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    Impression du texte

    Weil Simone

    Philosophe française (1909-1943). Soeur cadette d'André Weil, un enfant prodige, appelé à devenir un grand mathématicien, fille d'un médecin qui adhérait aux dogmes positivistes de la science de son époque, Simone Weil a eu la rigueur comme langue maternelle; une rigueur alliée, dès le plus jeune âge, à une passion de l'absolu qui inspira le  au philosophe Gustave Thibon, l'ami à qui elle avait confié ses principaux manuscrits: «Elle connaissait, elle vivait la distance désespérante entre “savoir” et “savoir de toute son âme” et sa vie n'avait pas d'autre but que d'abolir cette distance.» Cette passion de l'absolu la conduisit à l'usine, puis à la guerre d'Espagne, puis en Italie, dans les lieux, Assise en particulier, qui avaient inspiré saint François. Elle devait mourir en Angleterre, où elle était venue, après un détour par les États-Unis, conduite par son désir, non réalisé, de créer en France un service d'infirmières de première ligne. Et à trente-quatre ans, en dépit d'une vie très active et d'une migraine qui ne lui laissait guère de répit, elle avait accompli une oeuvre dont on n'a pas encore mesuré l'ampleur et la qualité. Albert Camus, celui qui a publié plusieurs de ses oeuvres,Oppression et liberté, L'Enracinement, La Condition ouvrière, Pensées sans ordre concernant l'amour de Dieu dans la collection « Espoir » chez Gallimard, a écrit à son sujet: «Il me paraît impossible d'imaginer pour l'Europe une renaissance qui ne tienne pas compte des exigences que Simone Weil a définies.»

     

    Biographie

    Simone Weil ou la synthèse de la méthode et de la purification

    «La méthode dans les sciences, la purification dans la vie personnelle sont les deux conditions de la vérité. Si vous négligez la première, vous n'aurez de vous-mêmes et du monde qu'une image floue; si vous négligez la seconde, le savoir essentiel, qui donne sens à la vie, vous échappera toujours, votre science se limitera à l'enchaînement des faits et des signes abstraits.

    L'Occident moderne a négligé la purification. Il en est résulté cet univers intellectuel, dont nous sommes à la fois les responsables et les victimes, où le mot vérité ne conserve de sens que dans les sciences, tandis que le domaine du sens est abandonné à l'opinion subjective: "Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà!"».

    Simone Weil a souffert constamment, et de façon aiguë, de ce rétrécissement du domaine de la vérité. Sa vie, comme son œuvre, auront consisté en un effort continu pour rétablir la légitimité de la rigueur intellectuelle dans la vie intérieure et celle de l'inspiration dans les sciences.

    Source et suite

    Oeuvres

    Manuscrits

    Fonds Simone Weil (département des manuscrits (division occidentale), Bibliothèque nationale de France)
    Photographie de deux pages d'un cahier inédit de S. W. datant de 1940-1941 (exposition "Brouillons d'écrivains", Bibliothèque nationale de France, 2001)

    Livres

    1947 - La Pesanteur et la Grâce. Préface de Gustave Thibon. Paris, Plon. Réédition: Presses Pocket, 1991, collection « Agora ».

    1949 - L'Enracinement. «Prélude à une déclaration des devoirs envers l'être humain». Paris, Gallimard. Rééditions: Gallimard, 1962, collection « Idées »; Gallimard, 1990. On peut en télécharger le texte sur le site Les Classiques des sciences sociales. À noter : si cet ouvrage est du domaine public au Canada, il ne l'est pas encore dans les pays de l'Union européenne.
    Voir aussi, en langue anglaise : Two Moral Essays. Draft for A Statement of Human Obligation and Human Personality. Édité par Ronald Hathaway. Wallingford, Pennsylvanie, Pendle Hill Publications, 1981.

    1949 - Attente de Dieu. Introduction de Joseph-Marie Perrin, o.p. Paris, La Colombe, Éd. du Vieux Colombier. Rééditions: Fayard, 1969; Éd. du Seuil, 1977. On peut en télécharger le texte sur le site Les Classiques des sciences sociales. À noter : si cet ouvrage est du domaine public au Canada, il ne l'est pas encore dans les pays de l'Union européenne.
    Traduction en langue anglaise : Waiting For God, Capricorn Books, 1951 (Universal Digital Library) - on peut télécharger l'ouvrage sur le site Internet Archive


    1950 - La connaissance surnaturelle. Paris, Gallimard, Coll « Espoir ».

    1951 - Intuitions pré-chrétiennes. Paris, La Colombe, Éd. du Vieux Colombier.

    1951 - Cahiers... 1. Paris, Plon, Coll. « L'Épi ». Nouvelle éd. revue et augmentée par Simone Pétrement et André Weil, Plon, 1970.

    1951 - Lettre à un religieux. Paris, Gallimard, Coll « Espoir ». Réédition: Éd. du Seuil, 1999, collection « Livre de Vie ».

    1951 - La condition ouvrière. Avant-propos d'Albertine Thévenon. Paris, Gallimard, Coll. « Espoir ». Nouvelle édition présentée et annotée par Robert Chenavier, Gallimard, 2002. On peut en télécharger le texte sur le site Les Classiques des sciences sociales. À noter : si cet ouvrage est du domaine public au Canada, il ne l'est pas encore dans les pays de l'Union européenne.
    Recension : Vianney Delourme, "Vivre pour comprendre", Parutions.com. Texte mis en ligne le 7 janvier 2003 (à l'occasion de la parution de l'oeuvre dans la collection Folio (Gallimard) l'année précédente)

    1953 - La Source grecque. Paris, Gallimard, Coll. « Espoir ».

    1953 - Cahiers... 2. Paris, Plon, Coll. « L'Épi ». Nouvelle éd. revue et augmentée par Simone Pétrement et André Weil, Plon, 1972.

    1955 - Réflexions sur les causes de la liberté et de l’oppression sociale. Paris, Gallimard, 1955. Texte écrit en 1934. On peut en télécharger le texte sur le site Les Classiques des sciences sociales. À noter : si cet ouvrage est du domaine public au Canada, il ne l'est pas encore dans les pays de l'Union européenne.

    1955 - Venise sauvée. Tragédie en 3 actes. Paris, Gallimard.

    1956 - Cahiers... 3. Paris, Plon, Coll. « L'Épi ». Nouvelle éd. revue et augmentée par Simone Pétrement et André Weil, Plon, 1975.

    1957 - Écrits de Londres et dernières lettres. Paris, Gallimard, Coll. « Espoir ».

    1959 - Leçons de philosophie (Roanne 1933-1934). Transcrites et présentées par Anne Reynaud-Guérithault. Paris, Plon. Rééditions: Union générale d'éditions, 1966; Plon, 1989.

    1960 - Écrits historiques et politiques. Paris, Gallimard, Coll. « Espoir ».
    On peut en télécharger le texte sur le site Les Classiques des sciences sociales. À noter : si les textes qui composent ce recueil sont du domaine public au Canada, il ne le sont pas dans les pays de l'Union européenne.

    1962 - Pensées sans ordre concernant l'amour de Dieu. Paris, Gallimard, Coll. «Espoir».

    1966 - Sur la science. Paris, Gallimard, coll. « Espoir ». Réunit des écrits publiés entre 1932 et 1942. On peut en télécharger le texte sur le site Les Classiques des sciences sociales.

    1980 - Réflexions sur les causes de la liberté et de l'oppression sociale. Paris, Gallimard, Coll. « Idées ». Réédition: Gallimard, 1998.

    1988 - Oeuvres complètes. Publiées sous la direction d'André A. Devaux et de Florence de Lussy. Paris, Gallimard. Tome 1: Premiers écrits philosophiques; Tome 2: Écrits historiques et politiques.

    1999 - Œuvres. Édition établie sous la direction de Florence de Lussy. Paris, Gallimard, Coll. « Quarto ».

    Correspondance

    Seventy letters. Éd. par Richard Rees. London, Oxford University Press, 1965. Ce recueil, qui comprend des textes édités et des inédits, est le seul ensemble de lettres weiliennes qui existe actuellement.

    Simone Weil/Joë Bousquet. Correspondance. Avant-propos de Jil Silberstein. Lausanne, L'Âge d'Homme, 1982.

    Commentaires

    Portraits et commentaires

    Portraits par Victor-Henri Debidour, Raymond Aron et Georges Bataille. Commentaires de Cioran, Camus, François Mauriac, Lévinas.

    Portraits

    Victor-Henri Debidour


    «Personnalité brûlante, parfaitement détachée de toutes les postulations du moi, et qui porte vers la seule Justice et la seule Vérité toutes les forces d'une âme entièrement ordonnée au bien et, si j'ose dire, fougueusement pacifiée. De là vient qu'à l'instant même où la pensée est presque intolérablement abrupte, cruelle et injuste par rapport à ce que nous nommons douceur et justice, nous la sentons aussi animée par une tendresse supérieure; de là vient que le refus de toute sensiblerie, de tout accommodement soit ici le chemin, naturel et surnaturel, d'une souplesse d'autant plus authentique qu'elle est sans mollesse superficielle.

    Veut-on un exemple précis ? Il n'est que de lire les extraits qui ont été publiés des lettres qu'elle écrivit de Londres, peu avant sa mort, à ses parents restés en Amérique. Elle s'y montre attentive à les rassurer, à leur taire ses angoisses, ses déceptions, le délabrement tragique de sa santé (étant déjà à l'hôpital, elle leur donne encore son adresse habituelle pour ne pas les alarmer); les mouvements de tendresse, filtrés bien sûr par son besoin farouche d’effacement, n'en sont que plus émouvants:

    «Je voudrais tant que vous soyez capables de jouir pleinement, vraiment, du ciel bleu, des levers et couchers de soleil, des étoiles, des prairies, de la poussée des fleurs, des feuilles et du bébé. Partout où il y a une belle chose dites-vous que je suis là. Je me demande s'il y a des rossignols américains?»

    Victor-Henri Debidour, Simone Weil ou la transparence, Librairie Plon, Paris, 1963.



    Raymond Aron


    «Suzanne (sa femme) était aussi très liée à Simone Weil, dans la même classe qu’elle pendant les trois dernières années du lycée. «J’hésite à rien écrire sur Simone Weil, tant cette femme d’exception est devenue un objet de culte; toute remarque que n’inspire pas l’admiration qu’elle mérite à coup sûr, risque de passe pour indécente, iconoclaste. [...]

    Elle accueillit avec joie la naissance de notre fille Dominique, comme si elle avait été sienne. Nous nous revîmes plusieurs fois, Simone et Suzanne restèrent fidèles à leur amitié de jeunesse. J’ai beaucoup admiré, à l’époque, le grand article qu’elle publia sur la condition ouvrière; et aussi celui sur l’impérialisme romain, même si ce dernier prête à la critique des historiens. Malgré tout, le commerce intellectuel avec Simone me parut presque impossible. Elle ignorait apparemment le doute et, si ses opinions pouvaient changer, elles étaient toujours aussi catégoriques. [...]

    Elle gardait secrète à l’époque sa vie religieuse, sa foi. Personnellement, je pressentis sa vocation un jour, au jardin du Luxembourg. Nous nous promenions, ou nous promenions Dominique, sous un soleil glorieux. Le jardin était si beau que l’on respirait pour ainsi dire le bonheur. Simone vint vers nous, le visage bouleversé, proche des larmes. À notre question, elle répondit: «Il y a une grève à Shanghai et la troupe a tiré sur des ouvriers.» Je dis à Suzanne que Simone devait aspirer à la sainteté; prendre sur soi toutes les souffrances du monde n’a de sens que pour un croyant ou même, plus précisément, pour un chrétien.

    Je la revis à Londres, en 1943, à son arrivée. Pour la première fois, notre conversation vraie, se prolongea deux heures. Elle me parut semblable à elle-même; il fut question de la guerre, de l’Occupation, de Londres, de la condition privilégiée des Français du dehors. Certaines des idées de L’Enracinement affleuraient dans ses propos.»

    Raymond Aron, Mémoires
    Cinquante ans de réflexion politique
    Julliard, 1983


    Georges Bataille

    «J’ajouterai ici que j’ai rencontré autrefois Simone Weil: bien peu d’êtres humains m’ont intéressé au même point. Son incontestable laideur effrayait, mais personnellement je prétendais qu’elle avait aussi, en un sens, une véritable beauté. (Je crois encore que j’avais raison.) Elle séduisait par une autorité très douce et très simple; c’était certainement un être admirable, asexué, avec quelque chose de néfaste. Toujours noire, les vêtements noirs les cheveux en aile de corbeau, le teint bistre. Elle était sans doute très bonne, mais à coup sûr un don Quichotte qui plaisait par sa lucidité, son pessimisme hardi, et par un courage extrême que l’impossible attirait. Elle avait bien peu d’humour, pourtant je suis sûr qu’intérieurement elle était plus fêlée, plus vivante, qu’elle ne croyait elle-même. […] Simone Pétrement avait communié avec elle dans l’admiration d’Alain — qui fut leur commun professeur — et de sa doctrine. Mais moralement et intellectuellement, j’imagine qu’elle admira davantage Simone Weil — et sans doute avec raison. De son amie, elle n’a pas vu le côté «néfaste» ni l’extraordinaire inanité. Je dis sans vouloir la diminuer, il y avait en elle une merveilleuse volonté d’inanité: c’est peut-être le ressort d’une âpreté géniale, qui rend ses livres si prenants [..].»

    Georges Bataille, «La Victoire militaire et la banqueroute de la morale qui maudit» Critique,
    No 40, septembre 1949; repris dans Articles 1, 1944-1949, in Oeuvres complètes, Gallimard, 1988.


    Commentaires

    Albert Camus

    «Elle n’était prévenue contre rien sinon contre la cruauté ou la bassesse, qui revient au même. Elle ne méprisait rien sinon le mépris lui-même. Et à la lire, on se dit que la seule chose dont fut incapable sa surprenante intelligence était la frivolité. On lui demande en 1943 un rapport sur la situation morale de la France et elle écrit le livre publié aujourd’hui sous le titre L’Enracinernent, véritable traité de civilisation. Tel est le personnage qui allait toujours, et comme naturellement, à l’essentiel.

    L’Enracinement contient plusieurs des clefs qui permettent de comprendre Simone Weil. Mais ce livre, un des plus importants, à mon sens, qui ait paru depuis la guerre, jette aussi une lumière puissante sur l’abandon où se débat l’Europe. Et il fallait peut-être la défaite, l’hébétude qui l’a suivie et la méditation taciturne que tout un peuple a poursuivie dans les années obscures, pour que des idées aussi inopportunes, des jugements qui renversent tant d’idées reçues, qui ignorent tant de préjugés, puissent trouver enfin chez nous leur exact retentissement.
    «L’histoire officielle, dit Simone Weil, consiste croire les meurtriers sur parole et plus loin: «Qui peut admirer Alexandre de toute son âme, s’il n’a l’âme basse?» Dans le temps de la puissance et au siècle de l’efficacité, ces vérités sont provocantes. Mais il s’agit d’une provocation tranquille: ce sont les certitudes de l’amour. Imaginons seulement la solitude d’un pareil esprit dans la France d’entre les deux guerres. Qui s’étonnerait que Simone Weil se soit réfugiée dans les usines, ait voulu partager le sort des plus humbles? Quand une société court irrésistiblement vers le mensonge, la seule consolation d’un cœur fier est d’en refuser les privilèges. On verra dans L’Enracinement quelle profondeur avait atteint ce refus chez Simone Weil. Mais elle portait fièrement son goût, ou plutôt sa folie, de vérité. Car si c’est là un privilège, il est de ceux qu’on paie à longueur de vie, sans jamais trouver de repos. Et cette folie a permis à Simone Weil, au-delà des préjugés les plus naturels, de comprendre la maladie de son époque et d’en discerner les remèdes.

    Il me paraît impossible en tout cas d’imaginer pour l’Europe une renaissance qui ne tienne pas compte des exigences que Simone Weil a définies dans L’Enracinement. C’est toute l’importance de ce livre. En vérité, cette œuvre tout entière consacrée à la justice, une justice l’attend qui la portera peu à peu à ce premier rang que son auteur refusa obstinément durant sa vie. «La conquête, disait-elle, est l’ersatz de la grandeur.» Et elle n’a rien cherché à conquérir. Mais dès l’instant de ce renoncement, la voilà qui persuade. C’est ainsi, je suppose, que la vraie grandeur, sur laquelle Simone Weil a dit tant de choses profondes, s’obtient. Grande par un pouvoir honnête, grande sans désespoir, telle est la vertu de cet écrivain. C’est ainsi qu’elle est encore solitaire. Mais il s’agit cette fois de la solitude des précurseurs, chargée d’espoir.»

    Albert Camus, «Simone Weil», Bulletin de la NRF, juin 1949.


    Cioran


    Il y a chez Simone Weil un côté Antigone, qui l’a préservée du scepticisme et l’a rapprochée de la sainteté. Simone Weil — cette femme extraordinaire, d’un orgueil sans précédent, et qui se croyait sincèrement modeste. Une telle méconnaissance de soi chez un être aussi exceptionnel est confondant. En fait de volonté, d’ambition, et d’illusion (je dis bien, illusion) elle aurait pu rivaliser avec n’importe quel grand délirant de l’histoire contemporaine.

    Je lis, entre l’admiration et l’exaspération, une vie de Simone Weil. Son immense orgueil me frappe encore plus que son intelligence.

    Longue discussion, hier soir, avec un poète hongrois (Pildusky) sur Simone Weil, qu’il considère comme une sainte. Je lui dis que je l’admire également mais qu’elle n’était pas une sainte, qu’elle avait en elle trop de cette passion et intolérance qu’elle détestait dans l’Ancien Testament dont elle est sortie et auquel elle ressemble malgré le mépris où elle le tenait. C’est un Ézéchiel ou un Isaïe féminin. Sans la foi, et les réserves que celle-ci implique et impose, elle aurait été d’une ambition effrénée. Ce qui ressort chez elle, c’est la volonté de faire accepter à tout prix son point de vue, en brusquant, en violentant même l’interlocuteur. J’ai dit encore au poète magyar qu’elle avait en elle autant d’énergie, de volonté et d’acharnement qu’un Hitler…

    Là-dessus, mon poète ouvrit de grands yeux et me regarda intensément comme s’il venait d’avoir une illumination. À mon étonnement il me dit: «Vous avez raison…»

    Ces deux Juives extraordinaires: Édith Stein et Simone Weil. J’aime leur soif et leur dureté envers elles-mêmes

    Cioran, Cahiers (1957-1972), Gallimard, pp. 226, 372, 375, 376, 474, 620, 657, 816.


    Emmanuel Lévinas

    L’intelligence de Simone Weil dont ne témoignent pas seulement ses écrits, tous posthumes, n’avait d’égale que sa grandeur d’âme. Elle a vécu comme une sainte et de toutes les souffrances du monde. Elle est morte. Devant les trois abîmes qui nous séparent d’elle — et dont un seul est franchissable — comment parler d’elle, et surtout, comment parler contre elle? [...]

    On a reproché à Simone Weil d’avoir ignoré le judaïsme. Et, ma foi, elle l’a ignoré royalement. Mais on se trompe beaucoup en pensant que la culture courante dans ce domaine l’aurait instruite. Elle avait l’exigence d’une pensée et on lui aurait offert ces méditations privées et familiales dont, d’une manière incompréhensible, nous nous contentons pour notre vie religieuse, alors que pour notre vie intellectuelle, il nous faut un Kant ou un Newton. Rencontrer un vrai maître du judaïsme est devenu question de chance. Chance qui dépend beaucoup de celui qui la cherche. Elle est faite de discernement La plupart du temps, on la laisse passer. C’est une différence de potentiel intellectuel entre Simone Weil et une science du judaïsme devenu «oubli de science», tout entière transformée en homilétique ou en philologie, qui constitue la tragédie de ceux que Simone Weil troubla.

    Si l’on veut sans présomption ouvrir un débat il faut donc renoncer à une bataille de théologie et de textes. Il faut se placer sur le terrain de la logique que nous avons en partage avec nos contemporains non juifs, partir des études que nous avons faites comme eux.»

    Emmanuel Lévinas, «Simone Weil contre la Bible», Évidences, n° 2d, 1952, repris dans Difficile Liberté. Essais sur le judaïsme, Albin Michel, 1983.


    François Mauriac

    «Ces deux filles de l’Ancien Testament [Édith Stein et Simone Weil], ces deux cariatides qui se dressent dans la fumée des crématoires, au seuil de l’ère atomique, le Christ les a choisies parmi l’élite pensante d’une France et d’une Allemagne en proie à tous les démons et il en fit dès le départ des possédées, mais du Dieu vivant. Il ne s’agissait pas pour elles d’une attente, mais d’une présence. Simone non baptisée, fut une contemplative autant qu’Édith, la carmélite. «Il faut être tout à fait immobile…», ce mot de Simone, Édith l’a vécu au point d’étonner les autres sœurs.»

    François Mauriac, in Le Figaro littéraire, 23 mars 1963.

    Documentation

    En français (incluant les traductions françaises)

    Adler, Laure. Simone Weil, l'insoumise. Actes Sud, 2009, 269 p.

    Blech-Lidolf, Luce. La pensée philosophique et sociale de Simone Weil. Publications Universitaires Européennes, série XX, vol. 23, Bern, Herbert Lang/Frankfurt A/M., Peter Lang, 1976.

    Breton, Stanislas. « Simone Weil l'admirable », Esprit, mai 1995, pp. 31-46.

    Broc-Lapeyre, Monique et al. Recherches sur la philosophie et le langage : Simone Weil et les langues. Paris, Vrin, 1991, 305 p.

    Cabaud, Jacques. L'Expérience vécue de Simone Weil. Contient de nombreux inédits. Paris, Plon, 1957.

    Cabaud, Jacques. Simone Weil à New York et à Londres: Les quinze derniers mois (1942-1943). Paris, Plon, 1967.

    Canciani, Domenico et al. Simone Weil, l’expérience de la vie et le travail de la pensée.Textes réunis et présentés par C.Jacquier. Arles, Éd. Sulliver, 1998, 298 p.

    Canciani, Domenico. L'intelligence et l'amour. Réflexion religieuse et expérience mystique chez Simone Weil. Paris, Beauchesne, 2000, 222 p.

    Cedronio, Marina, éd. Modernité, démocratie et totalitarisme : Simone Weil et Hannah Arendt. Paris, Klincksieck, 1996, 149 p.

    Chenavier, Robert. Découvrir Simone Weil. Meylan, Cahiers de Meylan, 2000.

    Chenavier, Robert. Simone Weil. Une philosophie du travail. Paris, Cerf, 2001, 723 p. Coll. « La nuit surveillée ». Présentation sur le site de l'éditeur

    Courtine-Denamy, Sylvie. Simone Weil La quête de racines célestes. Paris, Cerf, 2009, 151 p. Coll. « La nuit surveillée ». Une étude tout à fait remarquable par une justesse dans l'analyse où Simone Weil aurait reconnu l'essentiel de sa pensée.

    Davy, Marie-Madeleine. Introduction au message de Simone Weil. Paris, Plon 1954.

    Davy, Marie-Madeleine. Simone Weil. Préf. de Gabriel Marcel. Paris, Éd. Universitaires, 1956. Coll. « Témoins du XXe siècle ». Nouvelle éd. revue et mise à jour, 1961.

    Debidour, Victor-Henry. Simone Weil ou la transparence. Paris, Plon, 1963. Coll. « La Recherche de l'absolu ».

    Dujardin, Philippe. Simone Weil: idéologie et politique. Préface de Colette Audry. Saint-Martin-d'Hères, Presses Universitaires de Grenoble / Paris, Maspero, 1975. Coll. « La Découverte ».

    Fleure, Eugène. Simone Weil ouvrière. Paris, Fernand Lanore, 1955.

    Gabellieri, Emmanuel. Être et don – Simone Weil et la philosophie. Louvain-la-Neuve, Institut Supérieur de philosophie; Louvain / Paris, Peeters, 2003.

    Giniewski, Paul. Simone Weil ou la haine de soi. Paris, Éditions Berg International, 1978.

    Goldschlager, Alain. Simone Weil et Spinoza. Essai d'interprétation. Sherbrooke, Éd. Naaman, 1982. Coll. « Etudes ».

    Gomez-Muller, Alfredo. « Pensée du religieux et exigences de justice : le cas de Simone Weil », dans Jean Greisch et al., Penser la religion. Paris, Beauchesne, 1991. Coll. « Philosophie » # 13.

    Halda, Bernard. L'Évolution spirituelle de Simone Weil. Paris, Beauchesne, 1964.

    Heidsieck, François. Simone Weil: Une étude avec un choix de textes. Paris, Seghers, 1965 et 1967. Coll. « Philosophes de tous les temps ».

    Kahn, Gilbert, dir. Simone Weil, philosophe, historienne et mystique. Paris, Aubier Montaigne, 1978. Coll. « Présence et pensée ». [En grande partie: Actes du colloque « Vigueur d'Alain, rigueur de Simone Weil » sous la direction de Gilbert Kahn; Cerisy-la-Salle, 21 juillet-ler août 1974: volet SW. On consultera ici la table des matières.

    Kempfner, Gaston. La Philosophie mystique de Simone Weil. Paris, La Colombe, Éd. du Vieux Colombier, 1960.

    L'Yvonnet, François, dir. Simone Weil, le grand passage, revue Question de no 97, 1994. Paris, Albin Michel, 224 p.

    Levinas, Emmanuel. « Simone Weil contre la Bible », in Difficile liberté. Paris, Albin Michel, 1976, pp. 178-188.

    Little, J. Patricia et André Ughetto, éd. Simone Weil: la soif de l'absolu. Marseille, Sud, 1990.

    Martini, Carlo Maria. Témoins de la Parole : Maximilien Kolbe, Thérèse de l’Enfant-Jésus, Charles de Foucauld, Simone Weil, Georges La Pira, deux fiancés. Traduit de l’italien par H. Vulliez. Paris, Cerf, 1986. Coll. « Épiphanie ».

    Moeller, Charles. Littérature du XXe siècle et christianisme. Tome 1. Silence de Dieu : Camus, Gide, Huxley, Simone Weil, Graham Greene, Julien Green, Bernanos. Paris, Casterman, 1953.

    Narcy, Michel. Simone Weil: Malheur et beauté du monde. Paris, Éd. du Centurion, 1967.

    Narcy, Michel et Étienne Tassin, éd. Les catégories de l’universel : Simone Weil et Hannah Arendt. Paris, L’Harmattan, 2001, 350 p.

    Pauchant, Thierry C. "Simone Weil et l'organisation actuelle du travail", Cahiers Simone Weil, no 21, 1998, p. 111-140 (site de l'auteur, Chaire de management éthique, HEC Montréal)

    Perrin, Joseph-Marie. « À propos de Simone Weil », dans L'Église dans ma vie - Essai de spiritualité d'Église. Paris, La Colombe, 1951, pp. 117-124.

    Perrin, Joseph-Marie et Gustave Thibon. Simone Weil telle que nous l'avons connue. Paris, La Colombe, Éd. du Vieux Colombier, 1952.

    Perrin, Joseph-Marie, Jean Daniélou, C. Durand, J. Kaelin et al. Réponses aux questions de Simone Weil. Paris, Aubier-Montaigne, 1964. Coll. « Les grandes âmes ».

    Perrin, Joseph-Marie. Mon dialogue avec Simone Weil. Préface d'André A. Devaux. Paris, Nouvelle Ci, 1984. Coll. « Rencontres ».

    Pétrement, Simone. La vie de Simone Weil. Paris, Fayard, 1973. Vol. I: 1909-1934; Vol. II: 1934-1943. Nouvelle éd., Fayard, 1997.

    Piccard, Eulalie. Simone Weil. Essai biographique et critique, suivi d'une anthologie raisonnée des oeuvres de Simone Weil. Paris, P.U., 1960.

    Plessis Gray, Francine du. Simone Weil. Montréal, Fides, 2003. Coll. « Grandes figures - Grandes signatures ». Recension de Denis Gagnon, o.p. : "Une femme exceptionnelle", Présence magazine, 96 (2004), p. 33 (reproduit sur le site du Centre étudiant Benoît-Lacroix)

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    Dans le débat théorique sur la pensée weilienne, il faut tenir compte de l'apport fondamental de l'Association pour l'étude de la pensée de Simone Weil, fondée en 1972 (5, rue Monticelli, Paris 14e). L'Association publie la revue trimestrielle Cahiers Simone Weil, Tome I, n° 1, juin 1978 (continuation du Bulletin de liaison de l'association pour l'étude de la pensée de Simone Weil - n°S 1-10, mai 1974 - janvier 1979).

    Documentation en ligne

    Simone Weil: The Afflicted Genius of France.
    C'est le titre d'une émission en 4 épisodes d'une heure que le réseau anglais de Radio-Canada a consacrée à Simone Weil en 1984. Il s'agit d'un émission écoutée dans le monde entier. On peut se procurer les transcriptions sur le site de l'émission. Une nouvelle émission sur Simone Weil, en cinq épisodes d'une heure a été présentée sur la même chaîne du 6 et 10 janvier 2003. Les transcriptions sont disponbiles à l'adresse suivante: Enlightened by love.

    L'Yvonnet, François. Simone Weil, Association pour la diffusion de la pensée française (La Petite Bibliothèque).

    Vimar, Nicolas. "L'amère Weil", Immédiatement, no 7, avril 1998. À propos de l'ouvrage de Simone Pétrement : La vie de Simone Weil.

    Deniel-Laurent, Bruno. Le laideron lumineux, Cancer. Revue transgénique pluridisciplinaire, no 2, septembre 2000.

    Deniel-Laurent, Bruno, Simone Weil. Se battre toujours. Même contre soi.  Marianne, 13 août 2013

    «Ainsi, avant même de se découvrir chrétienne, engagée dès les années 30 dans le gauchisme ouvriériste, Simone Weil a eu la volonté d'incarner sa philosophie à ce point précis - et toujours fuyant - où s'entrecroisent le conçu et l'éprouvé, l'idéal et l'expérience. Loin de trahir ses engagements successifs, elle a fait sienne l'éthique de Chesterton : toute pensée qui ne devient parole est une mauvaise pensée, toute parole qui ne devient acte est une mauvaise parole, tout acte qui ne devient fruit est une mauvaise action.»

    Simone Weil. Entretien avec Jacques Cabaud, premier biographe de la philosophe. Transcription de l'émission «Encounter» du 7 mai 2000 (Radio National, Australie).

    Droz, Claude. Simone Weil : Le monde a besoin de saints ! (site des Dominicains et des Dominicaines en Suisse).

    David, Olivier. "La Grâce dans l'oeuvre de Simone Weil", Sénevé (journal des aumôneries catholique et protestante de l'École normale supérieure et de l'École des Chartes), Noël 2000.

    Cacciari, Massimo. Platonisme et gnose. Fragment sur Simone Weil, dans l'ouvrage du même auteur : DRÂN. Méridiens de la décision dans la pensée contemporaine. Traduit de l’italien et présenté par Michel Valensi. Éditions de l'Éclat, 1998, 176 p. (collection "Philosophie imaginaire")

    Barnaud, Jean-Marie. Le dialogue Joë Bousquet /Simone Weil et la question: «Comment vivre en poésie?» (conférence prononcée lors des rencontres nationales de l'association pour l'étude de la pensée de Simone Weil qui se sont tenues du 28 au 31 octobre 2000 à la Maison des Mémoires - Maison Joë Bousquet de Carcassonne)

    Sontag, Susan. "Simone Weil", The New York Review of Books, vol. 1, no 1, 1er février 1963. Compte rendu de : Simone Weil, Selected Essays. Traduction de Richard Rees. Oxford University Press

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    Grote, Jim. "Prestige : Simone Weil's Theory of Social Force", Spirituality Today, Vol. 42, no 3, automne 1990, p. 217-232

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    Aladro, Eva. "Walter Benjamin- Simone Weil. Una teoría de la atención", Retórica, no 4 (Universidad Complutense de Madrid, Esp.) - en espagnol. Résumé en français : "Deux auteurs légendaires, l´écrivain allemand Walter Benjamin et la française Simone Weil, nous apportent dans leurs oeuvres une théorie de l’attention. Les deux auteurs considèrent l’attention un phénomène inévitable pour permettre la communication de l’expérience et tous les bienfaits esthétiques, moraux, sociaux et matériaux associés avec elle. Les deux auteurs ont en commun une théorie de l'attention non intentionnelle, liée avec le travail physique, et une idée non bipolaire de la communication et une théorie esthétique avec une grande base spirituelle."

    Articles de journaux et de revues italiens où il est question de Simone Weil (Sito Web Italiano per la Filosofia)

    Giacopini, Vittorio. Simone Weil. L'oppressione e il gioco del potere di cui tutti sono vittime (Maestri della non violenza - Società Aperta)

    Documents sonores: vous pouvez écouter à l'aide de Windows Media Player (dernière version nécessaire) une émission de la série "Rencontre spirituelles" consacrée à Simone Weil. Animateur: Raymond Beaugrand-Champagne (Radio Ville-Marie, 3 février 1999); autre émission sur Weil (Radio Ville-Marie, 24 août 1995); sur le site de "Dieu parmi nous")

    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2014-01-08
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    Informations
    Données biographiques
    Nationalité
    France
    Naissance
    3 février 1909, Paris
    Déces
    24 août 1943
    Documents Associés
    Nicolas Vimar
    Marc Chabot
    L'Agora
    Simone Weil
    L'Agora
    Simone Weil
    Jacques Dufresne
    Platon, Mythe de la caverne, Le gros animal, Géométrie, Science, Idées, Dialectique
    Jacques Dufresne
    Dieu, Oeuvre d'art, Providence, Nécessité, Modernité, Force, Bien,
    Jacques Dufresne
    Beauté, art, nécessité, démiurge
    Jacques Dufresne
    Dualisme, Henri Marrou, Charles Moëller,
    Jacques Dufresne
    Alain, Volonté, Corps, Esprit, Liberté
    Jacques Dufresne
    Gnose, Manichéisme, Catharisme, Religions à mystères, Éleusinisme, Bogomilisme,
    Raccourcis

    Témoignage d'Emmanuel Gabellieri
    Recueil de citations de Loïc Meunier
    Thinking God - a Bilingual Simone Weil Reader

    Simone Weil: An Introduction

    Simone Weil (1909–1943). Auteur : Richard Smith, université de Durham, R.-U. Publié dans Joy Palmer (éd.), Fifty Key Educational Thinkers

    Simone Weil, par Susan Sontag, New York Review of Books 1963.

    Associations, organismes
    Association pour l'étude de la pensée de Simone Weil
    American Weil Society
    Lehrhaus für Psychologie und Spiritualität - Institut Simone Weil (Marktheidenfeld, Allemagne)

    Colloques, rencontres diverses
    Simone Weil lectures on human value (Australian Catholic University)


    Site du lycée Simone Weil (Paris, Fr.)


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