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Leduc Ozias

1864-1955

 «L’art enseigne, renseigne. Il révèle l’âme. Nul doute qu’il a le pouvoir d’ordonner en un cosmos le chaos de l’inconscient. D’un désordre, d’une souffrance et d’un déséquilibre, il conduit à la stabilité, à l’harmonie et à la joie. »
(Ozias Leduc, tiré d’une lettre à Paul-Émile Borduas, 1943)

 

Jugement de Jean-Éthier Blais sur Ozias Leduc

 «Cette grande ombre qui domine la vie du village de Saint-Hilaire, est celle d'Ozias Leduc, personnage central et inconnu de la vie intellectuelle et spirituelle du Canada-français. C'est le type même du mage, du penseur, du poète. Peintre religieux, Ozias Leduc a redonné à ce genre la valeur qu'il avait perdue au Québec à la suite de l'invasion, à la fin du XIXe siècle, des monstres italiens édulcorés que l'on retrouve partout dans nos églises. La peinture de Leduc est environnée de mystère. Borduas dira de lui:« ...j'ai été séduit par sa simplicité, par son extrême retenue et davantage encore peut-être, par la vivacité comme anguille sous roche de son esprit ». Peintre à la recherche de la poésie, Ozias Leduc ne sacrifie pas au goût du jour, qui est mauvais; dans ses églises, celle de Saint-Hilaire comme dans la cathédrale de Sherbrooke, il cherche à exprimer ce qui est en lui, avec cette simplicité qui le caractérisa toujours. Son oeuvre, écrira Borduas, est faite d'amour et de rêve. Ses paysages sont parfois léonardesques, qui reproduisent la nature canadienne de nos froids hivers, en mouvement, chutes de glace verdâtre, sapins bleus qui se
penchent, mélancoliques, au bord du gouffre, et un ciel immatériel qui passe dans le lointain 8. Borduas lui aussi, à la fin de sa vie, s'attachera à trouver le secret métaphysique du paysage canadien et la transcendance évanescente des dernières toiles d'Ozias Leduc a comme pendant logique, comme inéluctable suite, l'aridité des grands espaces blancs, parsemés de taches sombres, où se retrouve le Borduas dernière manière. Borduas pourra écrire, en 1953 : '' ... étrange pour quelques-uns d'entendre que je suis resté fidèle à l'essentiel de ces premières impressions. J'en suis convaincu, toutes les admirations picturales subséquentes ont dû s'accorder avec elles''.»1

1-Jean Éthier-Blais, Études françaises, vol. 4, n° 4, 1968, p. 369-382.

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