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Diplomate

Essentiel

«Traditionnellement, les affaires étrangères (...) font l'objet de peu de discussions parlementaires. Petit à petit, les alliances à nouer et à dénouer, les batailles à mener, les orientations des relations diplomatiques sont sorties de l'agora pour se réfugier dans les cabinets des gouvernements. Pour reprendre les mots de Guizot, «la diplomatie en naissant tomba dans la main des rois; et l'idée qu'elle leur appartenait exclusivement, que le pays, même libre, même ayant le droit de voter ses impôts et d'intervenir dans ses affaires, n'était point appelé à se mêler de celles du dehors; cette idée (...) s'établit presque dans tous les esprits en Europe, comme un principe convenu, une maxime de droit commun» (1). De fait, ces affaires étaient jugées trop importantes pour être confiées à des élus, toujours prompts à contester bruyamment et à dire leur différence. Comme le soulignait Albert de Broglie, «on a pu accorder (...) à la politique qui se fait sur la place publique tous les mérites, excepté la discrétion et la prudence». (...) «Les différends dont dépend la paix des États étaient discutés paisiblement, discrètement à huis clos, sans être envenimés par les violences ou les caprices de l'opinion.» (2).»

(1) Guizot, Cours d'histoire moderne, Paris, Pichon et Didier, 1828, p. 20-21
(2) Albert de Broglie, La diplomatie et le droit nouveau, Paris, M. Lévy, 1868, p. 100 et 156

Commission des finances de l'Assemblée nationale française, La réforme de la coopération. Rapport d'information no 3283 (26 septembre 2001). Rapporteur: Alain Barrau

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Les choses ont-elles radicalement changé aujourd'hui? Bien sûr, "la société démocratique exige de participer, d'être tenue au courant des actions que l'on mène en son nom."; aussi la diplomatie doit-elle "obéir aux mêmes règles de libre débat et faire l'objet d'un contrôle, règles auxquelles sont soumises d'autres politiques" (ibid.). Mais les décisions essentielles ne se prennent-elles toujours pas derrière des portes closes?

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Jean de La Bruyère
Passage tiré de: Les caractères ou les moeurs de ce siècle