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    Bianciotti Hector

    Documentation

     Seules les larmes seront comptées.

    Jugement contrasté sur une oeuvre contrastée, par Pierre Savinel:

    Ce livre si antipathique, "aux petits soins pour déplaire" et démoraliser, se termine miraculeusement par une nouvelle de 40 pages qui n'est pas loin d'être un chef d'oeuvre du genre (à part une rechute de quelques pages dans le "territoire du vice" : un vrai tropisme !), et constitue comme une plage ensoleillée qui paie le lecteur des nappes de boue qui précèdent.

    L'auteur de "Sans la miséricorde du Christ" ne s'est guère renouvelé depuis son Fémina (B. L. janvier 1988). Toujours émule de scarabée sacré, il fouille l'ordure et la décomposition, cette fois dans le monde de la haute couture, et non plus celui des pauvres : mais c'est la même recherche ininterrompue de l'effet, par la peinture détaillée de l'abjection, du vice, de vies vouées au néant. Ici un grand couturier, qui est aussi Grand d'Espagne, Morales, cherche l'absolu chez les prostituées les plus vicieuses et dans l'inceste pervers avec sa fille naturelle, elle-même nymphomane goulue, et qui oblige son kinési aveugle, mais remarquablement palpeur, à assister par surprise à ses ébats frénétiques avec un sado-maso, de la flagellation etc. Autrement c'est la société des vieilles "à bagouses et perlouses", qui ne peuvent plus, et se contentent de promener leur squelette outrageusement peint dans des présentations de couture et autres mondanités. Et l'on n'a pas même le nerf du roman : car à son habitude H. B. se contente de juxtaposer des nappes mnémoniques, dans des rétrovisions constamment alourdies de descriptions impressionnistes interminables, coupées de vues qui se veulent pénétrantes et n'évitent pas l'obscur ni l'amusant : "L'oubli n'est pas l'oubli, mais la face cachée de la lune : nous y semons des sensations, des images y grandissent, qui viennent nous assaillir..." Il y a aussi, jurant avec cette boue, des recherches de style, parfois heureuses, mais souvent aussi d'une préciosité ridicule : la vieillesse comme une "détumescence", l'eau d'une piscine comme "cet abysse" etc.

    Or il ne faut jamais désespérer. Ce livre si antipathique, "aux petits soins pour déplaire" et démoraliser, se termine miraculeusement par une nouvelle de 40 pages qui n'est pas loin d'être un chef d'oeuvre du genre (à part une rechute de quelques pages dans le "territoire du vice" : un vrai tropisme !), et constitue comme une plage ensoleillée qui paie le lecteur des nappes de boue qui précèdent. Le narrateur se reporte à son enfance pour évoquer la figure attachante de sa mère qui élève seule son "p'tit quinquin" (c'est près de Lille) en se tuant à des travaux d'aiguille. Avec l'aide d'une cliente, châtelaine des environs dont le caractère est à la hauteur de ses privilèges, elle arrive à faire donner à son fils une solide instruction chez des Salésiens belges voisins : enfin des êtres humains ! (On se rappelle le mot de Bernanos contre Rousseau : "L'homme ne naît pas bon, il naît grand"). La mort prématurée de cette mère dans les conditions les plus cruelles. est bouleversante : mais l'on reste dans l'humain, la lutte pour la dignité, et aussi la charité. Cette femme accepte son utilisation de patiente pauvre et incurable en amphithéâtre par un professeur dont le tact n'égale pas la science, parce qu'elle a le sentiment qu'elle peut contribuer au progrès médical. La  châtelaine est venue à Paris accompagner le garçon : " J e vous la confie, et maintenant je vous laisse seul avec elle ; tout est en ordre : je serai prévenue et je serai là". Et le narrateur, après l'issue fatale, termine le livre sur l'arrivée de l'aube : en effet cette mort, à la fols humiliante et exemplaire, va décider de sa carrière, il sera directeur d'hôpital pour qu'il y ait au moins un hôpital dans Paris où de pareilles humiliations des pauvres soient impossibles. C'est du grand art : on pense aux "Deux amis" de Maupassant : aux "Innocents" de la chère Gertrud von Le Fort, qui donnent tout son sens au célèbre : "Mort, où est ton triomphe ?" H. B. a l'étoffe d'un grand écrivain : il y a. même dans son fleuve de boue, de remarquables récits qui pourraient être publiés en nouvelle, comme la visite démagogique d'Eva Peron au personnel de l'aérodrome de Cordoba. Il pourrait s'affirmer comme un des grands de la nouvelle et peutêtre trouver le souffle du roman authentique, non plus juxtaposition nauséabonde de flaques de boue, qui bloque l'esprit, alors qu'il est mouvement, appel, et que le grand roman le porte un temps comme un fleuve, l'aide à se construire : il y a tout cela en puissance dans l'épisode final du présent livre.

    P. S Le Bulletin des Lettres, No 485, 15 avril 1989

    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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