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Obama Barack

04/08/1961

Ce dossier comprendra surtout des analyses et des opinions sur Barack Obama et les États-Unis.
Nous recommandons la biographie du site République des Lettres, dont voici les premières lignes:

«Barack Obama -- Barack Hussein Obama pour l'Etat-Civil -- est né le 04 août 1961 à Honolulu (Hawaï). Ses parents, étudiants à l'Université de Hawaï, se sont mariés l'année précédente. Le père, Barack Hussein Obama Sr. (1936-1982), est un kenyan noir originaire de l'ethnie Luo. Élevé dans la tradition musulmane mais non pratiquant, il deviendra premier économiste au Ministère des finances du Kenya dans les années '70 avant d'être limogé lors d'un changement de pouvoir et de se tuer dans un accident de voiture en 1982. Sa mère, Stanley Ann Dunham (1942-1995), future anthropologue auteur d'une volumineuse thèse sur la vie des forgerons ruraux en Indonésie, est une blanche américaine de religion chrétienne originaire du Kansas, lointaine descendante de Jefferson Davis. Le jeune couple mixte divorce en 1963, deux ans après la naissance de l'enfant, dont le prénom "Barack" signifie "béni" en hébreu et en arabe (le nom "Obama" signifie lui "lance enflammée" dans la langue swahili de son père). (Lien désactivé)

 

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Obama dans le rôle de Spartacus, par Jacques Dufresne
Septembre 2009

Janus, dieu romain à une tête et deux visages, est le symbole parfait des États-Unis d'Amérique 1. Ce grand pays touche un jour les cœurs par sa vertu, le lendemain il les glace par sa force. Les colombes et les faucons se succèdent au pouvoir: Carter vient après Nixon et Ford, Obama après George W. Bush. Un jour le morceau de sucre, le lendemain le coup de fouet. C'est la méthode idéale pour créer un empire.

La générosité et la cupidité sont parfois l'endroit et l’envers d'un même acte. Le plan Marshall comportait des conditions qui ont permis à Hollywood d'imposer ses films à l'Europe. Entre 1930 et 1970, les faucons de l'industrie pétrolière et des missionnaires fondamentalistes aux allures de colombe ont fait preuve de la plus habile complicité pour pacifier efficacement les peuples d'Amazonie dont la présence devenait gênante. Sur Internet, des logiciels comme Explorer ou Google, offerts gratuitement au monde entier, ont donné à Microsoft le monopole des systèmes d'exploitation et à Google celui de la publicité en ligne.

Ce symbole est menacé. Barak Obama a donné à tous les Noirs des États-Unis un extraordinaire regain de fierté, cela se sent, cela se voit. Il n'a toutefois pas, à l'instar de Spartacus, rassemblé tous ces descendants d'esclaves dans une armée partie ensuite à la conquête de Washington! À en juger par la réaction de ses adversaires c'est pourtant ce qu'il semble avoir fait. Selon des sources officielles, en 2008 la proportion des hispaniques privés d'assurance-santé a été trois fois plus élevée que celle des Blancs, et celle des Noirs, plus élevée du tiers. Sur Internet et dans les manifestations, on accuse donc Barak Obama de faire du negrocare au détriment des personnes âgées.

On pouvait croire qu'en dépit de la guerre de Sécession, les Américains s'étaient regroupés autour de la tête unique de Janus et que ses deux visages ne s'opposaient que pour mieux s'unir. Tout indique que ce pacte subtil a été rompu. À en juger par la haine de plus en plus mêlée de racisme dont il est l'objet, Barak Obama n'est plus un visage opposé comme l'étaient Carter ou Clinton, il est un visage étranger.

Cette rupture, si elle devait se confirmer, provoquerait un déséquilibre dont les conséquences pourraient être graves. Le pays pourrait bientôt être gouverné par une seule tête sans visage. Le mépris d'une grande partie de la population pour ses représentants à Washington rappelle celui dont furent victimes les parlementaires européens au cours de la décennie mil neuf cent trente. À quoi il faut ajouter le mépris de la même population pour l'intelligence et les intellectuels. Dans un tel contexte, des slogans comme We the people sonnent comme un appel à un chef qui serait si proche du peuple qu'il n'aurait plus besoin de composer avec ses représentants. Spartacus échappera-t-il à la force ? À suivre.

1- Cf Thomas Molnar, Le modèle défiguré, L'Amérique de Tocqueville à Carter, Paris, P.U.F. 1978.

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