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Corporatisme

L’idée de corporatisme est confuse parce qu’il y a contradiction entre les deux principaux usages que l’on fait du mot. Selon la doctrine corporatiste, qui donne son premier sens au mot, les intérêts des groupes doivent être subordonnés au bien commun. Dans son usage le plus courant, le mot corporatisme désigne pluôt l’attitude d’artisans, de professionnels ou d’ouvriers, regroupés tantôt dans un syndicat, tantôt dans une corporation, qui font passer leurs intérêts avant le souci du bien commun.

Que dit la doctrine? :«Abandonnant tout ensemble le principe de l’individu isolé devant l’État et la pratique des coalitions ouvrières et patronales dressées les unes contre les autres, il [l’ordre nouveau corporatiste] institue des groupements comprenant tous les membres d’un même métier : patrons, techniciens, ouvriers. Le centre du groupement n’est donc plus la classe sociale, patronale ou ouvrière, mais l’intérêt commun de tous ceux qui participent à une même entreprise. »1

Tel est le corporatisme. On a dit qu’il était un socialisme pour les bourgeois. Ses fondateurs tentèrent de combiner les avantages du capitalisme avec ceux du socialisme. Le corporatisme a la forme extérieure du capitalisme, il admet la propriété et la gestion privée, mais il confie à l’État, comme le fait le socialisme, le contrôle de la circulation des biens matériels.

L’économiste roumain Mihail Manoïlesco en fut le principal promoteur en Europe. Au cours de son histoire, dont l’essentiel se situe entre les deux guerres mondiales du XXe siècle, mais qui s’ébauche déjà au début du XIXe siècle, le corporatisme a existé sous d’autres formes, celle du corporatisme d’association par exemple. C’est ce type de corporatisme que préconisait la tradition sociale chrétienne, illustrée par Albert de Mun et Henri de la Tour du Pin.


1- Maréchal Philippe Pétain, 1er mai 1941

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