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    Ghiberti Lorenzo

    Sculpteur florentin du Quattrocento (1378-1455), auteur des célèbres Portes du baptistère du Dôme de Florence dont Michel-Ange a dit qu'elles étaient dignes d'être les Portes du paradis. Il est également l'auteur de Commentaires qui forment un des premiers ouvrages de critique d'art des temps modernes.

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    «Ce savant mensonge, plaisant à voir, qui charme et déconcerte notre sens de l'espace, ce n'est pas le premier jet d'une expérience qui se dérègle par caprice à ses débuts: l'art italien y restera constamment fidèle et supérieurement habile, par exemple dans les jeux de l'architecture et de la décoration théâtrales, et même dans la grande fresque et sous le pinceau des maîtres. Dès les débuts du XVe siècle, il donne son chef-d'oeuvre en sculpture avec les portes que Lorenzo Ghiberti exécuta pour le baptistère de Florence, admirables par la distribution et l'encadrement des panneaux, par leur richesse d'invention, par leur élégance fluide et par le noble sentiment des sujets. Le rapport du relief selon la distance feinte des plans, le passage calculé de la ronde-bosse au bas-relief et enfin au modelé presque plat de la médaille, la fuite rigoureuse de l'architecture, la suggestion dans le bronze d'un paysage aérien frappèrent comme une révélation miraculeuse l'imagination populaire: les portes du baptistère furent désormais les portes du Paradis. On sent tout ce qui sépare cet ensemble mémorable des retables exécutés vers le même temps en Occident et qui s'encombreront de plus en plus de figurines et d'accessoires, la science, la dignité, la qualité, les grands modèles antiques, mais le principe est le même.»

    HENRI FOCILLON, Art d'occident, tome 2, Le moyen âge gothique, Paris, 1965, Librairie Armand Collin, p. 370.

    Biographie

    Ghiberti et l'introduction de la perspective dans le bas-relief

    «Ghiberti va rompre avec toutes les lois qui avaient jusqu'alors présidé à l'ordonnance du bas-relief et il va tenter de doter l'art de la sculpture de certaines ressources que l'on avait considérées jusqu'alors comme étant le lot exclusif de la peinture. Comme un peintre, Ghiberti veut se servir des secrets de la perspective pour étager ses personnages sur des plans différents, pour les multiplier, pour les placer dans leur milieu, dans de beaux décors de paysage ou d'architecture, et pour faire flotter autour d'eux la caressante lumière du soleil.

    C'était une tentative nouvelle, très hardie, sur certains points fort contestable, en définitive tout à fait féconde. Quelques reproches que Ghiberti ait pu encourir dans l'application de sa méthode, elle était un véritable trait de génie, et depuis lors l'art de la sculpture n'a cessé de s'en inspirer. Ghiberti a dit et démontré que, jusqu'à lui, cet art avait été confiné dans des bornes trop étroites; il a brisé ces barrières, ouvrant à la sculpture une route nouvelle sur laquelle elle n'avait pas encore osé s'aventurer. Sans doute, dans cette voie qu'ils tenteront de suivre en compagnie des peintres, les sculpteurs ne pourront aller aussi loin qu'eux, et la différence des moyens dont les deux arts disposent leur assignera toujours des limites différentes. Mais, sans nier ces limites, on peut affirmer que Ghiberti a légitimement enrichi la sculpture de ressources nouvelles.»

    Dans la première Porte, son style était encore conventionnel. Étroitement attaché aux doctrines de l'école gothique a son déclin, il semblait croire que la beauté ne pouvait exister en dehors de certains mouvements du corps et de certaines formes de draperies et, partant, ses figures étaient monotones et d'une observation insuffisante. Dans la seconde porte, il n'y a plus de trace de ce mauvais goût et le style devient d'une telle pureté, d'un si grand naturel, qu'on peut le dire inimitable. Le sentiment spécial de la beauté des lignes, du charme d'une élégante silhouette et, plus particulièrement, la recherche de ces formes souples et gracieuses qui sont le signe de la jeunesse, constituent l'art de Ghiherti et le distinguent de tous ses contemporains.

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    "Jamais l'humanité n'a conçu un plus beau rêve..."

    Dans la première porte, il avait tenté de reproduire une grande variété de sentiments ; dans la seconde, il ne parait plus se préoccuper au même degré de l'expression, ou plutôt il semble ne plus vouloir exprimer qu'une seule chose, le bonheur de la jeunesse et de la beauté. Nul n'a su dire comme lui : Ce que peuvent sur nous pour guérir toute peine
    Ces deux signes iumeaux de paix et de bonheur,

    Jeunesse de visage et jeunesse de cœur.
    Où pourrions-nous trouver des figures plus charmantes que cette Ève s'éveillant à la vie, les anges apparaissant à Abraham, Abel dirigeant sa charrue, le fils de Noé se détournant de son père, ou cette jeune mère qui, dans l'histoire de Joseph, s'éloigne avec son fils, en tenant un sac de blé sur sa tête? Jamais l'humanité n'a conçu un plus beau rêve, jamais elle n'a fait une halte si heureuse dans sa longue route de douleurs. Ghiberti est bien vraiment le plus pur représentant du génie de ce peuple italien, que son beau soleil et la richesse de son sol prédestinaient plus que tout autre à chanter la jeunesse, l'amour, tous les sourires de la vie.»

    MARCEL REYMOND, «Lorenzo Ghiberti», extrait de la Sculpture florentine (Alinari, 1897-1900) publié dans la Gazette des Beaux-Arts, Paris, 1896, série III, tome 16. Texte intégral

    Documentation

    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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    Référence


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