Informations
L'auteur
Mots-clés
Joseph de Maistre, pacifisme, paix, relations internationales
Extraits de publications sur ce thème
Daniel Cérézuelle
Parangon/Vs
Données d'édition
Date de création:
2003-02-17
Dernière modification:
2006-11-02
Autres documents
JP Costes
Paul Léautaud
Jacques Dufresne
Guerre, jeu, domination
Remy de Gourmont
paix, conflit, animalité, jeu, orgueil, supériorité, nécessité
Simone Weil
guerre, représentations collectives, conflit, Kosovo, témoignage, génocide, médias
droit international humanitaire, génocide, crime de guerre, crime contre l'humanité, droit de la guerre