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Chat

Voici le chat, décrit par Buffon, ce chat que l'on jugeait sévèrement au XVIIIe siècle parce qu'alors, la principale qualité recherchée chez les animaux domestiques était la soumission à l'homme. «[...] quoique ces animaux, surtout quand ils sont jeunes, aient de la gentillesse, ils ont en même temps une malice innée, un caractère faux, un naturel pervers que l'âge augmente encore et que l'éducation ne fait que masquer. [...] Ils prennent aisément des habitudes de société, mais jamais des moeurs: ils n'ont que l'apparence de l'attachement; on le voit à leurs mouvements obliques, à leurs yeux équivoques; ils ne regardent jamais en face la personne aimée; soit défiance ou fausseté, ils prennent des détours pour en approcher, pour chercher des caresses auxquelles ils ne sont sensibles que pour le plaisir qu'elles leur font. Bien différent de cet animal fidèle, dont tous les sentiments se rapportent à la personne de son maître, le chat paraît ne sentir que pour soi, n'aimer que sous condition, ne se prêter au commerce que pour en abuser; et, par cette convenance de naturel, il est moins incompatible avec l'homme qu'avec le chien, dans lequel tout est sincère...».

Jusqu'au XVIIIe siècle, le chat avait d'abord été l'ennemi des rats. C'est pour cette raison par exemple que Colbert l'avait rendu obligatoire sur les bateaux. Il faut se souvenir que les raticides chimiques n'existent que depuis peu.

C'est à partir du moment, note Robert Delort , où le chat cessa d'être opérationnel qu'il put enfin jouir de l'affection des hommes.

Essentiel

« Eh bien! oui, je l’avoue, j’ai toujours eu pour eux un grand faible. – Mais d’où cela vient-il? C’est qu’en mille choses, je sens en eux des personnes. Leurs défauts mêmes, car ils savent bien ma faiblesse, et parfois en abusent, ajoutent à l’illusion. Ils me résistent ou me viennent librement; ils s’offensent d’une injure, ne se courbent pas servilement sous la main qui les frappe sans raison, par caprice. Cela est fier, et cela me plaît. Leurs caresses sont plus rares que chez le chien, toujours prêt à lécher la main d’un maître qui n’y fait plus guère attention. Cette réserve leur sert, car c’est sagesse de savoir être soi et se garder, de donner ou de refuser à ses heures. » (Madame Jules Michelet, « Mes chats » (première partie), Revue de Paris, 15 octobre 1903)

Poèmes de

Paule Rózsavölgyi

 

Chats
Bottés fourrés
Chats doux dont je suis fou
Baronnets des trottoirs
Et princes des gouttières
Chats d’Europe
Vous que l’on dit sans race
Que l’on tourmente ou que l’on chasse
Qui vous achète ?
Vous vous donnez !
Vous vous donnez comme un bon sort
Au coin des rues les bonnes fées
Vous vous donnez
Royalement
Comme les reines à leurs amants

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Car j’aime je l'avoue
Les chats doux
Elastiques et secrets

Je les regarde s’étirer
Seigneurs fauves
Dont les larges prunelles
Refusent de ciller

Poètes, assujettis à vos nombreux caprices
Souvent nous contemplons avec étonnement
La force de vos bonds
Interrompant soudain les méditations
Dont vous faîtes délices

Et quand le soir
Dans la lumière qui s ' efface
Sans bruit
Vous glissez dans la nuit
On croit voir passer
Mystérieuse
L’ombre d’un dieu ancien
Dont s’est perdu il y a longtemps
La trace
Dans le sable égyptien

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