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Gui

"Le gui est une plante étrange: ni arbre, ni arbuste. La plante n'a pas de racines et ne peut se développer qu'en parasitant une autre plante (dont il perce l'écorce): pommier, orme, tilleul, pin, peuplier et saule. Il échappe aux règles habituelles du monde végétal, ignore le cycle des saisons et possède son rythme propre."

Monique D., "Le gui", Le brin d'herbe (publication de l'association Terre des plantes, 6 Allée Duquesne, 44000, Nantes, France)


Voici ce qu'en dit un dictionnaire médical français du milieu du 19e siècle :

"... c'est une plante parasite de la famille des caprifoliées, qui tire son nom de la viscosité du suc de ses fruits. Le mot usuel vient du gaulois gwid qui veut dire arbuste; cette plante était, comme on le sait, en grande vénération chez les Gaulois, et elle avait un caractère symbolique et sacré dans la religion druidique. Les prêtres cueillaient le gui une fois l'année dans une fête solennelle et c'était seulement vêtu de blanc et avec une serpette d'or que l'on pouvait accomplir la cérémonie. Le gui croît sur un grand nombre d'arbres et spécialement sur le pommier, le poirier, l'amandier, le hêtre, le noyer, le frêne, l'orme, le tilleul, etc.; mais ce qui est remarquable, c'est qu'on ne le trouve que rarement sur le chêne, ce qui peut paraître extraordinaire à cause de son nom. Cette rareté est peut-être cause que le gui de chêne était en si grande vénération, et que l'on attribuait sans doute à cette espèce une propriété extraordinaire et mystérieuse. Le gui est vivace et rangé parmi les sous-arbrisseaux; il a environ deux pieds de haut; il ne pousse généralement que sur les arbres déjà vieux ou malades; il insinue ses racines entre les fissures de l'écorce dont il tire les sucs; il pousse dans toutes les directions sans se redresser vers le ciel, comme le font presque toutes les plantes. Sa tige est rameuse et ligneuse; ses feuilles sont petites, presque ovales, épaisses et dures; ses fleurs sont petites, et verdâtres; les fruits sont des baies monospermes blanches, douceâtres, un peu plus grosses que les groseilles blanches et réunies par trois; elles mûrissent en automne et souvent en hiver malgré le froid le plus vif. On prépare avec l'écorce de cette plante une glu que l'on dit moins bonne que celle du houx; les fruits que l'on croit être propres à cette préparation ne contiennent pas, d'après les recherches de Macaires, cette substance, que Pline dit y exister abondamment."

Le même auteur évoque l'usage qu'on en faisait en médecine :

"En médecine, le gui est employé comme antispasmodique; il est nauséeux, un peu âcre; il est regardé comme très-actif et il peut déterminer des vomissements et des purgations. Comme antispasmodique, le gui a été employé pendant longtemps contre l'épilepsie; on lui croyait une vertu spéciale contre celle maladie; on le donnait, à la dose de six gros en décoction et en poudre à la dose de quarante-huit grains et même à deux et trois gros par jour; on a employé aussi cette plante dans un assez grand nombre de maladies, telles que la paralysie, l'hystérie, l'apoplexie, la goutte, la diarrhée; mais dans ces derniers temps, on en a fait usage avec beaucoup d'avantage contre la coqueluche, et M. le docteur Blache a publié des observations à ce sujet qui permettent de croire à son efficacité."

Jean-Pierre Baude, article "Gui", dans Jean-Pierre Beaude (dir.), Dictionnaire de médecine usuelle. Tome I [A-H], Paris, Didier, 1849, p. 155



Éternellement vert sur un arbre qui, l'hiver, semble mort, le gui était pour les Gaulois un symbole de l'immortalité.

Voir photos de Charles Declerck

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