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Sarrazin Michel

1659-1734
Fils de Claude, lieutenant judiciaire des fermiers de l’abbaye de Cîteaux, et de Madeleine de Bonnefon, il naquit à Nuits-Saint-Georges, en Bourgogne, le 5 septembre 1659. L’un de ses frères entra dans les ordres et fut ordonné prêtre. D’après le Supplément de Moreri (1749), le jeune Michel séjourna une année au Séminaire des Missions-Étrangères de Paris; mais il en sortit sur l’avis du Supérieur, qui l’exhorta à étudier la médecine; il suivit ce conseil et devint chirurgien.

Il vint probablement à Québec en 1685, en même temps que les troupes régulières. En 1686, en effet, les administrateurs le nommaient chirurgien-major des troupes par brevet et ordonnance du Conseil souverain. Toutefois, le chirurgien se dévoua simultanément aux malades, soit dans les hôtels-dieu de Québec et de Ville-Marie, soit dans les maisons des habitants de la campagne. En 1689, M. de Frontenac demande au ministre la ratification royale de ce brevet, qui fut accordée le 16 mars 1691. L’année suivante, à l’occasion d’un voyage à Ville-Marie, M. Sarrazin tomba malade et fit son testament devant le notaire Adhémar; et, ramené à Québec après un mois, il en dicta un second. Il fit alors la connaissance de l’hydrographe Franquelin et lia avec lui une solide amitié.

En 1694, il rentrait en France, pour l’espace de trois années. À Paris, l’idée du sacerdoce la hanta encore passagèrement; il fréquenta bientôt les écoles de médecine, puis il obtint le diplôme de docteurs à Reims. En 1697, il revint à Québec avec le titre de médecin du roi, et de médecin en chef, le 14 mai 1699. La même année, il est élu membre correspondant de l’Académie des sciences de Paris, en vue d’étudier l’histoire naturelle du pays. En effet, herboriseur, botaniste, chimiste, biologiste, il composa une série de mémoires sur le castor, le rat musqué, le veau marin, les plantes.

Le 17 juin 1707, il fut nommé membre du Conseil supérieur et prit une part active à ses délibérations; c’était un médiocre appoint aux 600 livres de son salaire officiel. Néanmoins, il tenta d’y suppléer par l’achat et l’exploitation d’une ardoisière et des eaux minérales du Cap-de-la-Madeleine. En 1709, il retournait à Paris, peut-être en raison de sa santé, qui s’accommodait difficilement du climat canadien et du surmenage de ses devoirs professionnels. De retour en 1710, il se décida à prendre femme en 1712 et choisit comme épouse une jeune personne de vingt ans, Marie-Anne Hazeur. Le fief Saint-Jean, correspondant à un quartier de la ville actuelle de Québec, fut alors augmenté de deux seigneuries à Gaspé, celle de la Grande-Vallée-des-Monts et de l’Anse-de-l’Étang, ainsi que de celle de la Malbaie. Par malheur, son ardoisière échoua pratiquement; et sa pêcherie, avec son associé Robert Drouard, et sa ferme de Tadoussac, ne réussirent qu’à le ruiner. En 1734, il mourait à l’Hôtel-Dieu.

Père de sept enfants, dont trois décédèrent au berceau, il vit deux de ses garçons passer en France et l’une de ses filles s’unir à la famille de Varennes.

source: Louis Le Jeune, article "Michel Sarrazin" du Dictionnaire général de biographie, histoire, littérature, agriculture, commerce, industrie et des arts, sciences, moeurs, coutumes, institutions politiques et religieuses du Canada, Ottawa, Université d'Ottawa, 1931, tome 2, p. 615 (ouvrage dans le domaine public; quelques corrections ont été apportées au texte original)

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