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    Le Play Frédéric

    Biographie

    Né en 1806 et mort en 1882, Frédéric Le Play peut être considéré comme un des pionniers de la sociographie. Après de très brillantes études à l’École polytechnique et à l’École des mines, il se fait vite connaître comme ingénieur par des mémoires remarqués. Professeur à l’École des mines, il en deviendra sous-directeur et inspecteur des études. Entre 1827 et 1854, il sillonne l’Europe à l’occasion de nombreux voyages d’études. S’il refuse de s’engager dans la politique, il ne prend pas moins conscience des problèmes sociaux de son temps, surtout à l’occasion des révolutions de 1848. Thiers et Arago le persuadent d’abandonner ses travaux proprement scientifiques pour se consacrer à des recherches d’«économie sociale». En 1855 paraissent ses Ouvriers européens avec, en sous-titre, «Études sur les travaux, la vie domestique et la condition morale des populations ouvrières de l’Europe, précédées d’un exposé de la méthode d’observation (1855)». L’ouvrage est constitué d’une série de monographies des plus diverses, depuis celle du forgeron de l’Oural jusqu’à celle du brassier d’Armagnac. En 1856, Le Play crée la Société d’économie sociale dans laquelle on retrouve Michel Chevalier, Alexandre Dumas et le comte de Montalembert... Introduit dans les milieux de la grande bourgeoisie conservatrice, ami du prince Napoléon puis de l’empereur lui-même, Le Play poursuit sous l’Empire une brillante carrière officielle. Commissaire général aux expositions universelles de 1855, de 1862 et de 1867, il est créé conseiller d’État, sénateur et grand officier de la Légion d’honneur. En 1864, il publie la Réforme sociale, deux gros volumes dans lesquels l’analyste se fait théoricien. Pour lui, le remède à la misère populaire c’est l’esprit d’épargne et de prévoyance allié à l’obéissance aux commandements de Dieu. Le Play insiste aussi sur l’importance de l’autorité: celle du patron dans l’atelier comme celle du père dans la maison. Sa conception de la religion est à l’avenant. Ces caractères ont mérité aux conceptions de Le Play l’épithète de «paternalistes». La rigidité de sa doctrine et le caractère conservateur de sa pensée réduisent l’influence de Le Play au moment où l’Empire devient libéral. L’évolution politico-sociale d’après 1870, qui amène peu à peu la République et les radicaux au pouvoir, relègue la pensée de l’auteur de la Réforme sociale au second plan. Ses doctrines resteront cependant étudiées dans les milieux conservateurs et marquent bien des esprits comme ceux de de Mun, de Taine, de Bourget et les créateurs de l’Action française.

    Si les conceptions sociales de Le Play n’intéressent plus guère aujourd’hui que l’historien des idées sociales, sa méthode d’observation et plus encore la moisson considérable de monographies qu’il a amassée avec ses disciples constituent des documents précieux sur la vie ouvrière et paysanne du siècle dernier, documents dont on n’a pas fini d’exploiter la richesse. C’est à l’École des mines que Le Play commença sa carrière d’observateur. L’instruction pratique comprenait alors des «explorations», sortes d’observations d’établissements industriels. Le Play poursuivit pendant plusieurs années et à travers toute l’Europe des voyages en vue de préparer des monographies de familles ouvrières. Il s’entoura bientôt d’une équipe et lui-même écrivit plus de trois cents monographies. Pour chacune de ses explorations familiales, il fait le tour de l’habitation, inventorie les meubles, les ustensiles et les vêtements, il évalue les immeubles, le montant des sommes disponibles et les animaux domestiques. Il étudie soigneusement l’alimentation (coût et composition des repas). Les travaux domestiques, la vie intellectuelle, morale et religieuse du foyer n’échappent pas non plus à son enquête. Pour arriver à ses fins, Le Play développe toute une technique de l’enquête, originale à l’époque et dont les chercheurs actuels ne font que reprendre les principes, par exemple, inspirer la confiance, demander des récits plus ou moins utiles mais qui intéressent les interlocuteurs, etc.

    Le Play n’était certes pas le premier à se pencher sur le sort des familles ouvrières. Quelques années avant lui, en France, Villermé, pour n’en citer qu’un, avait, dans des enquêtes célèbres, révélé le sort misérable des ouvriers. Mais Le Play fournit des données plus précises et plus économiquement utilisables que les données sociologiques de son prédécesseur. En nous présentant une impressionnante galerie de familles choisies dans les milieux les plus divers, c’est tout le monde ouvrier de l’Europe occidentale de 1850 à 1870 que l’auteur des Ouvriers européens ressuscite dans une oeuvre unique.

    L’année après leur parution, l’Académie des sciences couronne les Ouvriers européens. À la même occasion, le corps savant souhaite que l’oeuvre soit continuée. Le Play fonde alors la Société d’économie sociale qui entreprend la suite de l’oeuvre sous le titre les Ouvriers des Deux Mondes. De 1857 à 1885, la Société publie une première série de cinq volumes contenant 46 monographies de familles ouvrières, la plupart européennes, quelques-unes d’Asie, d’Afrique et d’Amérique. C’est dans le cinquième volume de cette première série que l’on trouve «Paysan de Saint-Irénée» de Gauldrée-Boilleau, rédigé d’après des observations recueillies en 1861 et 1862 et publié à Paris en 1875.

    De 1885 à 1899, la Société publie une deuxième série de monographies encore en cinq tomes qui présentent des famines ouvrières depuis la Bretagne jusqu’à l’Indochine en passant par les États-Unis, la Russie, la Laponie et le Sahara. Une troisième série est lancée à la fin de 1899. C’est dans cette dernière série que, en 1904, l’abbé Lortie de Ouébec publie son «Compositeur typographe».

    Les Canadiens semblent avoir découvert la Société d’économie sociale après 1885. Le consul de France, Gauldrée-Boilleau, qui enquête suivant la méthode de Le Play en 1861 et 1862, ne semble pas avoir intéressé les Canadiens à son entreprise ni laissé de disciples au pays. En 1885-1886, Léon Gérin, au hasard d’un bref séjour d’études à Paris, découvre le groupe fondé par Le Play et alors animé par l’abbé Henri de Tourville et Edmond Demolins. En 1896, la Réforme sociale, organe de la Société d’économie sociale, donne une liste de membres canadiens de la Société. On y relève les noms suivants : Pierre Boucher de la Bruère, Gustave Bourassa, Paul de Cazes, Alphonse Desjardins, Mgr Joseph-Médard Émard, les juges Charles-Ignace Gill et Louis-Amable Jetté, l’honorable Joseph Royal, le juge Jonathan-Saxton-Campbell Wurtele (la Réforme sociale, 31 (1896), p. 45).

    Source: Pierre Savard, «Introduction», Paysans et ouvriers québécois d'autrefois (Paysan de Saint-Irénée de Charlevoix en 1861 et 1862 par Charles-Henri-Philippe Gauldrée-Boilleau, et Compositeur typographe de Québec en 1903 par Stanislas-Alfred Lortie); reproduits des Ouvriers des Deux Mondes avec une introduction de Pierre Savard. Québec, Presses de l'Université Laval, 1968 (LES CAHIERS DE L'INSTITUT D'HISTOIRE, 11), p. [9]-11
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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