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    Machine

    Le film raconte le voyage d’un policier de la métropole à Senneterre (Abitibi), la veille de Noël, alors qu’il va chercher un prisonnier un peu spécial. Il fait une rencontre déterminante: celle d'un vendeur de machines à écrire, espèce rare et enviée à cette époque en pays de colonisation. Gagnant de nombreux prix canadiens. En vedette : Gabriel Arcand, Sylvie Lachance et Willie Lamothe.

    Définition

    Une machine est un ensemble de rouages extérieurs les uns aux autres, agencés en fonction d'un travail déterminé, lequel sera rendu possible par une source quelconque d'énergie.

    Enjeux

    Les mouvements de défense des animaux et bien d'autres phénomènes, telle la montée du végétarisme témoignent d'un malaise profond face à la thèse, d'origine cartésienne, selon laquelle, les animaux étant des machines, ils ne souffrent pas.

    Le Traité de l'homme de Descartes commence ainsi: «Je suppose que le corps n'est autre chose qu'une statue ou machine». Et après avoir fait, ou cru faire, la démonstration de cette hypothèse qui inclut les fonctions psychiques, il écrit et c'est la conclusion de son traité: «Je désire, dis-je, que vous considériez que ces fonctions suivent toutes naturellement, en cette machine, de la seule disposition de ses organes, ne plus ne moins que font les mouvements d'une horloge, ou autre automate, de celle de ses contre-poids et de ses roues; en sorte qu'il ne faut point à leur occasion concevoir en elle aucune autre âme végétative, ni sensitive, ni aucun autre principe de mouvements et de vie, que son sang et ses esprits, agités par la chaleur du feu qui brûle continuellement dans son coeur, et qui n'est point d'autre nature que tous les feux qui sont dans les corps inanimés».

    Le corps dont il est ici question est aussi bien celui des plantes que celui des animaux. En prenant congé de l'âme sensitive et de l'âme végétative, Descartes marque ses distances par rapport à la tradition aristotélicienne, dans laquelle il avait été formé. Il affirme du même coup que les animaux et les plantes ne sont que des machines.

    L'idée que l'animal serait autre chose qu'une machine relèverait d'un préjugé que Descartes rejette, bien qu'il ait été accrédité par l'illustre Montaigne un siècle auparavant. «Pour ce qui est de l'entendement et la pensée que Montaigne et quelques autres attribuent aux bêtes, je ne puis être de leur avis». [...] Il n'y a pas de préjugé auquel nous ne soyons tous plus accoutumés qu'à celui qui nous a persuadés depuis notre enfance que les bêtes pensent ».

    Par pensée Descartes n'entend pas seulement le raisonnement abstrait mais aussi les sensations et les sentiments. Quand il dénie la pensée aux bêtes, il leur dénie aussi la faculté de souffrir et, ce qui revient au même, la faculté d'avoir une conscience douloureuse de la souffrance. C'est ainsi d'ailleurs qu'il justifiait la vivisection.

    Le moins qu'on puisse dire actuellement de ce préjugé, c'est qu'après trois siècles de biologie mécaniste, il n'est pas tout à fait mort. Les enfants ont beau disséquer des rats et des grenouilles dans les écoles, de retour à la maison, ils n'en sont pas moins heureux de retrouver leur chat ou leur chien, voire même leur hamster; et leur professeur de biologie leur paraîtrait bien monstrueux s'il tentait de les persuader que ces amis ne souffriraient nullement si un beau soir, en rentrant de l'école, ils pratiquaient sur eux la vivisection au lieu de les caresser.

    Essentiel

    La machine selon Saint-Exupéry

    «La machine elle-même, plus elle se perfectionne, plus elle s’efface derrière son rôle. (…) Il semble que le travail des ingénieurs, des dessinateurs, des calculateurs du bureau d’études ne soit ainsi en apparence, que de polir et d’effacer, d’alléger ce raccord, d’équilibrer cette aile, jusqu’à ce qu’on ne la remarque plus, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus une aile accrochée à un fuselage, mais une forme parfaitement épanouie, enfin dégagée de sa gangue, une sorte d’ensemble spontané, mystérieusement lié, et de la même qualité que celle du poème. Il semble que la perfection soit atteinte non quand il n’y a plus rien à ajouter, mais quand il n’y a plus rien à retrancher. Au terme de son évolution, la machine se dissimule.

    La perfection de l’invention confine ainsi à l’absence d’invention et, de même que, dans l’instrument, toute mécanique apparente s’est peu à peu effacée, et qu’il nous est livré un objet aussi naturel qu’un galet poli par la mer, il est également admirable que, dans son usage même, la machine peu à peu se fasse oublier» (Terre des hommes, 1939)




    *******



    L'homme devant la machine: émerveillé...et obéissant.

    «Quand Champlain débarqua à Québec, il y a trois cents ans, les sauvages étaient émerveillés des choses qu'il apportait de France.

    Mais l'objet par excellence de leur admiration, c'était une horloge. Pendant des heures et des heures, chefs, squaws et papooses restaient assis devant l'horloge, attendant la sonnerie, ou, comme ils disaient eux-mêmes, attendant qu'elle parlât.

    Si bien que Champlain, ennuyé de cette assiduité envahissante, et d'autre part, n'osant point brusquer ses visiteurs, s'avisa de tirer une morale de cette admiration.

    “A telle heure, dit Champlain à ses alliés, l'horloge, quand elle parle, vous dit qu'il est temps de partir pour la chasse ou la pêche. A une heure, l'horloge vous commande de préparer vos repas, et quand elle sonne six heures, elle vous ordonne de vous retirer dans vos wigwans”.

    Cette interprétation très large des sonneries d'heures, ne fit qu'aug-menter l'admiration des sauvages, mais elle eut le résultat qu'en attendait Champlain. Les sauvages qui auraient probablement pris fort mal les reproches de Champlain, s'empressèrent de suivre à la lettre les commandements de l'horloge et le fondateur de Québec se débarrassa ainsi sans misère et sans heurt de ses encombrants visiteurs.»

    Source: E. Z. Massicotte, Anecdotes canadiennes, Librairie Beauchemin, Montréal, 1913.

    Documentation

    Berdiaeff, Nicolas. L'homme et la machine. Traduit par I. P. et H. M. Paris, Éditions « Je Sers », 1933.

    Mumford, Lewis. Le mythe de la machine (The myth of the machine). Traduit de l'américain par Léo Dilé. Paris. Fayard, 1973. 2 vol. Coll. « Le Phénomène scientifique ».


    Textes en ligne

    Julien Jean Offray de La Mettrie, L'Homme machine (1747) (Bibliotheca Augustana)

    Élie Faure, « Défense et illustration de la machine », in Fonction du cinéma. De la cinéplastique à son destin social, Paris, Éditions Gonthier, 1953, pages 119 à 137 (nouvelle édition, revue et augmentée, de Fonction du cinéma, parue en 1953 aux Éditions d’Histoire et d’Art). Essai publié initialement en 1936 (in Regards sur la terre promise, Paris, Flory, 1936) - site Les classiques des sciences sociales
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-06-16
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