Une histoire de l'éducation et du syndicalisme enseignant au Québec

Pierre Graveline
Dans son avant-propos, l'auteur dit vouloir mettre en relief le dévouement des femmes et des hommes qui ont, dans des conditions souvent ingrates, instruit les enfants du Québec au cours des quatre cents ans de son histoire. L'essai couvre donc les premiers efforts des pionniers pour implanter des institutions d'éducation dans la colonie de la Nouvelle-France dès 1635. L'étude chronologique des différentes institutions éducatives publiques et privées s'échelonne jusqu'à la toute fin du XXe siècle (voir «Les défis et les enjeux contemporains depuis 1981»).
L'essai de Pierre Graveline couvre le mouvement éducatif en Nouvelle-France depuis ses débuts: «...en cette année 1635, la Nouvelle-france, si fragile soit-elle, vit un événement extraordinaire; l'ouverture de la première école française sur les rives du Saint-Laurent (...) les jésuites entreprennent de donner les premiers cours d'éducation primaire aux jeunes graçons de la colonie» (p. 11-12). La préoccupation pour la scolarisation des filles est plus lente mais «à partir de 1677, les sœurs de la congrégation Notre-Dame entreprennent de créer des écoles pour filles dans les paroisses les plus importantes.» (p. 13)

C'est entre les deux grandes guerres qu'apparaît le syndicalisme chez les enseignants et notemment par un regroupement de femmes enseignantes de la région du Saguenay animées par Laure Gaudreault (aasemblée du 19 octobre 1936). Le mouvement fait boule de neige et dès le mois de février suivant, il existe 13 associations d'institutrices rurales qui regroupe plus de 300 d'entre elles.

Un tournant majeur de l'éducation québécoise arrive à «L'ère des grandes réformes démocratiques (1960-1980)», grâce à l'élection du parti libéral, dirigé par le premier ministre Jean Lesage qui fait adopter «la grande charte de l'éducation» (p. 123 et suiv.). En 1964, ce gouvernement crée le ministère de l'éducation mais «va bien au-delà des changements dans les structures et des modifications sur le plan du financement. Il entreprend une vaste révision des ordres d'enseignement, des programmes d'études et des méthodes pédagogiques» (p. 129).
L'essai s'achève sur une étude de la progression de la scolarisation du Québec dans les récentes décennies (p. 177) et surtout sur le rapport encourageant que l'auteur perçoit entre cette amélioration de la réussite scolaire et la démocratisation de la société québécoise («La démocratisation de la réussite scolaire»).



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