Anarchéologie

Robert Hébert

Tout le travail de Roland Houde converge vers cette notion d’anarchéologie, notion nulle part explicitée mais qui devient transparente et efficace de par sa méthode « juxtalivresque jusqu’à l’ivresse ». Elle joue sur les deux plans de signification du préfixe : an- privatif; repère[r] des signes marginaux, anarchiques par rapport à une époque, à un contexte et qui du même coup mettent en cause les lieux communs d’une histoire simplifiée. S’orienter vers « ces exceptions… à l’intérieur ou à l’extérieur des institutions philosophiques actuelles »; ana- cinématique : mouvement d’analyse des conditions réelles (documents, instruments de travail…) et des pratiques qui déterminent le savoir historique dans une société donnée. […] Par conséquent, renversement de lieux communs qui prétendraient fonder une ère nouvelle dans la rupture d’un passé simple et qui, s’aveuglant sur la répétition des pouvoirs académiques [ou autres], perpétueraient cela comme règle d’autorité. […] Notre vision de l’histoire se renverse lorsque nous comprenons que nous avons souvent été libres, que toujours l’efficace fut claire — abolir une facette de l’Entfremdung [aliénation, littéralement en-étrangement]; que les signes sont là, mais que nous ne les avons pas lus (par intérêts); qu’il n’y a pas à fonder une pensée québécoise de par la pensée d’un manque, mais à poursuivre le libre travail de la pensée.




En marge de la Conférence de Glasgow