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Milosz Czeslaw

30 / 06 / 1911
Czeslaw Milosz naquit le 30 juin 1911 (il vient tout juste de célébrer son 90e anniversaire), à Szetejnie, Lituanie, de Weronika Kunat et d’un père ingénieur, Aleksander Milosz. Ses premières années, qu’il a évoquées dans son roman Sur les bords de l’Issa, furent baignées du mystère de cette société paysanne traditionnelle encore proche du paganisme. Après la Première Guerre mondiale, sa famille s’établit dans la ville (alors polonaise) de Wilno (aujourd’hui Vilnius, capitale de la Lituanie), où il poursuit ses études secondaires et universitaires. Sa première éducation porte une forte empreinte religieuse, ce qui n’étonne pas dans un pays majoritairement catholique comme la Pologne, empreinte qui marquera son œuvre ultérieure. En 1934, obtient son diplôme en droit de l’Université de Wilno.

Par la suite, Czeslaw séjourne une année à Paris, où il rencontre son oncle, le poète métaphysicien Oscar Vladislav de Lubicz Milosz, qui aura une influence déterminante sur son cheminement intellectuel. L’aîné fait en effet découvrir au cadet la pensée de Simone Weil (il traduisit plus tard certains de ses écrits en polonais) ainsi que celle du théosophe suédois Emmanuel Swedenborg. Bien des années plus tard, en manière d’hommage, il devait assurer la direction des Cahiers de l’Association des Amis d’Oscar Milosz.

C’est en 1933 qu’il fait ses débuts littéraires avec la parution d’un premier recueil de poésie, Poemat O Czasie Zastyglym. L’année suivante, il reçoit la première d’une longue série de distinctions, soit le prix littéraire de l’Union des écrivains polonais. Ses débuts au sein des cercles intellectuels le situent à gauche de l’éventail politique, une teinte idéologique qui va lui faire perdre, en 1937, le poste qu’il occupe à la radio de Wilno. Il est alors l’une des figures montantes de l’avant-garde poétique et littéraire polonaise, co-fondateur, à Wilno, d’un cercle littéraire, le Zagary, qui reflétait bien la tendance apocalyptique et « catastrophiste » des intellectuels de cette époque troublée.

Il vécut la Seconde Guerre mondiale et l’occupation allemande dans la capitale polonaise, et mit ses talents littéraires au service de résistance antinazie. Sous la pression du réel, c’est à cette époque qu’il s’éloigne du formalisme des courants artistiques qui l’avaient jusque-là séduit.

Après la guerre, le nouveau pouvoir communiste le remarque et il oeuvrera à titre de diplomate, entre 1946 et 1951, à Washington et à Paris. À cette époque, s’il est encore attaché à ses idéaux socialistes, il prend peu à peu ses distances avec un régime dont il voit avec horreur se durcir les traits staliniens.

La rupture sera consommée en 1951, alors qu’il quitte la Pologne et obtient l’asile politique en France. Il s’installe à Paris où il se consacrera désormais à l’écriture. Son essai, La pensée captive, paru en 1953, analyse subtile de l’attrait funeste de l’homme contemporain, et en particulier des intellectuels, pour le totalitarisme, montre par ailleurs l’étendue de sa désillusion.

En 1960, il quitte la France pour les États-Unis, où il enseignera la littérature polonaise à l’Université Berkeley de Californie jusqu’en 1978. Il ne devait retourner pour la première fois en Pologne qu’en 1981, à l’époque du mouvement Solidarité. La chute de celui-ci et le retour de la dictature lui firent reprendre la route de l’exil. L’effondrement du régime communiste en Pologne à la fin des années quatre-vingts lui a cependant permis de retrouver avec sa patrie d'origine. Le nonagénaire réside maintenant à Cracovie.

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