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Welles Orson

Débuts

 

            Fils d’une pianiste de talent qui le laisse rapidement orphelin, Orson Welles suit son père, un inventeur fantasque, dans de longs voyages aux quatre coins de la planète. A l’âge où les enfants ordinaires s’amusent dans les cours de récréation, il joue, sur scène, tous les personnages du Roi Lear. L’Adolescence et son cortège d’interrogations existentielles devraient entraver sa marche forcée sur les sentiers de la Gloire. Il n’en est cependant rien. Du haut de ses quinze ans, le jeune Orson contemple la Terre avec les yeux d’un conquérant pressé de conquérir. Après avoir publié des versions simplifiées des pièces de Shakespeare, il abandonne sa scolarité pour prendre d’assaut les scènes Européennes. Hilton Edwards et Micheal Mac Liammoir sont immédiatement séduits par son incroyable prestance de grand officier de la Tragédie. Les deux directeurs du prestigieux Gate Theater de Dublin décident donc de l’engager. Le fougueux comédien connaît une percée foudroyante. Applaudi par le Public, salué par la Critique, il fait, à son retour en Amérique, une tournée triomphale au sein de la compagnie de Katharine Cornell.

            Quelques succès ne sauraient néanmoins rassasier un être doté d’un appétit dévorant. Aussi, l’insatiable Welles choisit-il de jeter son dévolu sur la mise en scène. Il écrit l’une des plus belles pages du Federal Theater, avant de prendre les rênes du Mercury. Il signe parallèlement ses premières œuvres de cinéaste en réalisant deux courts-métrages, intitulés The Hearts of Age et Too Much Johnson. Pour financer ses activités, il devient animateur à la radio CBS. C’est sur les ondes de cette station que le 30 octobre 1938, il met au point une mystification d’une audace inégalée : en pleine nuit d’Halloween, il persuade ses auditeurs que des hordes de Martiens belliqueux sont en train de débarquer sur le sol terrestre. Avec ce formidable pastiche de La guerre des mondes, qui plonge les Etats-Unis dans une panique inédite, Orson Welles grave son nom dans le marbre éternel de la Légende. Plus rien ne semble en mesure d’arrêter son ascension. Fait exceptionnel dans les annales du Cinéma, les studios de production lui laissent toute latitude pour réaliser son premier long-métrage. Citizen Kane peut apparaître sur les écrans et faire de son auteur un Roi du Septième Art. Nous sommes en 1941. Un colosse, âgé seulement de vingt-six ans, vient de surgir des profondeurs du néant.

 

 

 

 

Particularités

 

            Outre ses performances d’enfant prodige et ses exploits sur les ondes de la radio CBS, Orson Welles a la particularité d’avoir été l’époux de la Reine de Hollywood : Rita Hayworth. Il se sépara d’elle peu après l’avoir dirigée dans La dame de Shanghai (The Lady from Shanghai) (1947).

            De façon moins prosaïque, Welles a signé quelques-unes des plus belles adaptations cinématographiques des pièces de Shakespeare. Ses versions de Macbeth et d’Othello, contemporaines des remarquables Henry V, Hamlet et Richard III de Laurence Olivier, ont relevé le défi herculéen d’offrir un supplément de hauteur à des œuvres qui effleuraient déjà les cieux de la Perfection.

            Orson Welles a également gravé son nom dans le marbre de l’Histoire de l’Art en concevant l’un des films les plus glorifiés du XXè siècle : Citizen Kane. Néanmoins, être un génie universellement reconnu ne favorisa guère le bon déroulement de sa carrière. A l’exception du Criminel (The Stranger), long-métrage qu’il réalisa moins par envie que par nécessité, aucune de ses œuvres n’eut le privilège d’être rentable. Sa filmographie en fut gravement affectée. Elle ne compte que quatorze titres, Au cœur des ténèbres (Heart of Darkness), It’s All True, Le Roi Lear (King Lear), Don Quichotte (Don Quixote), Le marchand de Venise (The Merchant of Venice), The Deep, The Other Side of the Wind, Filming The Trial et The Dreamers étant restés inachevés pour des raisons que la Raison préfère pudiquement ignorer.

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