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    Impression du texte

    Owen Robert

    Industriel anglais, fondateur d'un système de coopératives communautaires au XIXe siècle.

    Biographie

    Robert Owen, utopiste (Friedrich Engels)
    «Tandis que l'ouragan de la Révolution balayait la France, une révolution moins bruyante, mais tout aussi puissante, s'accomplissait en Angleterre. La vapeur et la machine-outil transformèrent la manufacture en grande industrie et révolutionnèrent tous les fondements de la société bourgeoise. Le paresseux mouvement de la manufacture se changea en une orageuse période de production à haute pression. Avec une rapidité sans cesse croissante, la société se divisa en grands capitalistes et en prolétaires exploités; la petite bourgeoisie, jusque-là la classe la plus stable de la société, se changea en une masse nomade d'artisans et de petits boutiquiers menant une existence tourmentée et formant la partie la plus fluctuante de la population. Cependant le nouveau mode de production n'était qu'au début de sa période ascendante, il était encore le mode de production normal, le seul possible vu les circonstances; et néanmoins il avait déjà produit les plus criantes incongruités sociales: agglomération d'une population vagabonde dans les épouvantables bouges des grandes villes; dissolution de tous les liens traditionnels de la subordination patriarcale et de la famille; surtravail, principalement des femmes et des enfants, poussé à son extrême limite; complète démoralisation des classes ouvrières jetées soudainement dans des conditions toutes nouvelles. C'est alors qu'apparut, comme réformateur, un fabricant de 29 ans; un homme qui alliait à une simplicité enfantine allant jusqu'au sublime, un pouvoir de diriger les hommes comme peu l'ont possédé. Robert Owen s'était approprié la doctrine des matérialistes du XVIIIe siècle: que le caractère de l'homme est le produit, d'un côté, de son organisation native, et, de l'autre, des circonstances qui l'environnent pendant sa vie et principalement pendant sa période de développement. Dans la révolution industrielle, la plupart des fabricants, ses contemporains ne virent que confusion et chaos, bons à leur permettre de pêcher en eau trouble une rapide fortune. Il y vit l'occasion d'apporter l'ordre dans le chaos en mettant en pratique son théorème favori. Il en avait déjà fait un heureux essai à Manchester, dans une fabrique de 500 ouvriers dont il était le directeur. De 1800 à 1829, il appliqua ces mêmes principes, en sa qualité de directeur associé, dans la grande filature de New-Lanark, en Écosse, mais avec une plus grande liberté d'action et avec un succès qui lui valut une réputation européenne. Il transforma une population d'environ 2,500 ouvriers, composée d'éléments divers et pour la plupart démoralisés, en une colonie-modèle où l'ivrognerie, la police, la prison, les procès, l'assistance publique et le besoin de charité privée étaient inconnus.

    Et tout cela simplement parce que les ouvriers étaient placés dans des conditions plus dignes de l'homme, parce que la génération grandissante était soigneusement surveillée. Owen fut le premier inventeur des crèches qu'il introduisit à New-Lanark. Dès l'âge de deux ans, les enfants étaient envoyés à l'école où ils s'amusaient tellement qu'on avait peine à les ramener à la maison. Tandis que ses concurrents travaillaient 13 et 14 heures, il avait réduit le travail dans sa fabrique à 10 heures 1/2. Durant une crise cotonnière qui arrêta le travail pendant 4 mois, les ouvriers continuèrent à recevoir leur paie entière. Néanmoins la fabrique doubla, et au delà, son capital d'établissement, et jusqu'au dernier moment donna aux propriétaires de riches profits.

    Mais tout cela ne satisfit pas Owen. L'existence il avait procurée à ses ouvriers était à ses yeux loin être digne de l'homme. «Ces hommes étaient mes esclaves». Les circonstances relativement favorables dans lesquelles il les avait placés étaient encore bien éloignées de pouvoir permettre un développement complet et rationnel des caractères et des intelligences et encore moins le libre exercice des facultés. — «Un petit groupe de 2,500 hommes produisait plus de richesse réelle pour la société qu'une population de 600,000 hommes n'aurait pu le faire il y a un demi-siècle de cela. Je me demandais: qu'est devenue la différence entre la richesse consommée par ces 2,500 hommes et celle qu'auraient consommée 600,000?» La réponse était simple. Elle a été consacrée à payer aux propriétaires de l'établissement 5% pour le capital engagé, outre un profit réalisé de sept millions et demi (300,000 livres sterling). Ce qui était vrai pour New-Lanark l'était à plus forte raison pour toutes les fabriques de l'Angleterre. «Sans cette nouvelle richesse créée avec l'aide de la machine, on n'aurait pas pu soutenir les guerres contre Napoléon, pour le maintien des principes aristocratiques de la société. Et pourtant cette nouvelle puissance était l’œuvre de la classe ouvrière 6». Elle devait donc lui appartenir. Les nouvelles forces productives qui jusqu'alors n'avaient servi qu'à enrichir la minorité et à asservir les masses devinrent, pour Owen, les bases de la réorganisation sociale; elles étaient destinées à appartenir à la communauté et à n'être employées que pour le bien-être commun.

    De cette manière pratique, conséquence pour ainsi dire du calcul commercial, naquit le communisme de Robert Owen. Il conserva toujours ce caractère pratique. Ainsi, en 1823, Owen proposa de guérir les misères irlandaises au moyen de colonies communistes. Il soumit tout un état détaillé des frais d'établissement, des dépenses annuelles et des revenus probables. Son plan définitif de réforme est étudié si minutieusement et avec une telle connaissance pratique que, si on lui concède sa méthode de réforme, on ne trouve pas d'objection à lui faire même au point de vue technique.

    L'adhésion au communisme fut le moment critique de la vie d'Owen. Tant qu'il se contenta du rôle de philanthrope, il récolta richesse, renommée, honneurs, approbation. Il fut l'homme le plus populaire de l'Europe. Non seulement les bourgeois, mais les hommes d'État, les princes l'écoutaient et l'approuvaient. Mais quand il se fit l'apôtre du communisme, tout changea. D'après lui, trois grands obstacles empêchaient toute réforme sociale: la propriété individuelle, la religion, la forme actuelle du mariage. Il savait ce qui l'attendait s'il les attaquait: bannissement de la société officielle et perte de sa position sociale. Mais rien ne l'arrêta et tout ce qu'il avait prévu arriva. Il fut mis au ban de la société officielle, la presse établit la conspiration du silence autour de lui et, pour comble, ses expériences communistes d'Amérique, dans lesquelles il sacrifia toute sa fortune, le ruinèrent. Il s'adressa directement aux ouvriers et vécut, toujours actif, pendant trente ans au milieu d'eux. À tous les progrès réels, à tous les mouvements sociaux de l'Angleterre intéressant les classes ouvrières, se rattache le nom de Robert Owen. En 1819, après cinq ans d'efforts, il fit passer la première loi qui limitait le travail des femmes et des enfants dans les fabriques; il présida le premier congrès où les trade-unions se réunirent dans une société générale de résistance 7; il introduisit comme mesures transitoires, en attendant une organisation communiste de la société, d'un côté les sociétés coopératives de production et de consommation qui eurent au moins ce mérite de prouver la complète inutilité des négociants et des manufacturiers, et de l'autre les bazars du travail pour l'échange des produits du travail, à l'aide d'un papier-monnaie ayant pour unité de valeur l'heure de travail. Ces institutions échouèrent fatalement, mais elles anticipaient la Banque d'échange que Proudhon établit en 1848. Seulement le papier-monnaie d'Owen ne se présentait pas comme une panacée universelle de tous les maux sociaux, mais simplement comme le premier pas vers une révolution bien plus radicale de toute la société.»

    FRIEDRICH ENGELS, "La matérialisme britannique", in Socialisme utopique et socialisme scientifique, Librairie de l'Humanité, Paris, 1924, trad. Paul Lafargue

    Oeuvres

    Documentation

    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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    Informations
    Références
    Données biographiques
    Nationalité
    Angleterre
    Naissance
    1771
    Déces
    1858
    Raccourcis

    Référence


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