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| Essai sur l'Europe |  CHANTAL DELSOL INTERROGE JEAN-FRANCOIS MATTEI, PHILOSOPHE, SUR SON LIVRE "LE REGARD VIDE"
Dans cette belle description du génie européen (génie au sens premier de “caractère propre”), je vois d’abord une forte croyance européocentrée : dès les premières pages, vous citez Husserl et plus loin Patocka, son disciple, et l’on a le sentiment que vous les rejoignez dans vos analyses successives : l’Europe serait-elle donc, comme le disait autrefois Brugmans, “la métropole du genre humain” ?
Je m’inscris effectivement dans la lignée de Husserl, de Patocka et de Hegel, mais aussi de Baudelaire, de Proust ou de Kundera. Il s’agit d’envisager ce qui a fait l’originalité de la culture européenne dans le sens étendu qui était celui que Cicéron a donné au mot cultura. Or, les œuvres majeures de notre patrimoine, ce que Braudel nommait ses « unités brillantes » pour qualifier leur rayonnement universel, soulignent la spécificité du regard que l’Europe a porté sur le monde.
Ce “regard” est d’ordre théorique en ce qu’il vise intentionnellement une idée éloignée de toute empiricité : l’idée de vérité, l’idée de justice, l’idée de bien ou l’idée d’humanité.
Husserl écrivait en ce sens que l’Europe a toujours visé un “télos”, une fin transcendantale, de sorte que l’homme européen est devenu « un spectateur désintéressé, un regard jeté sur le monde ». Certes, d’autres peuples s’étaient interrogés sur le monde et sur l’homme. Mais jamais leur regard n’a franchi les limites d’une représentation centrée sur son propre foyer : la Chine a découvert d’autres pays, mais ne les a pas soumis à une connaissance universelle. Au contraire, l’Europe a toujours posé un regard excentré sur son monde pour appréhender les autres, comme le montre l’invention de l’anthropologie. >> |
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| Daniel Johnson (père) |
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| Biographie en résumé |
| Homme politique québécois. 20e Premier ministre du Québec (1966-1968). |
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| Vie et œuvre |
«Né à Danville, le 9 avril 1915, fils de Francis Johnson, journalier, et de Marie-Adéline Daniel.
A étudié à l'école paroissiale de Danville, au séminaire de Saint-Hyacinthe et à l'université de Montréal. Fit sa cléricature auprès de Me Henri Crépeau. Admis au barreau de la province de Québec le 20 juillet 1940.
Exerça sa profession à Montréal, avec Me Whitelaw en 1940; Sullivan en 1941 et 1942; Piper, Nantel et Tormey en 1942 et 1943; Jonathan Robinson en 1943 et 1944, Robinson et Wilson de 1944 à 1946, et Johnson et Tormey après 1946. Conseiller juridique du conseil central de Montréal de la Confédération des travailleurs catholiques du Canada (CTCC), de l'Association des hebdomadaires de langue française, de l'Association des hôteliers du Québec, de l'Association professionnelle des employés d'Acton Rubber Inc. et du jeune barreau de Montréal. Directeur et président de plusieurs entreprises. Collaborateur au journal étudiant le Quartier latin et à la Patrie.
Élu député de l'Union nationale dans Bagot à l'élection partielle du 18 décembre 1946. Réélu en 1948, 1952, 1956, 1960 et 1962. Adjoint parlementaire du président du Conseil exécutif du 1er janvier au 15 décembre 1955. Orateur suppléant du 15 décembre 1955 au 30 avril 1958. Ministre des Ressources hydrauliques dans les cabinets Duplessis, Sauvé et Barrette du 30 avril 1958 au 5 juillet 1960. Élu chef de l'Union nationale le 23 septembre 1961. Chef de l'Opposition à l'Assemblée législative de 1961 à 1966. Réélu en 1966. Premier ministre de la province de Québec et président du Conseil exécutif du 16 juin 1966 au 26 septembre 1968. Ministre des Richesses naturelles du 16 juin 1966 au 31 octobre 1967, des Affaires fédérales-provinciales du 16 juin 1966 au 26 avril 1967 et des Affaires intergouvernementales du 26 avril 1967 au 26 septembre 1968.
Auteur de l'ouvrage Égalité ou indépendance (1965). A publié en collaboration avec Réginald D. Tormey, Index to Supreme Court Cases 1923-1950 (1951). Président de la Fédération canadienne des étudiants catholiques, de la section française de l'Union des jeunesses catholiques du Canada et de l'Association générale des étudiants de l'université de Montréal. Vice-président de Pax Romana. Vice-président général de l'Association catholique de la jeunesse canadienne-française (ACJC) et du comité national de l'Action catholique. Membre fondateur et conseiller juridique de l'Union des Latins d'Amérique. Membre et conseiller juridique de la Chambre de commerce des jeunes de la province de Québec et du Canada. Membre du Club Saint-Denis, du Club Renaissance, du Club de la garnison, du Cercle universitaire de Montréal, du Quebec Winter Club et des Chevaliers de Colomb. Créé conseil en loi du roi le 14 juin 1950. Docteur en droit honoris causa des universités Queen's et McGill en 1967, puis des universités de Montréal et de Sherbrooke en 1968.
Décédé en fonction au barrage Manic 5, le 26 septembre 1968, à l'âge de 53 ans et 5 mois. Inhumé dans le cimetière de Saint-Pie, le 1er octobre 1968.
Avait épousé à Montréal, dans la paroisse Notre-Dame-de-Grâce, le 2 octobre 1943, Reine Gagné, fille d'Horace-J. Gagné, avocat, et de Lauretta Demers.
Père de Pierre Marc Johnson et de Daniel Johnson (fils). Frère de Maurice Johnson, député à la Chambre des communes de 1958 à 1962.»
Source : Daniel Johnson (père) (Les parlementaires depuis 1792, Assemblée nationale du Québec) |
| Documentation |
Robert Comeau, Michel Lévesque et Yves Bélanger (dir.), Daniel Johnson: Rêve d'égalité et projet d'indépendance, Presses de l'Université du Québec, "Les leaders du Québec contemporain", 1991, 462 p.: "Un ouvrage exhaustif sur les 800 jours du gouvernement de Daniel Johnson (1966-1968), l'homme qui, en 1965 dans son manifeste Égalité ou Indépendance, sanctionna le concept des deux nations. Comment ce député de Bagot, élu la première fois en 1946, devenu chef de l'Union nationale en 1961, a-t-il pu déloger le parti de Jean Lesage? Jusqu'où a-t-il poursuivi les réformes entreprises? Période de continuité, de transition ou de discontinuité? Au-delà des aspects biographiques inédits, le lecteur trouvera ici une analyse fouillée de sa pensée constitutionnelle et économique, un bilan de ses réalisations politiques ainsi qu'une synthèse approfondie des relations fédérales-provinciales et des premières relations internationales du Québec." (site de l'éditeur)
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 |  | Textes de Daniel Johnson (père) |
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Dernière mise à jour: 05/25/2006
L'Encyclopédie de L'Agora - 1998 - 2010
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