Merci d'encourager L'Agora
Faites un don via Paypal
Le site est en cours de modernisation. Nous vous invitons à utiliser la recherche pour repérer les contenus qui vous intéressent. Merci de votre patience et bonne lecture.

Caravage

29 septembre 1571-18 juin 1610

Longtemps connu comme le peintre qui avait entraîné l'art aux «confins de la laideur», en faisant place dans ses tableaux religieux à des personnages choisis dans la rue, hommes de peine, prostituées, fatigués et déchus, il a fallu attendre les travaux de Roberto Longhi à la fin du XIXe pour redécouvrir en lui un des grands réformateurs de la peinture en Europe, égarée à la fin du XVIe dans le maniérisme de la Haute Renaissance ou dans les excès baroques de la Contre-réforme. Mais l'Europe du temps du Caravage n'était pas prête à contempler la vérité brute, toute ordinaire et banale à laquelle il voulait faire place dans la peinture.

Son traitement original des grands sujets religieux repose sur une maîtrise exceptionnelle du réalisme, la représentation de personnages dotés d'une puissante corporéalité, souvent chargée d'un érotisme ambigü. L'atelier de l'artiste devient un antre obscur où ne percent que des rayons crus de lumière; le noir envahit la surface du tableau, du dialogue dramatique entre ombre et lumière monte surgit une théâtralité nouvelle dont s'inspirera notamment Le Poussin et à sa suite les peintres classicistes. De la Tour, Ter Bruggen, Vélasquez, Rubens, Rembrandt, voici autant de peintres qui doivent à la rencontre du caravagisme une part de leur grandeur.

«Il est difficile de regarder la peinture de Caravage en faisant abstraction des aspects rocambolesques de la vie, difficile de ne pas chercher dans sa peinture confirmation de tout ce que les biographes, sitôt après sa mort mystérieuse, ont écrit et sous-entendu: un peintre mauvais garçon, mauvais coucheur, assassin, brutal, mal embouché, trouvant son inspiration dans les rues sombres, sans doute homosexuel.» (Charles Sigel, émission "L'humeur vagabonde" sur Espace 2, Radio Suisse-Romande). Le Caravage est le «mauvais sujet» de l'histoire de la peinture. Sa fin tragique, ses démêlés constants avec la justice, l'érotisme de ses tableaux de jeunesse, le ton provocateur de ses oeuvres religieuses ont alimenté la curiosité et les spéculations des historiens depuis sa mort.

Articles


Article «Caravage» de la Grande Encyclopédie

P. Mantz
Article encyclopédique sur le Caravage datant de la fin du XIXe siècle. Il a fallu les premiers travaux de Longhi pour attendre de jeter de la lumière sur son oeuvre et faire la part entre le mythe et la vérité historique. Dans cet article, l'au