
Peintre québécois né en 1944, à l'heure des libérations, en Europe certes, mais aussi au Québec, où s'ébauche cette révolution tranquille qui atteindra ses plus belles heures quand Marius aura vingt ans. À l'école des Beaux-Arts de Québec, il s'intéresse principalement, choix qui eût été hors saison dix ans plus tôt, aux recherches contemporaines en art abstrait et géométrique et c'est vers la sculpture qu'il s'oriente d'abord. Il éprouvera bientôt, notamment à l'occasion de son séjour de deux ans au Hornsey College of Arts de Londres, un attrait irrésistible pour la peinture classique, celle de la Renaissance en particulier. N'allait-il pas tomber ainsi dans cet académisme dont il venait de se détourner? Dans un article intitulé Le péché de Marius Dubois, des oeuvres accessibles à tous, paru en 1994, dans le journal La Presse, Raymond Bernatchez a répondu à cette question à la satisfaction du peintre :« Si les artistes modernes, (et contemporains ensuite) ont acquis de haute lutte, aux dépens de l'académisme justement, le droit de s'exprimer aujourd'hui comme bon leur semble, au nom de quoi Marius Dubois n'aurait-il pas le droit de s'exprimer en toute liberté comme il le conçoit. « Il est temps de peindre le tableau qui ne convient pas dans le siècle qui ne lui convient pas », dira plus tard Marius Dubois, citant le peintre américain Alfred Russsel. S'il faut de l'identité pour se libérer de l'académisme, il en faut encore davantage pour se libérer de l'anti- conformisme établi.
Quand en 1977, à la 1ère Biennale des artistes du Québec, Marius Dubois obtint le Grand Prix pour La chasse, la critique établie lui rappellera qu'il a fait le choix le plus difficile. « Le surréalisme onirique de Dubois est certes appuyé par une technique éblouissante, mais il n'en reste pas moins anachronique et d'un intérêt purement marginal. » Gilles Toupin, La Presse, 1977.
Libre, Marius Dubois, le fut très tôt au point de déclarer son attachement à la beauté. « J'aimerai toujours la beauté. [...] Ma peinture est la voie du désir de Dieu » (Jean Royer, Le Soleil, 30 octobre 1976. Anachronique et marginal ou universel? À l'époque de ses premières expositions c'est l'universel lui-même qui rendait anachronique et marginal. Pour les mêmes raisons, il suffisait d'avouer un penchant vers la beauté, pour être exclu du roymaume de l'art, un art devenu entre temps un moyen de communication insolite.
L'académisme, écrira Jean des Gagniers, un professeur de l'Université Laval, est un véhicule souvent décrié, principalement par ceux qui sont incapables d'y recourir. L'œuvre de Marius Dubois prouve qu'il ne brime pas l'imagination et qu'il ne freine nullement l'inspiration. De fait, par des chemins en apparence familiers, Dubois nous transporte dans son propre univers poétique. Grâce à son art, les dieux revivent au sein de paysages idéalement limpides. En me parlant de ses tableaux, l'artiste m'a dit: « Je veux peindre le jour. »
« Créer, c'est danser dans des chaînes » (Paul Valéry). Marius aimait ces chaînes et en voyait la nécessité. En musique la fumisterie est impossible. Il faut avoir fait ses gammes pour jouer Mozart, même pour mal le jouer. Le grand public ne s'y trompe pas. Il n'en est plus de même en peinture. Tel peintre a tracé son chemin vers la gloire en jetant de l'acrylique sur une toile qui trente ans plus tard sera devenue une croûte si fragile qu'il faudra lui faire subir une chirurgie esthétique complète.
Il n'a pas suffi à Marius Dubois d'admirer les Renaissants. Il a acquis la maîtrise de leur technique. Il précise ainsi sa pensée sur les techniques anciennes : « Ces techniques étaient et sont pour moi restées très belles, et très différentes des moyens d'expression contemporains. À un point tel qu'il serait impensable de vouloir les comparer car les buts recherchés ne sont pas les mêmes. Cet art de peintre qui se transmettait de maître à élève et d'atelier en atelier, me fascine toujours. Ces techniques obligent à travailler beaucoup avec les huiles et les vernis. C'est un peu ce qui a révolutionné la peinture Renaissance. Auparavant, on utilisait le pigment de couleur avec l'albumine de l'oeuf, qui sèche très rapidement, un peu comme l'acrylique d'aujourd'hui. À la Renaissance donc, les peintres recherchaient un médium avec lequel il leur serait possible de faire des fondus de couleurs et qui leur permettraient de prendre plus de temps pour travailler. L'huile permet cela. On peut obtenir des transparences, des superpositions, l'opalescence, ce qui donne finalement, une facture plus réaliste. » À L'AFFICHE, janvier 2002.
MARIUS DUBOIS
146, Chemin du Bout-de-l’Ile Ste-Pétronille, Qc G0A 4C0
Tél. : (418) 828-9870 Courriel : mariusdubois@hotmail.com
ÉTUDES
1964 - 1968 Diplôme en sculpture
École des Beaux-Arts de Québec
« Le cheminement parcouru par Dubois est assez étrange puisque au cours de ses études, il fut principalement intéressé par les recherches contemporaines en art abstrait et géométrique. Ce fut son séjour à Londres qui déclencha une période surréaliste dont les traces subsistent toujours dans son oeuvre. » Jean des Gagniers, Université Laval, 1978.
968 - 1970 Maîtrise en peinture
Hornsey College of Arts, Londres (Angleterre)
« Au Hornsey, je m'étais adonné à la peinture réaliste mais les professeurs m’avaient dit qu’il était inutile de vouloir encore peindre de la sorte. Ils racontaient que dans vingt ans, tous les gens auraient un rayon laser leur permettant de reproduire à la perfection ce qu’ils voudraient!
Je me rappelle qu’à un certain moment David Hockney, qui était alors en vogue, était venu voir nos travaux à l’École. S’arrêtant devant mes toiles, il n’avait pu émettre de commentaires tant il était perplexe. Pourtant je ne peignais pas encore de grands sujets religieux : mon travail se rapprochait de surréalistes comme Magritte.
Le plus amusant c’est que l’année suivant cette visite de Hoekney, j’ai participé à un concours qui s’appelait Young Comtemporaries et s'adressait à tous les finissants des Écoles d’art de Londres. Ma toile représentait un rideau de scène comme on en voyait auparavant dans les théâtres et les salles de cinéma, avec des dégradés d'éclairage et une perspective en trompe-l'œil. J'ai mérité le premier prix de la catégorie peinture avec cette toile, ce qui démontrait que mon travail suscitait de l'intérêt. Je suis donc revenu au Québec avec la ferme intention de peindre comme il me plairait. » À L'AFFICHE, janvier 1992.
1970 - 1985 Études autodidactes en techniques anciennes de peinture
« Cette phase "surréaliste" habitue Marius Dubois à un traitement d'une extrême précision, volontiers miniaturiste et donc à un dessin d'une grande correction. Il exécute alors quelques paysages d'hiver où des personnages, dont certains sont nus, habitent un espace translucide, cristallin, dans un temps qui paraît suspendu. À la recherche de lumière et d'exactitude, Dubois se tourne vers les peintres du passé. »
BOURSES ET PRIX
1978 Ministère des Affaires culturelles du Québec, Boursier
1977 Fondation Elizabeth Greenshields de Montréal, Boursier
1977 Première Biennale de peinture du Québec au Centre Saidye-Bronfman à Montréal, 1er prix en peinture, pour La Chasse:
« Mais l'œuvre de Dubois a trop d’affinités avec le Nouvel Âge pour qu’on puisse exclure l'hypothèse d’un grand commencement. Aux Hospices de Beaune, on nous invite à prendre une loupe pour mieux admirer les détails du Jugement Dernier de Roger Van der Weyden. C’ètait l'époque où chaque poil d'une fourrure faisait l'objet d'un coup de pinceau particulier. Avec la même loupe on éprouve le même émerveillement devant les tableaux de Dubois. Ce besoin de la perfection dans le détail, ce sens de l'analogie qui amène à traiter l'élément comme s'il était déjà l’ensemble, supposent non seulement un intérêt passionné pour la nature et ses prolongements humains, mais encore une vision nouvelle du monde. Au début de notre ère, le monde a d'abord été comparé à une horloge pour être livré ensuite au hasard. à l'émiettement, à l'abstraction et à la manipulation des ingénieurs. Pour Marius Dubois, il est redevenu un objet de contemplation, un être si vivant et si autonome qu'on éprouve le besoin de s'imprégner de sa forme avant de songer à le transformer. Ce peintre est le représentant du mouvement écologique dans ce qu’il a de meilleur. » Jacques Dufresne, « La renaissance de la Renaissance », Le Devoir, 24 février 1979.
EXPOSITIONS COLLECTIVES
2006 Galerie Louise-Carrier, Lévis, Québec Oeuvres préparatoires à la Fresque Desjardins de Lévis.
En collaboration avec : Pierre Laforest, Jean-Claude Légaré, Pierre Lussier
2004 Théâtre Petit Champlain, Québec, Québec
Pour l’Association des Malentendants Québécois
Titre de l’exposition : Entends-tu ce que je vois ?
2003 Villa Bagatelle, Québec, Québec
Pour l’Association des Malentendants Québécois
Titre de l’exposition : Entends-tu ce que je vois ?
1999 Palais Montcalm, Québec, Québec
Titre de l’exposition : Rive Gauche – Rive Droite
1998 Palais Montcalm, Québec, Québec
Titre de l’exposition : Les Peintres Figuratifs
1994 L’ÉLAAC, Montréal, Québec
1994 Maison Louise-Carrier, Lévis, Québec
Exposition de dessins
1993 Maison Louise-Carrier, Lévis, Québec
Titre de l’exposition : La spiritualité dans l’art
1986 Chapelle du Bon Pasteur, Québec, Québec
Titre de l’exposition : Pierre Lussier, Marius Dubois
1983 Musée d’Art Contemporain de Montréal, Montréal, Québec
1983 Musée National des Beaux-Arts du Québec, Québec, Québec
Titre de l’exposition : Des mille manières
982 Musée National des Beaux-Arts du Québec, Québec, Québec
Titre de l’exposition : Dessins au pluriel
1982 Galerie des peintres contemporains, Sherbrooke, Québec
Anne Beauchemin, Marcel Chabot, Pierre Lussier, Jean-Pierre Thériault,
1982 Galerie 67, Québec, Québec
Marcel Chabot, Pierre Lussier, Jean-Pierre Thériault, Marius Dubois
1979 Maison du Canada, Londres (Angleterre)
Boursiers de la Fondation Greenshield
1976 Musée National des Beaux-Arts du Québec, Québec, Québec
Titre de l’exposition : Daoust, Dubois, Lussier, Thériault
1971 Salon Art 3 à la Biennale de Bâle, Bâle (Suisse)
1968 Musée National des Beaux-Arts du Québec, Québec, Québec
Exposition environnementale, titre de l’exposition : « Vacances 68 »
EXPOSITIONS SOLO
2005 Bibliothèque Étienne-Parent, Beauport, Québec
2004 Galerie Riverin Arlogos, Eastman, Québec
2003 Bijouterie Zimmerman, Québec, Québec
1999 Bibliothèque Étienne-Parent, Beauport, Québec
«Il y a longtemps que Dubois chemine dans son univers idyllique. Échappant apparemment à son époque, œuvrant en retrait de la scène artistique officielle, l'artiste beauportois se démarque par son indépendance et semble évoluer dans un monde où les affres du temps n'ont aucune emprise.» Danny Quine, Le Soleil, 2 octobre 1999.
1995 Galerie du Trait-Carré, Charlesbourg, Québec
1994 Galerie Mireille Brisset, Montréal, Québec
1993 Auberge « La Goéliche », Ste-Pétronille, Québec
1991 Mont Ste-Anne, Beaupré, Québec
1990 Auberge « La Goéliche », Ste-Pétronille, Québec
1987 Galerie Bernard Desroches, Montréal, Québec
1986 Musée du Séminaire de Québec, Québec, Québec
1979 Musée des Beaux-Arts de Montréal, Montréal, Québec
1977 Musée Laurier, Arthabaska, Québec
1972 Maison des Arts de La Sauvegarde, Montréal, Québec
1971 Musée National des Beaux-Arts du Québec, Québec, Québec
OEUVRES COMMANDÉES POUR LA BASILIQUE SAINTE-ANNE DE BEAUPRÉ
2006-2007 Triptyque des Pères de l’Église
Décoration de la Chapelle du St-Sacrement
2005-2006 Mgr François de Laval
Bienheureuse Marie de l’Incarnation
2004 La Bienheureuse Catherine de St-Augustin
2003 Katéri Tékakwita
2002 Le couronnement de la Vierge
2001 Le Bienheureux Père Frédéric
2000 Le Bienheureux Frère André
AUTRES COMMANDES
2006 La Fresque Desjardins de Lévis
Marius Dubois, Pierre Laforest, Jean-Claude Légaré, Pierre Lussier
Galerie Louise-Carrier, Lévis
1998 Marguerite à Chateauguay (Église de Plessisville)
1991 Marguerite d’Youville et les pauvres (Église Notre-Dame, Montréal)
1987-1988 Portrait du Gouverneur Général du Canada (Mme Jeanne Sauvé)
1986 Terpsychore, muse de la poésie lyrique – Fresque de 6″ x 6″
(Bibliothèque Anne-Hébert, Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier)
1984 Médaille du Gouverneur Général du Canada (Mme Jeanne Sauvé)
1984 Vierge à l’enfant (Mater salvatoris) pour le Gouvernement du Québec
(Musée du Vatican) Offert au pape Jean-Paul II lors de son passage au Québec.

1984 Notre-Dame du Canada (Église Notre-Dame de Montréal)
1983 Marguerite Bourgeois enseignante (Église Notre-Dame de Montréal)
COLLECTIONS PUBLIQUES
Musée du Collège de Lévis
Musée National des Beaux-Arts du Québec, Québec - Collection permanente
Musée National des Beaux-Arts du Québec, Québec - Collection / Prêts d’oeuvres d’art
Musée de Sherbrooke, Sherbrooke - Collection permanente / Banque d’oeuvres d’art
Musée de l’Université Laval, Québec
Collection Tudor, Montréal
Téléglobe Canada, Montréal
Musée Paul VI, Vatican
Musée du Petit Séminaire de Québec, Québec
Loto-Québec, Québec
Collection Power Corporation, Montréal
ENSEIGNEMENT
1985 Université Laval, Québec
Techniques de peinture à l’huile
1981-1982-1983 Musée National des Beaux-Arts du Québec, Québec
Dessins d’après modèles vivants
CONFÉRENCES
2005 « Portiques II» Bibliothèque Étienne-Parent, Beauport, Québec
1999 « 20 ans de peinture »
Bibliothèque Étienne-Parent, Beauport, Québec
1996 « L’Art intemporel d’Ozias Leduc »
Musée National des Beaux-Arts du Québec, Québec, Québec
1988 « La beauté civilisatrice » Colloque sur l’éducation, Collège Ste-Anne-de-la-Pocatière,
Québec
1987 « La beauté civilisatrice »Colloque sur l’éducation, Centre d'arts Orford, Québec
Un siècle de peinture au Québec (nature et paysage) », Robert Bernier,
Éditions de l’Homme, Montréal, 1999.
Le Nu dans l’art au Québec », Jacques de Roussan.
La Peinture au Québec », Guy Robert.
Le Québec , Ministère des Relations intergouvernementales.
Vie des Arts », no 95, Été 1979.
Vie des Arts », no 85, Hiver 1976-1977, commentaire de Laurier Lacroix sur L'éclipse.

«Marius Dubois recompose cette image toujours contemporaine, en tentant de renouer avec une tradition quasi artisanale. L'artiste est de nouveau créateur de son tableau, dans les tâches manuelles de la préparation des surfaces,des matières picturales. L'œuvre s'élabore lentement autour d'une idée qui évolue en même temps que les études préparatoires. Sur la surface, les touches de couleur, préparées sur la palette, soulignent la valeur exacte de la lumière colorant les objets et les êtres. Peinture réactionnaire, régression vers un surréalisme d'académie? Ne s'agirait-il pas plutôt de la réaction d'un jeune visionnaire découvrant l'apport des techniques anciennes, témoin du mûrissement de son oeuvre et proposant un nouvel idéal de Beauté? Une beauté qui allie symbolisme personnel et contrainte de la tradition.»
« L’image de l’art », Centre de documentation Yvan Boulerice, Montréal.
Documentaire « Québec Plus », Gouvernement du Québec.
Vidéo – Musée National des Beaux-Arts du Québec.
Vidéo – Musée d’Art Contemporain de Montréal.
DOSSIER DE PRESSE
Publications Reportages
1994 - PARCOURS «A la recherche du temps perdu», Virginie Krystcitak.
1994 — LA PRESSE «Le péché de Marius Dubois. Des oeuvres accessibles à tous», R. Bernatchez.
1994 - VOIR «Le beau risque», Michel Bois», Janvier, Québec.
1995 - À LAFFICHE Marius Dubois — «Le peintre, interview»
«Q. Vous avez toujours été un peu à contre-courant. Cela vous a-t-il nui?
R. Cela m'a nui à partir du moment où justement j'ai connu un certain succès, soit vers 1980, après mon exposition au Musée des Beaux-Arts de Montréal. Certains critiques d'art avaient parlé de ma production en termes peu élogieux. Il y eut alors coupure, ou campagne de dénigrement, je ne sais trop, toujours est-il qu'après je n'ai pas reçu d'offre des expositions et des événements majeurs.»
1992 — LA PRESSE «Marius Dubois et Pierre Lussier, Le droit de se faire plaisir», Jocelyne Lepage (13 Juin 1992).
«Je ne suis pas juge de l'art contemporain par ce que je peins, dit Marius Dubois, mais ma peinture c'est quand même une prise de position. Si je choisis de revenir aux thèmes traditionnels, ce n'est pas pour le défi, c'est pour le plaisir de peindre.»
1992 - LA PRESSE «Pour finir l'année en beauté, Lettre à Marcella Maltais», Jocelyne Lepage (4 ianvier 1992).
1991 - L'ANALYSTE «L'art avarié», J N. Tremblay, L`Analyste 35 (Automne 1991).
1987 – L'ACTUALITÉ «Les excommuniés de l'art», Hélène de Billy (Novembre 1987. p 142-146).
«À 25 ans, Marius Dubois se retrouve à Londres, chez les Young Contemporaries où il décroche une bourse. «C’était le Hard Edge, le milieu était extrêmement dynamique et exaltant. Sauf qu'à un moment donné, ça a cessé de m’intéresser. J'ai choisi ce que j‘appelle le beau métier. Dans le fond, je n’ai fait qu'appliquer la leçon de l'art moderne qui est d’être libre.»
Dans ce contexte, il n’est pas étonnant que Dubois s'identifie au peintre surréaliste De Chirico qui, dans le Paris des années 1930, prend soudainement le chemin du retour au réalisme et à la tradition, «Pictor classicus sum», avait déclaré le peintre italien en titrant un autoportrait. Et pour André Breton, le ·«pape» du surréalisme, l’écart est impardonnable et il ne tardera pas à prononcer ce qui ne sera ni la première ni la dernière de ses excom munications contre le pauvre De Chirico.
André Breton symbolise assez bien le phénomène où, par un ironique jeu de chaises musicales, les anciens revolutionnaires se transforment en gardiens tyranniques du nouvel ordre établi. Ce qui fait dire à l'académicien René Huyghe, un monsieur de 82 ans, ancien conservateur du musée du Louvre, auteur de nombreux ouvrages sur la peinture et les peintres, que ''l’art moderne s`est ficelé dans un réseau d’abstractions et de dogmes devenus des impératifs aussi contraignants, aussi stérilisants que ceux de l'académisme."
Mais d'où vient cette collection d’interdits, cette philosophie de maitresse d’école? ''·La grande catastrophe dans l'histoire de l'art, soutient Huyghe, s'est produite au milieu du 19e siècle. Auparavant, les peintres se réunissaient - et parlaient métier entre eux - dans les ateliers. À partir des années 1850, on se regroupe dans les cafés où journalistes et intellectuels se joignent aux artistes. Or il arrive ceci: l'intellectuel codifie ce que l'artiste fait d’instinct.''
Codification, catégorisation, chaque courant en vient à se définir par rapport à l'autre. Le jeu est périlleux et possède un corollaire pernicieux: l'oubli. Non seulement on oublie (ou on ignore) les grandes traditions, ou ce qui nous a immédiatement précédé, mais, parfois, même ce qu’on a soi-même embrassé par le passé (phénomène qui ne semble épargner personne, ainsi Lussier et Dubois qui ont ·oublié le Pop Art ou le Hard Edge). La rupture est de mise. »
1987 - LA PRESSE «Les arts et les trucs», Jacques Dutresne (22 Mai 1987).
«Quant au concept d'art, est-il extensible à l'infini? La plupart des choses qui se font (et se défont) dans la mouvance de Beuys (les étrons!) ne relèvent pas de l'art mais des techniques de communication et des ministères du même nom. Ce sont des trucs, mis au service de l'écologie, pour réveiller en les choquant, des citoyens qu'on présume abrutis au point de ne pouvoir être touchés par l'art. Si un tel terrorisme est vraiment nécessaire, fermons vite la planète, car le remède est pire que le mal.
On peut reconnaître ces impostures à un signe infaillible: le discours qui les encadre. Elles tomberaient avant d'avoir été aperçues si le parachute des mots ne les retenait un instant. '' Plus on donne à entendre, moins on donne à voir'', écrivait récemment le conservateur du Centre Pompidou, Jean Clair.»
1987 - LE SOLEIL «Marius Dubois, un peintre inspiré par les peintres de la Renaissance», Marie Delagrave (7 Février 1987).
1987 - LE SOLEIL «Un groupe de peintres à la recherche des sources de l'Art» , Lucie Bernard (été 1987).
1983 - MUSÉE du Québec «Approche iconologique et son application à partir d‘une oeuvre de Marius Dubois», Pierre Filteau, historien de l'art.
1979 - LE DEVOIR «Marius Dubois. peintre ou illustrateur», René Viau (21 Février 1979).
1979 - LE DEVOIR «La renaissance de la Renaissance», Jacques Dulresne (24 Février 1979)
«Autre signe des temps le Québec obsédé de lui-même est absent de cette peinture, qui nous exprime comme il convient, par ce qu'elle a de non voulu. Le créateur doit tendre vers l'universel de toutes ses forces conscientes. Le particulier authentique c'est l'irréductible. L'originalité c'est ce qui reste quand on a tout fait pour l'éviter. Si la sève personnelle s'évapore dans l'effort conscient pour l'exprimer, il faut en conclure qu'elle n'était pas vraiment personnelle.»
l979 - LA PRESSE «L‘Académisme surréalisant», Gilles Toupln (17 Février 1979).
«Le surréalisme onirique de Dubois est certes appuyé par une technique éblouissante, mais il n'en reste pas moins anachronique et d'un intérêt purement marginal.»
1978 - LE DEVOIR «Le réalisme contemporain québécois», Jean-Claude Leblond (13 Juin 1978).
1977 - VIE DES ARTS Marius Dubois, XXI. vol 85 Laurier Lacroix (Hiver 1976-77)
1976 - LE SOLEIL «Daoust-Dubois-Lussier-Thériault, Pour la renaissance de la beauté», Jean Royer (Octobre 1976).
«Les quatre peintres ont des appartenances doubles: on pourrait dire que leurs sources sont la Renaissance et le surréalisme. ''On est à peu près dans les mêmes conditions que la Renaissance: on a besoin d'une nouvelle vie qui va faire renaître la peinture'', me dit Marius Dubois.»
1971 · LE SOLEIL «Exposition Marius Dubois, des objets issus du rêve», Christiane Brunelle (29 mai 1971).
«C'est à Londres, où il a effectué un stage de deux ans au Hornsey School of Arts en tant que boursier du ministère de l'Éducation, qu'il abandonna la sculpture pour la peinture. Il s'est alors rendu compte que la sculpture, telle qu'on l'exploite, avec les nouveaux matériaux, plastique, aluminium, etc...ne lui convenait pas. ''J'aurais préféré m'exprimer par la pierre ou le bois, mais ces matériaux ne sont presque plus utilisés et, comme j'avais une vision assez gigantesque de la sculpture en pierre, je n'aurais pu trouver les moyens techniques et matériels pour poursuivre mes travaux pendant ce stage en Angleterre.»