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    L'Encyclopédie sur la mort



    Rilke Rainer Maria

    Rainer Maria Rilke. Écrivain autrichien.
    Le portrait tracé par un contemporain
    http://agora.qc.ca/dossiers/Rainer_Maria_Rilke


    Reiner Maria Pour Rainer Maria Rilke (1875-1926), la mort est une donnée fondamentale de l'existence. «L'affirmation de la vie et celle de la mort se révèlent ne faire qu'un» écrit-il au traducteur polonais des Élégies de Duino. (1) La mort est aussi une des sources premières de la peur qu'il tente de vaincre par l'écriture : «J’ai fait quelque chose contre la peur. Je suis resté assis toute la nuit et j’ai écrit.» Dans Les Cahiers de Malte Lauridge Brigge, il affronte sa «quasi-impossibilité de vivre». (2) Cette fragilité, il l'a ressentie dès son enfance et plus tard lorsque, ayant quitté sa femme et sa petite fille, il s'établit à Paris, «une grande ville étrangère», hantée par «des régiments de malades, des armées de mourants, des peuples de mort». (3) Rilke redoute surtout la mort anonyme des hôpitaux, «la mort en masse, la mort en série et de confection» (4), en opposition avec la mort «propre, personnelle et assumée» du grand père dans Les Cahiers. Le chambellan Brigge y hante le village de sa mort pendant deux mois. Aussi la mort y est-elle palpable grâce à la présence des fantômes.

    À propos de Est-ce que tu m'aimes encore, Tsvétaïeva-RilkeRainer (Rivages Poche, 2008), S. Clément écrit:

    Maria Rilke est un poète d’une cinquantaine d’années, lorsque Boris Pasternak, fils d’un ancien ami, le met en contact avec Marina Tsvétaïeva*, jeune russe de 33 ans exilée en France. Le poète allemand, lui, vit seul retiré en Suisse, alors que la NRF vient de publier ses derniers textes, Élégies et Sonnets à Orphée.

    « Est-ce que tu m’aimes encore ? » est la dernière phrase envoyée par carte postale par Marina à Rilke, quelques jours avant qu'elle n'apprenne sa mort, qui ne se seront jamais rencontrés, mais auront échangé des mots plus violents et passionnés que l’on ne l’imagine. Pour Rilke, elle incarnera le modèle littéraire des amoureuses éperdues, mais intelligentes et vives, qui se débattent dans ce rôle inconfortable, quand on est trop intelligente, justement. Pour elle, Rilke, c’est l’incarnation de la poésie. Et elle-même est poète, ne pouvant qu’apprécier toute la complicité et la chance de cette correspondance.

    Dire alors que l’on plonge dans leur intimité c’est quasiment passer à côté du livre : ici, c’est un exercice de lutte entre deux esprits forts, bien que Rilke soit malade et Tsvetaïeva passablement têtue, où le respect mutuel pousse à des confidences incroyables – et elle est mariée !

    Entre passion tendre et soulèvement du cœur, une osmose rare s’est bâtie au fil des courriers échangés ; l’épistolaire touche ici au sublime et leur affection commune se révèle chaque fois un peu plus. On tremble de n’avoir plus reçu de lettre, on s’inquiète, et finalement « Ta lettre est arrivée. Il est tant que la mienne parte. »

    Clément S. 12 juin 2008
    http://www.actualitte.com/dossiers/177-Aimer-encore-Rainer-Maria-Rilke.htm

    Rilke à Lou Andreas-Salomé

    [probablement peu après le 26 février 1901*]

    « Je me tiens dans le noir, comme un aveugle,
    parce que mes yeux ne te trouvent plus.
    Le trouble affairement des jours pour moi
    n’est plus qu’un rideau qui te dissimule.
    Je le regarde, espérant qu’il se lève,
    ce rideau derrière lequel il y a ma vie,
    la substance et la loi même de ma vie
    et, néanmoins, ma mort ―. »

    * Ce poème est cité par Lou Andreas-Salomé dans son ouvrage
    Rainer Maria Rilke, Leipzig, 1928, page 13 ; édition française, Maren Sell & Cie, 1989, page 17.

    Correspondance R.M. Rilke/Lou Andreas-Salomé, Gallimard, Collection du Monde entier, 1980 et 1985, page 51. Texte établi par Ernest Pfeiffer. Traduit de l’allemand par Philippe Jaccottet.

    (Communiqué par Paul-Georges Rodka)

    Date de création:-1-11-30 | Date de modification:2012-04-12

    Notes

    Sources : J. Vérain, « Rilke ou l'extase contenue » dans Rilke, Lettre à un jeune poète, Paris, Éditions Mille et une nuits, 1997, p. 65-72; « Les Cahiers de Malte Lauridge Brigge » (www.opus-all.paris.iufm.fr/l
    ittecompa/rilke).

    Notes
    (1) Lettre à Witold Hulewicz, le 13 novembre 1925.
    (2)Lettre à la princesse von Thurn und Taxis, le 24 février 1915.
    (3) Lettre à Clara Westhof, le 31 août 1902.
    (4) M. Blanchot, «Rilke et l'exigence de la mort», L'espace littéraire, Paris, Gallimard, 1955, p. 156.

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