Merci d'encourager L'Agora
Faites un don via Paypal
Le site est en cours de modernisation. Nous vous invitons à utiliser la recherche pour repérer les contenus qui vous intéressent. Merci de votre patience et bonne lecture.

Prostitution

De l'artisanat à la marchandisation

Pour bien des gens, le mot prostitution correspond à une vague conception d’une activité sexuelle volontaire telle que la présentaient le cinéma et la littérature française du début du XXe siècle, comme le lieu d’initiation obligée de l’étudiant. Prostitution, mal nécessaire soutenaient les historiens : et ils donnaient l’exemple du saint roi Louis IX qui, devant la multiplication des viols et des attentats à la pudeur, avait fait rouvrir à Paris les bordels qu’il avait fait interdire. La mentalité était tellement ancrée que le philosophe Alain dans l’un de ses cours insistait auprès de ses étudiants sur le devoir de respect à l’égard des prostituées. Et plus près de nous, qui ne se souvient de la chanson indignée de Jacques Brel Au suivant sur les visites des conscrits au bordel, encadrées et minutées par l’adjudant? Et celle de Brassens, pleine de tendresse et de compassion pour les putains de Paris, qui lui avait d'ailleurs valu une lettre de remerciement de leur part!
On ne peut pas prononcer le mot prostitution de nos jours sans avoir à l’esprit la traite des femmes et des enfants que Richard Poulin décrit comme « une marchandisation du sexe à l’échelle de la planète et sans équivalent dans l’histoire de l’humanité. »

Essentiel

«J'accorde bien volontiers que la tâche de la prostituée n'a rien de relevé. Mais n'achevez-vous pas de l'avilir en la déclarant ignominieuse sans recours et sans exception? Ici encore, c'est la morale qui, à partir d'un certain degré de réprobation sociale, rend l'immoralité incurable.

Et puis, les prostituées sont-elles les seuls êtres au monde à profaner les choses sacrées? La nutrition aussi s'apparente au sacré : le pain et le vin nourrissent l'âme à travers le corps et peuvent même devenir des signes divins : que reste-t-il de cela dans l'esprit de certains cuisiniers ou marchands d'alcool et dans celui de leurs clients? Qu'on songe donc à l'incroyable vulgarité des visages, des mimiques, des propos dans un groupe de gaillards congestionnés en train de "faire un gueuleton" ! Et je m'abstiens de parler de ceux qui prostituent l'art, la littérature ou la politique. Met-on au ban de la société un pornographe, un journaliste "valet d'opinion" comme dit Alain, ou un démagogue qui corronpt la plus haute fonction de l'homme : la consuite de la Cité? Trop heureux si on ne les gorge pas d'argent et d'honneurs! Pourquoi tant d'indulgence et de faveurs pour les putains de l'esprit et tant de rigueur pour les putains de la chair?»

Gustave Thibon, Projet d'une réforme des institutions et des moeurs par rapport à la prostitution, 1959.

Articles


Dossiers connexes