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    Impression du texte

    Bernanos Georges

    Georges Bernanos figure parmi les écrivains les plus importants du XXe siècle. Récipiendaire du prix Femina pour son roman La Joie en 1928 et du Grand prix du roman de l'Académie française pour Journal d'un curé de campagne en 1936, il fut considéré par André Malraux comme le meilleur romancier de son époque: « Il [Bernanos] a écrit les plus belles scènes de la fiction moderne, par la profondeur et la puissance. » Pour Albert Béguin, chaque roman de Bernanos « est une plongée aux abîmes plus bouleversante que celle de Dostoïevski. » Léon Daudet, quant à lui, n'hésita pas à évoquer le génie de Bernanos: « Avec lui, un certain génie s'impose, comme un coup frappé sur l'airain. » Bernanos écrivit également de brillants essais, des écrits de combats virils (La France contre les robots), où il se fit l'ardent défenseur de la liberté de l'homme contre toutes les dictatures, nazie, fasciste, communiste, techniciste, religieuse et démocrate.

    *****************************************************

    Bernanos, cet incompris

    "Bernanos n'est pas oublié. Il est toujours commenté, réimprimé, réédité. Surtout commenté ! Faites confiance aux sorbonicoles, sorbonagres et autres sorbonicrates pour couvrir les écrivains de commentaires ! Ils n'ont pas oublié Bernanos... Il serait tout aussi faux de dire que le romancier est censuré. Ses livres sont dans toutes les librairies. (…) Bernanos n'est donc pas oublié, mais il occupe une place paradoxale et qui lui convient bien : il dérange. Il dérange ceux qui n'osent pas ouvrir ses romans parce que dans leur vie protégée des entreprises de la grâce, ces livres produiraient un terrible cataclysme. Il dérange ceux qui ne peuvent accepter qu'on renvoie dos à dos totalitarisme et démocratie. Quel emmerdeur ! Céline, par exemple, est beaucoup plus arrangeant. Les professeurs ont séparé dans son œuvre le bon grain des romans et l'ivraie des pamphlets. Ce saucissonnage est évidemment stupide ! Le génie de Céline éclate dans tout ce qu'il écrit. Mais les commentateurs de Céline ne cherchent pas à être intelligents, ils veulent seulement être rassurés. Avec Bernanos, il est beaucoup moins simple d'être rassuré. Il a fustigé Franco, Pétain et Hitler, mais en précisant toujours que la démocratie lui inspirait le même mépris que le fascisme. Il a rallié le général De Gaulle dès le 18 juin 1940, mais ce qu'il aimait dans la France Libre, c'est d'abord son gouvernement insurrectionnel établi à la suite du coup de force, ce coup de force dont il rêvait lorsqu'il était camelot du Roi et que Maurras fut toujours incapable de risquer. Pour Bernanos, Vichy incarnait la tradition de démocratie, avec ses petits calculs et ses grosses compromissions. Londres, à l'opposé, perpétuait une tradition de liberté qui permit à une poignée d'hommes libres d'écrire l'Histoire de France comme on écrit un roman. Bernanos ne manquait jamais de rappeler que le général De Gaulle s'était très bien passé du suffrage universel : «Si en 1938, au cours du hideux Septembre, constatait-il, nous avions interrogé le suffrage universel, le suffrage universel se fût prononcé pour la paix honteuse. En juin 1940, il eût plébiscité le Maréchal». Comment voulez-vous que l'histoire officielle, la littérature officielle, la politique officielle s'arrangent avec de telles interprétations ? Trop présent, trop vivant, trop gênant pour qu'on l'oublie, Bernanos était condamné à être trahi. On en a fait un écrivain antifasciste ou un romancier qui raconte des histoires de curés. On a fait de son œuvre un dictionnaire de citations, prélevant les bons mots comme autant de grenades démilitarisées. Les universitaires ont recouvert son œuvre d'une glose aussi inutile qu'absurde (…). Julien Gracq a raison, dans ses Carnets du grand chemin, de souligner qu'un mur d'incompréhension entoure l'œuvre de Bernanos. Dans une époque aussi frileuse que la nôtre, Donissan, Mouchette, Chevance, le curé d'Ambricourt, Blanche de La Force ne peuvent apparaître que comme des extraterrestres. Plus qu'oublié ou trahi, voilà bien ce qu'est Bernanos aujourd'hui: incompris." (Georges Bernanos en quarantaine. Entretien avec Sébastien Lepaque. Propos recueillis par Juan Asensio. Stalker, 10 mars 2004)

     

     

    Biographie

    « Toute vocation est un appel vocatus et tout appel veut être transmis. Ceux que j'appelle ne sont évidemment pas nombreux. Ils ne changeront rien aux affaires de ce monde. Mais c'est pour eux, c'est pour eux que je suis né. »

    GEORGES BERNANOS, Les grands cimetières sous la lune, Paris, Plon, 1948, p. iii.


    Vocation. Mot terriblement désuet, aujourd'hui vidé de toute sa signification. Déjà en leur temps, les contemporains de Bernanos avaient substitué à ce mot sacré celui de « carrière », moins héroïque certes, mais qui avait le mérite de plaire à tous les apôtres de l'égalitarisme. Mais « vocation » et « carrière » s'excluent l'un et l'autre. Ce sont même des contraires absolus. Une vocation, c'est ce pour quoi on vit. Une carrière, c'est ce de quoi on vit.

    Vocation. Ce mot revient souvent sous la plume de Bernanos. Ce n'est pas un hasard. Bernanos a été appelé et a appelé à son tour, son oeuvre d'écrivain est à la fois une réponse et un appel aux assoiffés de justice de ce monde.

    Oeuvres

    1926 Sous le soleil de Satan. Plon
    1927 L'imposture. Plon
    1929 La Joie. Plon
    1931 La Grande Peur des Bien-Pensants. Grasset
    1934 Jeanne relapse et sainte. Plon [l'édition originale date de 1929]
    1935 Un Crime. Plon
    1936 Journal d'un curé de campagne. Plon [ce livre a été réédité avec une préface d'A. Malraux, Plon, 1974]
    1937 Nouvelle histoire de Mouchette. Plon
    1938 Les Grands Cimetières sous la lune. Plon
    1939 Scandale de la vérité. Gallimard
    Nous autres Français. Gallimard
    1946 Lettre aux Anglais. Gallimard [l'édition originale est parue à Rio de Janeiro en 1942]
    Monsieur Ouine. Plon [l'édition originale est parue à Rio de Janeiro en 1943]
    1947 La France contre les robots. Laffont [l'édition originale est parue à Rio de Janeiro en 1946]
    1948 Le Chemin de la Croix-des-Âmes. Gallimard
    [l'édition originale est parue à Rio de Janeiro de 1943 à 1945, 4 vol.]
    1949 Dialogues des carmélites. Seuil
    Les Enfants humiliés. Gallimard
    1950 Un Mauvais rêve. Plon
    1953 La liberté, pour quoi faire ? Gallimard
    1961 Français, si vous saviez... Gallimard [recueil d'articles écrits entre 1945 et 1948]
    1971 Combat pour la vérité. Correspondance inédite 1904-1934. Plon
    Combat pour la liberté. Correspondance inédite 1934-1948. Plon
    1975 La vocation spirituelle de la France. Plon [recueil d'articles rassemblés par J.-L. Bernanos]
    1983 Les Prédestinés. Seuil [ce volume rassemble Saint Dominique (1926), Jeanne relapse et sainte (1934) et Frère Martin (1943)]
    Lettres retrouvées. Correspondance inédite 1904-1948. Plon
    1961 Œuvres romanesques suivi de Dialogues des carmélites. Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard
    1971 Essais et écrits de combat, t. I. Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard [ce volume contient Saint Dominique, Jeanne relapse et sainte, Les Grands Cimetières sous la lune, Scandale de la vérité, Nous autres Français, La Grande Peur des bien-pensants, Textes non-rassemblés par Bernanos 1909-1938]
    1995 Essais et écrits de combat, t. II. Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard [ce volume contient Lettre aux Anglais, Le Chemin de la Croix-des-Âmes, Textes non- rassemblés par Bernanos 1938-1945, La France contre les robots, Français, si vous saviez..., La liberté, pour quoi faire ?]

    Source: Label France, no 33, septembre 1998
    © Ministère des Affaires étrangères, France (lien supprimé)

    Documentation

    Balthasar, Hans Urs von. Le chrétien Bernanos. Traduit de l’allemand par Maurice de Gandillac. Paris, Seuil, 1956.

    Béguin, Albert, éd. Georges Bernanos - Essais et témoignages. Paris, Seuil, 1949. Des textes de Stanislas Fumet, Yves Congar, Luc Estang et al.

    Béguin, Albert. Bernanos par lui-même. Paris, Seuil, 1954. Coll. « Écrivains de toujours ».

    Bernanos, Jean-Loup. Georges Bernanos à la merci des passants. Paris, Plon, 1986.

    Cahiers de L'Herne. « Bernanos ». Paris, Pierre Belfond, 1967. Cahier dirigé par Dominique de Roux, avec des textes de Thomas Molnar, Michel Estève et al.

    Estang, Luc. Présence de Bernanos, précédé de Dans l'amitié de Léon Bloy, par Georges Bernanos. Paris, Plon, 1947.

    Gaucher, Guy. Le thème de la mort dans les romans de Bernanos. Minard, 1955. Coll. « Thèmes et mythes ».

    Gaucher, Guy. « Bernanos et Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus », dans La Revue des Lettres modernes, 7/56-57 (automne 1960), pp. 226-268.

    Gaucher, Guy. Georges Bernanos et l’invincible espérance. Paris, Cerf, 1994.

    Molnar, Thomas. Bernanos, his Political Thought and Prophecy. New York, Sheed and Ward, 1960.

    Polet, Jean-Claude, dir. Bernanos, numéro spécial des Lettres Romanes, Tome XLII, n° 4, novembre 1988.

    Polet, Jean-Claude. « Bloy et Bernanos écrivains chrétiens », dans Les Études Classiques, Tome LVII, 1989, pp. 33-52.

    Polet, Jean-Claude. « Bernanos ou le discours à Nicodème », dans Pâque nouvelle, juillet-aout 1989, n° 4, pp. 1-4.

    Polet, Jean-Claude. « Vers une édition critique de l’Introduction de La Grande Peur des bien-pensants de Georges Bernanos », dans Les Lettres Romanes, Tome XLIV, n° 1-2, 1990, pp. 99-121.



    Textes en ligne

    Baudin, Frédéric. Littérature et christianisme. Les années 20: Un âge d'or? Autour de Georges Bernanos et d'André Gide, (La revue réformée, tome LI, no 209, 2000/9, septembre 2000).

    Bermond, Daniel. "Bernanos, un anticonformiste absolu", Label France, no 33, septembre 1998.

    Brochard, Gilles. "L'aventure gaullienne de Georges Bernanos", Une certaine idée. La revue trimestrielle de réflexion gaulliste, no 2 "La culture en jeu".

    Bush, William. The Witness of Bernanos, Crisis Magazine Online, vol. 14, no 10, novembre 1996. Compte rendu de: Hans Urs von Balthasar, Bernanos: An Ecclesial Existence. Traduction de Erasmo Leiva-Merikaki. Ignatius Press, 1996, 617 p.

    Piève, Sébastien. Bernanos le révolté. (À la bonne plume, Centre Saint-Guillaume)

    Saint-Cheron, François de. Georges Bernanos, Association pour la diffusion de la pensée française, 1998, 48 p. (La Petite Bibliothèque)

    Traxler, Sister Mary Peter. Georges Bernanos; His Literary Landscaping.

     

    Document vidéo 

    Émission "Rencontres", Radio-Canada. Jean-Loup Bernanos, fils de l'écrivain et spécialiste de son oeuvre, s'entretient avec Marcel Brisebois. On peut télécharger la bande sonore de cette entrevue télévisée en format mp3 sur le site "Dieu parmi nous", animé par Raymond Beaugrand-Champagne. Première partie. Deuxième partie

    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2014-01-07
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    Informations
    Données biographiques
    Nationalité
    France
    Naissance
    20 février 1888, Paris
    Déces
    5 juillet 1948
    Documents Associés
    Georges Bernanos
    Dieu, vie, mort, souffrance, désir, péché
    Jean Védrines
    Mondialisation
    Raccourcis

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