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Préoccupation

Maine de Biran nous donne cette excellente définition de l'esprit préoccupé :

« J'étais assez disposé à la réflexion; il m'est venu quelques idées sur mes dispositions habituelles et particulièrement sur la préoccupation, défaut auquel je suis très sujet, qui est en moi, pour ainsi dire, constitutionnel et qui est le plus grand obsta-cle à mes progrès intellectuels et moraux. La préoccupation est l'opposé de la liberté d'esprit. L'homme préoccupé, ou qui se préoccupe des moindres choses, n'est jamais prêt à agir dans le moment et comme il faudrait agir, il ne dispose pas de ses pensées; il est toujours dominé par quelque idée ou image vague, liée à certaines affections ou mouvements organiques qui lui font la loi. Comme il se sent empêché dans l'action qui se présente et qui, le plus souvent, ne souffre ni retard, ni délibération, son âme en est troublée; son esprit incertain, et toutes ses facultés actives sont embarrassées dans leur jeu. La conscience de ce trouble, de cet embarras le retient quelquefois et laisse échapper l'occasion, l'à propos, ou lui donne un air gauche, timide, et lui fait commettre des balourdises, des inconvenances. » (Maine de Biran, Pensées intimes, 7 août 1816. Cité par Georges Palante, « La lenteur psychique », Mercure de France, 1er juin 1921, p. 311).

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