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Ghika Vladimir

1873-1954

Sachons mémoire garder
Nous empruntons ce souhait à la Librairie Roumaine antitotalitaire établie à Paris qui poursuit un dur combat contre le totalitarisme en défendant la liberté d'expression, cet "ultime rempart contre le retour du totalitarisme". Et c'est pour mémoire garder que nous publions cette biographie du Prince Vladimir Ghika telle que son auteur, Dom Antoine Marie osb, abbé de l'Abbaye de Saint-Joseph de Clairval , nous a aimablement autorisés à le faire. C'est dans la prison Jilava de Bucarest, moins connue que la Loubianka décrite par Soljénitsine, mais tout aussi terrible, que s'est achevé le martyre de Mgr Ghika qui refusa, à l'instar de nombreux autres évêques et prêtres gréco-catholiques qui moururent en prison, de renoncer à l'union avec Rome pour devenir un «prêtre de la paix» sous l'Étoile Rouge. Le Prince Ghika devenu prêtre puis Protonotaire en obéissance à Rome avait toute liberté de poursuivre en France son ministère de compassion lorsque la guerre se déclara en 1939. Il a choisi de rentrer dans son pays où, jusqu'à son arrestation en 1952 — la Roumanie étant sous le régime communiste depuis 1944 —, il consacra le reste de sa vie, lui-même vivant dans un dénuement de plus en plus grand, à soulager les victimes et de la guerre et du totalitarisme soviétique. Mgr Ghika est mort le 17 mai 1954 dans l'infirmerie de la prison Jilava.

Alors qu'il portait encore le nom de Prince Vladimir Ghika, il a publié Pensées pour la suite des jours,et Entretiens spirituels, aux Éditions Beauchesne. Yvonne Estienne a publié Derniers témoignages, aux mêmes Éditions, après la mort de Mgr Ghika: ce sont des pensées retrouvées sur des bouts de papier dans des caisses de documents réexpédiées en France depuis la Roumanie. « Mes yeux d'homme ne verront pas ceux qui tressailleront à me lire — le ciel promis viendra avant la terre promise — et, pour un pareil poème, il vaut mieux que la voix sorte d'une tombe, mystère, autorité plus troublante du témoignage...» Ces derniers témoignages ne sont pas sans rappeler les Pensées pour moi-même de Marc-Aurèle.

Un ancien prisonnier, Grégoire Dumitresco, qui a survécu aux tortures de la prison Jilava, en a laissé un récit qu'il faut avoir le courage de lire car, pour reprendre le mot de Nietzsche « ce qui a été écrit avec le sang mérite d'être appris par coeur ». La procédure de Béatification de Mgr Ghika est en cours.

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