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Truffaut François

06 / 02 / 1932-21 / 10 / 1984
François Truffaut naît le 6 février 1932 à Paris. Son père, Roland Truffaut, est architecte et Janine de Monferrand, sa mère, est secrétaire au magazine L’Illustration. Le jeune François, que l'on confie à ses grands-parents, connaît une enfance solitaire ponctuée d’échecs académiques, de fugues et de petits larcins.

Il trouve refuge dans la littérature et dans le cinéma et c’est, de son aveu même, ce qui l’empêchera «de devenir un voyou de Pigalle». Ses fugues et ses journées d’école buissonnière le mènent plus souvent qu’autrement dans les cinémas de Paris où il se découvre une véritable passion. À 14 ans, il s’endette pour fonder un ciné-club, le Cercle Cinémane, qui ne survit pas à la première séance. En 1946, suite à une nouvelle fugue, il se retrouve au Centre d’observation pour mineurs délinquants de Villejuif.

Fuyant une peine d'amour, il se porte volontaire, en 1950, au sein de l'armée française. Passage remarqué, mais dont on ne peut dire qu'il fût remarquable. Après avoir passé quelque temps en prison pour désertion, Truffaut, aidé d’André Bazin rencontré quelques années auparavant, est réformé pour cause d’«instabilité caractérielle». Bazin, que Truffaut considère comme un père, l’accueille sous son toit et l’encourage à poursuivre ses écrits sur le cinéma qu’il avait entrepris avant son entrée dans l’armée.

Truffaut collabore à diverses revues, dont Elle et La Gazette du Cinéma, et, en 1953, fait son entrée aux Cahiers du cinéma. Il se fait rapidement connaître par ses opinions tranchées et ses critiques acerbes. En 1954, il publie dans les Cahiers un article intitulé «Une certaine tendance du cinéma français», violente mise en accusation de l’école du réalisme psychologique dont il dénonce les pratiques et l’attachement à une certaine «tradition de la qualité». Il affirme également l’importance du metteur en scène en tant que véritable auteur d’un film. Cet article est considéré par plusieurs comme l’acte de naissance du mouvement de la «Nouvelle Vague». Dans la revue Arts, où il tient la chronique Cinéma et dans les Cahiers, avec les autres rédacteurs Jacques Rivette, Jean-Luc Godard, Claude Chabrol et Eric Rohmer, il élabore et défend cette vision qui marquera le monde cinématographique.

En 1957, il épouse Madeleine Morgenstern, fille d’un distributeur très respecté dans le milieu. La même année, Truffaut troque la plume pour la caméra. Il tourne Les Mistons, d’après une nouvelle de Maurice Pons, un court-métrage avec Gérard Blain et Bernadette Lafont qui raconte les méfaits d’une bande de jeunes garçons. Pour faire ce film, Truffaut fonde, avec l’aide de son beau-père, sa propre maison de production, Les Films du Carrosse, nommé ainsi en hommage à Jean Renoir (Le Carrosse d’or, 1953)

C’est toutefois avec les Quatre Cents Coups, dont le début du tournage en novembre 1958 est marqué par la mort d’André Bazin, que Truffaut fait sa marque. L’histoire scénarisée par Truffaut est en partie autobiographique. Elle raconte la vie mouvementée d’un jeune adolescent parisien, Antoine Doinel, interprété par Jean-Pierre Léaud. Ce film vaut à Truffaut le prix de la meilleure mise en scène au Festival de Cannes en 1959. Il marque également le début d’une longue et fructueuse collaboration avec Léaud qui reprendra à quatre reprises (Antoine et Colette en 1961, Baisers volés en 1968, Domicile conjugal en 1970 et L’amour en fuite en 1978) le rôle d’Antoine Doinel, constituant ainsi une série remarquable et unique dans l’histoire du cinéma où l’évolution d’un personnage est étroitement liée à celle d’un comédien.

Après Tirez sur le pianiste où Charles Aznavour tient le dangereux rôle titre, Truffaut tourne, en 1961, Jules et Jim dans lequel il raconte l’histoire d’un triangle amoureux entre une femme (Jeanne Moreau) et deux hommes (Henri Serre et Oskar Werner).

Avec Fahrenheit 451 (1966), Truffaut fait une de ses rares incursions dans le monde de la science-fiction (on le verra également interprétant un scientifique français dans le film Rencontre du troisième type de Steven Spielberg). Ce film marie ses deux grandes passions: la littérature et le cinéma. Truffaut y décrit un monde où les livres sont interdits et brûlés par les pompiers.

En marge de son travail cinématographique, Truffaut poursuit l'écriture. Il publie en 1966, un ouvrage marquant sur Alfred Hitchcock qu'il estime l'un des plus grands maîtres du septième art. Le Cinéma selon Hitchcock demeure encore aujourd’hui un des incontournables de la littérature sur le cinéma.

Au début de 1968, suite à l’éviction, par André Malraux, d’Henri Langlois de la Cinémathèque française, Truffaut, alors en plein tournage de Baisers volés, prend activement la défense du fondateur de cette institution. «L’affaire Langlois» suscite de vives réactions qui vont jusqu’au boycott du Festival de Cannes. Les protestations entourant cette affaire sont le prologue des événements de Mai 68. Après plusieurs semaines, le gouvernement cède finalement et Langlois est réintégré dans ses fonctions.

Jusqu’en 1982, Truffaut tournera pratiquement un film par année signant, entre autres, L’Enfant sauvage (1969) dans lequel il tient un des rôles principaux, Deux anglaises et le continent (1971), La nuit américaine (1973), un film sur le cinéma qui lui vaudra l'Oscar du meilleur film étranger, L’histoire d’Adèle H. (1975) avec Isabelle Adjani dans le rôle de l’une des filles de Victor Hugo, L’Homme qui aimait les femmes (1977), Le dernier métro (1980) où il réunit Catherine Deneuve et Gérard Depardieu, La femme d’à côté (1981) avec Depardieu et Fanny Ardant que Truffaut épouse la même année, et Vivement dimanche ! (1982), son dernier film, mettant en vedette Fanny Ardant et Jean-Louis Trintignant.

À l’été 1983, après avoir travaillé à l’édition définitive de son livre sur Hitchcock, Truffaut est victime d’une hémorragie cérébrale. Malgré une opération au cerveau, François Truffaut s’éteint un an plus tard, le 21 octobre 1984. Il laisse une œuvre importante: 21 films, 3 courts-métrages, 10 livres et des centaines d’articles.

En 1988, Claude Miller, qui fut directeur de production sur beaucoup des films de Truffaut, porte à l’écran La petite voleuse, dernier scénario auquel Truffaut ait travaillé.

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