• Encyclopédies

      • Encyclopédie de l'Agora

        Notre devise: Vers le réel par le virtuel!


      • Encyclopédie sur la mort

        L’encyclopédie sur la mort veut s'intéresser à ce phénomène sous ses multiples aspects et ses diverses modalités.


      • Encyclopédie Homovivens

        Encyclopédie sur les transformations que l'homme opère en lui-même au fur et à mesure qu'il progresse dans la conviction que toute vie se réduit à la mécanique.


      • Encyclopédie sur l'inaptitude

        Tout le monde en conviendra : c'est au sort qu'elle réserve aux plus vulnérables de ses membres que l'on peut juger de la qualité d'une société. Aussi avons-nous voulu profiter ...


      • Encyclopédie sur la Francophonie

        L'Encyclopédie de la Francophonie est l'une des encyclopédies spécialisées qui se développent parallèlement à l'Encyclopédie de l'Agora.

  • Dictionnaires
  • Débats
      • Le Citoyen Québécois

         Après la Commission Gomery, la Commission Charbonneau! À quelles conditions pourrions-nous en sortir plus honnêtes… et plus prospères

      • L'homme, la nature, la techique

        Réflexions inspirées de Bernard Charbonneau et Jacques Ellul, avec la collaboration de l'Association Aquitaine B.Charbonneau J.Ellul, sous la présidence de Sébastien Mor...

  • Sentiers
      • Les sentiers de l'appartenance

        L'appartenance c'est le lien vivant, la rencontre de deux Vies : la nôtre et celle de telle personne, tel  paysage...Quand la vie se retire, le sentiment d'appropriation se substitue au ...

      • Le sentier des fleurs sauvages

        Nous sommes des botanistes amateurs. Notre but est de partager un plaisir orienté vers une science complète où le regard du poète a sa place à côté de celui du botaniste, du généticien, du gastrono...

  • La lettre
    • Édition


    La lettre de L'Agora
    Abonnez-vous gratuitement au bulletin électronique. de L'Agora.
    Si l’Encyclopédie de l’Agora demeure progressiste, c’est dans un nouveau sens du mot progrès, fondé sur la science réparatrice et sur le principe de précaution.
    Média social:
    Facebook:


    Flux RSS:

    Leopardi Giacomo

    Poète italien.

    Biographie

    La poésie de Léopardi est difficile à goûter. (…) Il est vrai que Léopardi pratique un peu l’archaïsme et que, d’autre part, depuis son temps, la langue italienne a très rapidement évolué sous l’influence du français. La prose, malgré sa forme sévère, tantôt trop concise, tantôt un peu oratoire, est plus abordable. (...) Mais s’il est toujours difficile de traduire, il est particulièrement difficile de traduire Léopardi.

    En prose comme en vers, c’est un pessimiste de nature, plus que de raisonnement. Sa sensibilité parle, plutôt que son intelligence. Il n’a construit aucun système; il résume ses impressions, ses observations, en s’efforçant, non sans arbitraire, de les généraliser. Sa philosophie est toute physiologique : le monde est mauvais, parce que sa vie, à lui, est mauvaise. Il s’en fait une représentation affreuse, et il suppose que si les hommes n’en jugent pas comme lui, c’est qu’ils sont fous. L’optimisme est en effet assez répandu. Tant qu’il y a vie, il y a espérance. La fable de la Mort et du Bûcheron peint assez bien l’état d’esprit de l’humanité. Il est certain, d’autre part, que les littératures et les philosophies, et même celles qui visent à faire rire, et même celles qui exaltent la vie, sont en général pessimistes. Il y a un fond tragique dans le théâtre de Molière et un fond lugubre dans les aphorismes de Nietzsche. L’optimisme complet et béat n’est compatible qu’avec une sorte d’insensibilité et de stupidité animales : les idiots seuls rient constamment et sont constamment heureux de vivre. Mais le pessimisme complet ne peut se développer que dans certains organismes déprimés : ses manifestations extrêmes sont franchement pathologiques et liées à des maladies du cerveau.

    Schopenhauer affirme que la vie est mauvaise, et il l’aime, il en jouit. Vienne la gloire, et on le voit s’épanouir. Son caractère n’est aucunement sombre. Il a de l’esprit, il sait s’en servir. C’est, en même temps qu’un philosophe, un écrivain humoristique. Léopardi n’a jamais connu ces expansions. Il affecte de mépriser jusqu’à sa gloire, pour laquelle cependant il travaille. Mais lui aussi est spirituel, quoique toujours amer, et lui aussi est un humoriste. Il a certainement du plaisir à écrire. S’il ignore les autres voluptés de la vie, il connaît celle de pouvoir donner à une pensée lucide une forme belle et puissante. Son existence, cependant, bien plus logique que celle de Schopenhauer, est en accord très exact avec sa philosophie. Malade, isolé, incompris, Léopardi n’eut pas la force de réagir; mais s’il se laissa entraîner par la tristesse, ce fut du moins en pleine conscience. Il interroge sa désespérance et entre en discussion avec elle. Cela nous a valu ces beaux dialogues qui, avec quelques pensées, ont été réunis sous le nom d’Operette morali.

    Léopardi est mort en 1837. Ses écrits semblent d’aujourd’hui même. Presque toutes les questions effleurées avec une sagacité sans pareille dans le Dialogue de Tristan et d’un ami sont de celles qui intéressent encore les philosophes et les critiques. « Je comprends, dit Tristan, et j’embrasse la philosophie profonde des journaux, lesquels, en tuant toute autre littérature, toute autre étude, trop sérieuse et trop peu divertissante, sont les maîtres et la lumière de l’âge moderne. » Déjà, de son temps, les flatteurs du populaire disaient, comme les socialistes d’aujourd’hui : « Les individus ont disparu devant les masses. » Déjà la bêtise grave affirmait : « Nous vivons dans une époque de transition », comme si, reprend Tristan, toutes les époques et tous les siècles n’étaient pas une transition vers l’avenir!

    Quant à la trame même des dialogues, c’est l’idée de la méchanceté de la vie et de l’excellence de la mort. Elle revient sans cesse et Léopardi n’en corrige la monotonie que par l’ingéniosité de ses imaginations, la beauté de son style, la finesse de son esprit. Tel est le magnifique passage où, après avoir dit que, quoique rajeuni tous les printemps, le monde vieillit continuellement, il annonce la mort suprême de l’univers : « Pas un vestige ne survivra du monde tout entier, des vicissitudes et des calamités infinies des choses créées. Un silence nu, un calme suprême planeront dans l’espace immense. Ainsi se dissoudra, s’évanouira cet effrayant et prodigieux mystère de l’existence universelle, avant qu’on ait pu l’éclaircir ni le comprendre. »

    Sans doute; mais, en attendant, il faut vivre, ou bien mourir. Dès qu’on a choisi de vivre, il est raisonnable de faire son possible pour s’accommoder à la vie. Le pessimisme n’a qu’une valeur philosophique des plus médiocres. Ce n’est pas même une philosophie, c’est de la littérature et, trop souvent, de la rhétorique. Il est un peu ridicule, cet homme qui poursuit tranquillement son existence, en ajoutant chaque jour une page à la litanie des délices de la mort. En somme, Léopardi, comme bien d’autres hommes, humbles ou supérieurs, souffre de n’être pas heureux; son originalité est, moins de se complaire dans sa souffrance, ce qui n’est pas très rare, que de trouver des raisons à cette complaisance et de les exposer avec logique et décision. Sa sincérité est absolue.

    (…)

    Qu’il s’agisse des théories transcendantes de Schopenhauer ou des déclarations mélancoliques de Léopardi, la conclusion est la même. Le pessimisme n’est pas recevable, non plus d’ailleurs que l’optimisme. Héraclite et Démocrite peuvent être renvoyés dos à dos, cependant que sans crainte, avec un espoir modéré mais ferme, nous nous efforcerons de tirer de chacune de nos vies, hommes, tout ce qu’elle contient de saveur, même amère.

    Léopardi fut encore autre chose que le poète et le moraliste de la désespérance. À dix-sept ans, il s’était déjà rendu célèbre, comme érudit et comme helléniste, par l’Essai sur les erreurs populaires des anciens (1815). Pendant les deux années suivantes, il avait donné plusieurs dissertations sur la Batrachomyomachie, sur Horace, sur Moschus, et des odes grecques dans le goût de Callimaque, dont la perfection fit illusion au point que l’on crut à l’exhumation de quelque manuscrit oublié. Niebuhr affirmait en 1832 que les Notes sur la chronique d’Eusèbe auraient fait honneur aux premiers philologues allemands. Léopardi en était là, quand tout d’un coup son génie personnel lui fut révélé, et parurent alors ses Poèmes, puis ses Opuscules moraux. Il mourut à trente-neuf ans (1837), laissant une œuvre dont chacune des parties atteint la perfection : l’érudit, le poète, le prosateur, le traducteur, le penseur, l’homme d’esprit sont en Léopardi également admirables. Sans la maladie de langueur qui troubla le cours de sa sensibilité, il eût été un des plus lumineux génies de l’humanité. Son originalité est d’en être le plus sombre.

    source : Rémy de Gourmont, «Le pessimisme de Léopardi», Promenades philosophiques. Première série. Reproduit à partir de la douzième édition: Paris, Mercure de France, 1931, p. 46-53

    Oeuvres

    Bibliografia Leopardiana (site de Emilio Speciale)

    En italien

    Oeuvres disponibles sur le site du professeur Giuseppe Bonghi:

    Canti (voir aussi cette autre version numérique)
    Frammenti
    Operette morali
    Pensieri  
    Batracomiomachia
    Discorso sulla Batracomiomachia
    La guerra dei topi e delle rane, 1815
    Guerra dei topi e delle rane, (1821-1822)
    Guerra dei topi e delle rane, (1826) Paralipomeni
    Discorso di un italiano intorno alla poesia romantica
    Diario del primo amore
    Ricordi d'infanzia
    Discorso sopra  lo stato presente dei costumi degli italiani
    Manuale di Epittèto  
    Zibaldone (en construction) - 999 pages numérisées sur les 4526 du manuscrit de cette oeuvre gigantesque


    La ginestra: pagine leopardiane: autre site contenant des versions numériques des écrits de Leopardi, dont une édition critique de L'Infinito; édition savante des Canti

    On peut également télécharger les fichiers suivants:

    Discorso sopra la Batracomiomachia (ZIP: RTF, TXT) (Liber Liber)
    Discorso sopra lo stato presente dei costumi degl'Italiani (ZIP: RTF, TXT) (Liber Liber)
    Guerra de' topi e delle rane (1821-1822) (ZIP: RTF, TXT) (Liber Liber)
    La guerra dei topi e delle rane. Poema (1815) (ZIP: RTF, TXT) (Liber Liber)
    Guerra dei topi e delle rane (1826) (ZIP: RTF, TXT) (Liber Liber)
    Paralipomeni della Batracomiomachia (ZIP: RTF, TXT) (Liber Liber)
    Pensieri di varia filosofia e bella letteratura (ZIP: RTF, TXT) (Liber Liber)
    L'infinito (ZIP: TXT) (Liber Liber)

    En français

    Le poème L'Infini

    Documentation

    Liens vers des bibliographies consacrées à Leopardi (italien) - site La ginestra
    Liste des publications du Centro nazionale di studi Leopardiani (italien)

    Quelques études en italien consacrées au poète disponibles en ligne sur le site La ginestra
    Liens vers des études critiques disponibles sur le Web (La ginestra) - italien

    Charlut, Jean-Paul. Un regard sur Leopardi (Chantiers.org)

    Massimo Cacciari, "Leopardi Platonicus?", extrait de la deuxième partie (Le Platon impossible) de DRÂN. Méridiens de la décision dans la pensée contemporaine (Traduit de l'italien et présenté par Michel Valensi. Éditions de l'Éclat, 1996)

    Quelques références plus anciennes:

    Étienne, Louis. Histoire de la littérature italienne depuis ses origines jusqu'à nos jours, Paris, Hachette, 1905. Voir en particulier le chapitre XVII consacré au dix-neuvième siècle (Bibliothèque nationale de France, Gallica – mode image, format PDF)

    Sainte-Beuve. « Poètes modernes de l’Italie. III. Leopardi », Revue des Deux Mondes, nouvelle série, tome 7, juillet-septembre 1844 (Bibliothèque nationale de France, Gallica – mode image, format PDF)

    Caro, Elme. Le pessimisme au XIXe siècle: Léopardi, Schopenhauer, Hartmann. Paris, Hachette, 1878, III-298 p. (Bibliothèque nationale de France, Gallica – mode image, format PDF)

    Caro, Elme. « La maladie du pessimisme au dix-neuvième siècle. – Un précurseur de Schopenhauer, Leopardi », Revue des Deux Mondes, XLVIIe année, troisième période, tome 24, livraison du 15 novembre 1877 (Bibliothèque nationale de France, Gallica – mode image, format PDF)

    Wyrouboff, G. « Les modernes théories du néant: Schopenhauer, Leopardi, Hartmann », La Philosophie positive, tome 26, 13e année, deuxième série, no 5, mars-avril 1881 (Bibliothèque nationale de France, Gallica – mode image, format PDF)

    Sully, James. Le pessimisme: histoire et critique. Traduit de l'anglais par MM. Alexis Bertrand et Paul Gérard. Paris, G. Baillière, 1882, 452 p. (Bibliothèque nationale de France, Gallica – mode image, format PDF)

    Mazade, Charles de. « Les souffrances d’un penseur italien. Leopardi et sa correspondance », Revue des Deux Mondes, deuxième période, tome 32, livraison du 1er avril 1861 (Bibliothèque nationale de France, Gallica – mode image, format PDF)

    Valbert, G. « Leopardi et son ami Antonio Rainieri », Revue des Deux Mondes, LXVIIe année, quatrième période, 141e volume, livraison du 1er mai 1897 (Bibliothèque nationale de France, Gallica – mode image, format PDF)
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
    Loading
    Informations
    Données biographiques
    Nationalité
    Italie
    Naissance
    1798, Recanati
    Déces
    1837
    Documents Associés
    Remy de Gourmont
    désespoir, vanité, vie, philosophie, littérature italienne, poésie
    Raccourcis
    Centro nazionale di studi Leopardiani
    La ginestra: pagine leopardiane: un site d'une grande richesse
    Progetto Giacomo Leopardi (site du professeur Giuseppe Bonghi) - textes critiques et versions numériques des oeuvres
    Bicentenario della nascita (site du bicentenaire de sa naissance, 1998, en italien)
    www.leopardi.it
    Casa Leopardi (Recanati, Italie)
    Brève biographie en italien (Liber Liber)
    Autre notice en italien (Italia Libri)
    Conte Giacomo Leopardi (Books and Writers)
    Brève biographie en langue anglaise
    Lettre de Antonio Ranieri dans laquelle il annonce à Fanny Targioni Tozzetti (Aspasia) la mort de Leopardi (site du professeur Giuseppe Bonghi - en italien)
    Leopardi Fragments - Cantate pour Soprano, Contralto et ensemble instrumental. Une oeuvre musicale de Sir Peter Maxwell Davies

    Contribuez au rayonnement des oeuvres de l'Agora/Homo vivens en devenant membre ou en faisant un don.