• Encyclopédies

      • Encyclopédie de l'Agora

        Notre devise: Vers le réel par le virtuel!


      • Encyclopédie sur la mort

        L’encyclopédie sur la mort veut s'intéresser à ce phénomène sous ses multiples aspects et ses diverses modalités.


      • Encyclopédie Homovivens

        Encyclopédie sur les transformations que l'homme opère en lui-même au fur et à mesure qu'il progresse dans la conviction que toute vie se réduit à la mécanique.


      • Encyclopédie sur l'inaptitude

        Tout le monde en conviendra : c'est au sort qu'elle réserve aux plus vulnérables de ses membres que l'on peut juger de la qualité d'une société. Aussi avons-nous voulu profiter ...


      • Encyclopédie sur la Francophonie

        L'Encyclopédie de la Francophonie est l'une des encyclopédies spécialisées qui se développent parallèlement à l'Encyclopédie de l'Agora.

  • Dictionnaires
  • Débats
      • Le Citoyen Québécois

         Après la Commission Gomery, la Commission Charbonneau! À quelles conditions pourrions-nous en sortir plus honnêtes… et plus prospères

      • L'homme, la nature, la techique

        Réflexions inspirées de Bernard Charbonneau et Jacques Ellul, avec la collaboration de l'Association Aquitaine B.Charbonneau J.Ellul, sous la présidence de Sébastien Mor...

  • Sentiers
      • Les sentiers de l'appartenance

        L'appartenance c'est le lien vivant, la rencontre de deux Vies : la nôtre et celle de telle personne, tel  paysage...Quand la vie se retire, le sentiment d'appropriation se substitue au ...

      • Le sentier des fleurs sauvages

        Nous sommes des botanistes amateurs. Notre but est de partager un plaisir orienté vers une science complète où le regard du poète a sa place à côté de celui du botaniste, du généticien, du gastrono...

  • La lettre
    • Édition


    La lettre de L'Agora
    Abonnez-vous gratuitement au bulletin électronique. de L'Agora.
    Si l’Encyclopédie de l’Agora demeure progressiste, c’est dans un nouveau sens du mot progrès, fondé sur la science réparatrice et sur le principe de précaution.
    Média social:
    Facebook:


    Flux RSS:

    Benedicti Jean

    Théologien franciscain du XVIe siècle. Ce personnage est fascinant. Ses remarques sur la propreté des Musulmans (Tunisie, Egypte, Palestine) sont très vraies: l'Europe du XVIe siècle ne connaissait pas l'hygiène (cf. Rabelais). Surtout sa casuisitique de la sexualité (raison pour laquelle ce vieil obsédé de Brantôme l'adorait) est fort intéressante. Les passages les plus «croustillants» ont été censurés en 1595 lorsque la Somme des Péchés est devenue un manuel de théologie en Sorbonne. Il restait cependant très orthodoxe. Et la relation de ses exorcismes est passionnante. Il a fini par être nommé «Secrétaire général» des Franciscains en France. On l'a quasiment oublié aujourd'hui, malgré une brève mention de Robert Mandrou dans son ouvrage Magistrats et sorciers au XVIe siècle.

    Biographie

    Figure de la piété mariale du XVIe siècle, le cordelier Jean Benedicti fut tour à tour orientaliste et exorciste, prédicateur et casuiste réputé, pélerin en Terre-Sainte et responsable de son ordre en France. Né à une date inconnue, il est décédé vers 1590-1595 à Laval, dans la Mayenne. Nommé professeur de théologie et d'hébreu à Lyon de 1574 à 1584, approximativement, il fit pèlerinage à Jérusalem vers 1581. De retour en France, il procéda en 1582 à deux exorcismes retentissants rapportés dans La triomphante victoire de la Vierge Marie sur sept malins esprits.

    Opérés dans la région lyonnaise sur Catherine Pontet (22 ans) et Perinette Pinay (57 ans), ces exorcismes se ressemblent. Se déclarant habitées par plusieurs «diables», les possédées attribuent leur mal à l'action d'une «sorcière». Violentes sont leurs crises: C. Pontet se débattait «tellement qu'elle enlevait de terre quatre ou cinq hommes forts et puissants qui la tenaient». Elles avaient été exorcisées par d'autres prêtres, sans grand succès, avant que Benedicti ne soit sollicité. Au moment où il intervient, elles sont délivrées de leurs esprits mineurs par la vertu d'exorcismes antérieurs ou d'actes de dévotion: seuls subsistent les diables les plus virulents, Myron (C. Pontet) et Frappan (P. Pinay). Benedicti joue de son charisme et de la réputation de son pélerinage. Arguant de saint Augustin (De Civ. Dei, XXII, 8), il administre aux possédées «de l'eau bénite, où il avait détrempé» de la terre ramenée de plus de quarante sanctuaires du Christ: Bethléem, le Sinaï, le Thabor, Jérusalem... L'exorcisme de C. Pontet fut un échec relatif. Dénonçant «ce brigand de cordelier qui me vient tourmenter», elle ne put s'empêcher de blasphémer: «on ne dit la messe que pour yvrogner». Le second fut un succès triomphal, P. Pinay consentant à défiler en procession solennelle dans les rues de Lyon et à revêtir «l'espace d'un an l'habit et cordon de l'ordre de saint François, en signe de pénitence».

    La médiatisation de ces exorcismes obéit à une logique religieuse. Elle exalte le culte marial: la dévotion de P. Pinay pour la Vierge l'a sauvée de Frappan. Dans le contexte des guerres de religion, elle sert à combattre le protestantisme: «Genève est toute pleine de malins esprits et sorciers, fruits ordinaires des hérésies». Il est normal que Calvin ait aboli l'office de l'exorcisme: «un diable ne chasse pas l'autre». Au coeur du surnaturel, Benedicti rattache sa pratique à une forme de rationalité. Soucieux de distinguer la possession de l'hystérie, il décrit les «indices d'un corps possédé». La consultation d'un médecin est le préalable à l'exorcisme: seul l'examen médical permet de certifier que le trouble ne résulte pas d'une cause organique. Constatant la diversité des cas de possession - «il y a autant de complexions entre les démons comme entre les hommes» -, Benedicti s'attache à les décrire avec une précision quasi-clinique.

    Source: Christophe Paillard, Jean Benedicti

    Oeuvres

    La Somme des Pechez et le remède d'iceux, Lyon, 1584 (nombreuses rééditions à Lyon, Paris et Rouen jusqu'en 1620). Son ouvrage majeur, constamment réédité de 1584 à la fin des années 1620, essentiellement consacré à la Vierge-Marie (essentielle pour les Franciscains du 16e siècle).
    La triomphante victoire de la vierge Marie sur sept malins esprits finalement chassés du corps d'une femme dans l'église des Cordeliers de Lyon, Lyon, 1583 (1ère éd., 1582 ; plusieurs rééditions).

    Documentation

    R. Mandrou, Magistrats et sorciers en France au XVIIe siècle, Paris, Plon, 1978.
    L. Wadding, Scriptores Ordinis Minorum, Rome, 1650, p. 193 et Annales Minorum à l'année 1396, 3e éd. Florence, Quaracchi, 1932, t. 9, p. 156-157.
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
    Loading
    Informations
    Données biographiques
    Nationalité
    France
    Naissance
    Date inconnue
    Déces
    1595
    Documents Associés
    Christophe Paillard
    exorcisme, Réforme, Contre-Réforme, calvinisme, Franciscains, usage du français, fatalisme
    Raccourcis

    Contribuez au rayonnement des oeuvres de l'Agora/Homo vivens en devenant membre ou en faisant un don.