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    Mckenzie Francine

    Voici l'article que Jacques Dufresne signa dans le journal La Presse, au lendemain de la mort de Francine Mckenzie.

    «Francine-McKenzie est née à Salaberry-de-Valleyfield en 1937. Détentrice d'une maîtrise en anthropologie, elle oeuvre dans le milieu universitaire durant plusieurs années. Femme pragmatique, humaniste et féministe, elle est nommée présidente du Conseil du statut de la femme en 1984. À la tête du conseil, elle s'est intéressée particulièrement au domaine de la santé et aux dossiers économiques. De 1975 à 1977, elle est membre du comité de citoyens de Saint-Jean-Chrysostome. En 1988, elle décède prématurément à l'âge de 50 ans.

    Mme Francine C. McKenzie porte une attention particulière aux nouvelles technologies de la reproduction. La connaissance approfondie du sujet, acquise grâce aux études préalablement effectuées, permet au Conseil d’amorcer et de soutenir un large débat sur la problématique de l’intégrité de la maternité et du contrôle de la fécondité dans les milieux directement concernés du droit, de l’éthique, de la médecine et de la biologie. Le point culminant de cette intervention du Conseil est le Forum international sur les nouvelles technologies de la reproduction, dont les actes sont publiés dans un ouvrage intitulé Sortir la maternité du laboratoire.

     

    Biographie

    Quand disparaissent des êtres de haute stature, on se reproche parfois de ne pas avoir fait leur éloge de leur vivant. Je n'aurai pas à me faire ce reproche en ce qui a trait à madame Francine Mckenzie. Il m'a été donné de dire mon admiration pour elle lors de la séance d'ouverture du Forum international sur la maternité au laboratoire organisé par le Conseil du statut de la femme, en octobre 1987: «Il se pourrait aussi que de nouvelles autorités morales surgissent de l'état de nécessité dans lequel nous nous trouvons. Le rôle joué au Québec par le Conseil du statut de la femme dans le débat sur les NTR est à cet égard extrêmement instructif. Ce n'est pas l'Église, ce ne sont pas les théologiens,encore moins les philosophes, ce ne sont pas non plus les Parlements, c'est le Conseil du statut de la femme qui a donné le ton.au débat en le situant d'emblée à un niveau très élevé.» Au colloque,.tout le monde savait qu'en cette matière particulièrement, l'autorité du Conseil c'était celle de Francine Mckenzie

    Madame Mckenzie se savait depuis longtemps atteinte d'une maladie mortelle. Le progrès aura fait disparaître bien des aspérités de la condition humaine. Il a toutefois ajouté à la vie de certains une dimension tragique qui n'existait pas auparavant: la plupart des personnes atteintes de cancer connaissent le jour et l'heure de leur mort. La prévision nécessaire au bonheur et à la sécurité générale devient, dan leur cas, une cause supplémentaire de malheur. Leur sort s'apparente ainsi à celui de Prométhée, d'Iphigénie,du Christ et de toutes les autre figures, historiques ou mythiques,qui expient une démesure dont le reste des mortels profitent.

    C'est la raison pour laquelle on est si touché par la force d'âme dont font souvent preuve les cancéreux. Cette force d'âme, Francine Mckenzie ne l'a pas seulement possédée, elle en a été imprégnée au point d'en être à jamais l'incarnation vivante pour tous ses amis et ses proches, petit cercle choyé auquel des centaines de milliers de Canadiens auront pu se joindre grâce à l'émission Impact de mai dernier.

    Pendant les derniers mois de sa vie, Francine Mckenzie ne s'est jamais départie de la suprême politesse:celle qui consiste, pour un grand malade, à mettre à l'aise des visiteurs désarmés par leur compassion et par leur propre attachement à la vie. On sentait en sa présence la gravité de la situation,mais on était immédiatement emporté par sa force d'âme vers une sérénité où la conversation la plus naturelle et la plus vraie allait de soi. Lors de sa dernière rencontre avec l'une de ses amies de longue date, madame Mckenzie a sablé le Champagne, se contentant pour elle-même de quelques gorgées de boisson gazeuse pétillante, ne cessant jamais ensuite d'alimenter une conversation où sa superbe intelligence oscillait entre les mots d'esprit les plus fins et les analyses les plus justes.

    Pour ma part, je n'ai connu.Francine Mckenzie que quelque temps après sa première attaque grave, il y aura bientôt deux ans. J'ai tout de suite perçu chez elle la totale liberté de ceux qui n'ont plus rien à perdre et le savent de tout leur être. C'est cette liberté qui lui conférait son autorité morale.Que vont penser mes amis de droite de telle de mes opinions, mes amis de gauche de telle autre?.Est-ce que je ne vais pas nuire à ma carrière si je dis le fond de ma pensée sur cette question? Francine Mckenzie était complètement exempte de ces entraves mesquines et, pour cette raison même, fort répandues.

    On aura également pu noter que les deux Québec qui l'avaient formée,.celui de ses racines religieuses et celui de sa lucidité, convergeaient en elle sans les fausses notes que sont en pareille circonstance une ferveur dictée par la culpabilité.ou un durcissement découlant d'une lucidité au fond mal assurée.
    La corde raide sur laquelle elle se maintenait en équilibre était à une telle hauteur que l'on craignait le pire à tout instant, ce pire n'étant pas pour elle la mort mais une chute soit dans le sentimentalisme,soit dans la mise en scène, soit dans l'illusion. Elle restait naturelle et vraie; elle semblait ne pouvoir trouver refuge que dans une plus grande lumière. Elle parlait volontiers des derniers textes qui l'avaient marquée, dont un sur la beauté qui contenait cette phrase:.« La beauté inonde d'une joie de vivre qu'il faudrait mourir pour goûter pleinement.»

    Philosopher, disait Platon, c'est apprendre à mourir. »

    Journal La Presse, 17 juin 1988

     

    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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