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    Eros

    Eros, aussi appelé Amour ou Cupidon est le dieu de l'amour chez les Grecs. «Les mythes les plus archaïques, note J.F. Froger, en font un dieu primordial né en même temps que la Terre et sorti directement du chaos primitif. Plus tard, on en a fait le fils d'Aphrodite, déesse de l'amour, identifiée à Rome avec la divinité italique Vénus.»1


    Biographie

    Eros et Psyché

    Parmi les nombreuses évocations d'Eros qui ont retenu l'attention, il y a d'abord celle de Platon dans le Banquet et celle d'Apulée dans Eros et Psyché.


    L'Eros de Platon ressemble étonnamment à Socrate: il est pauvre, laid, mais aussi enchanteur, désireux de savoir, philosophant sans cesse. La ressemblance est telle que l'on peut se demander si Diotime de Mantinée, celle qui, dans le dialogue, révèle les origines d'Eros, n'a pas voulu plaire à Socrate en faisant jaillir de la mythologie un Eros à son image. L'un des surnoms de Sacrate était: o erotikos!

    «Comme fils de Poros [l'Abondance] et de Pénia [la Pauvreté], voici quel fut le partage de l'Amour : d'abord il est toujours pauvre, et, loin d'être beau et délicat, comme on le pense généralement, il est maigre, malpropre, sans chaussures, sans domicile, sans autre lit que la terre, sans couverture, couchant à la belle étoile auprès des portes et dans les rues; enfin, comme sa mère, toujours dans le besoin. Mais, d'autre part, selon le naturel de son père, il est toujours à la piste de ce qui est beau et bon; il est mâle, hardi, persévérant, chasseur habile, toujours machinant quelque artifice, désireux de savoir et apprenant avec facilité, philosophant sans cesse, enchanteur, magicien, sophiste. De sa nature, il n'est ni mortel ni immortel. Mais, dans le même jour, il est florissant et plein de vie, tant qu'il est dans l'abondance, puis il s'éteint, pour revivre encore par l'effet de la nature paternelle. Tout ce qu'il acquiert lui échappe sans cesse, en sorte qu'il n'est jamais ni riche ni pauvre. Il tient aussi le milieu entre la sagesse et l'ignorance, car aucun dieu ne philosophe ni ne désire devenir sage, puisque la sagesse est le propre de la nature divine; et, en général, quiconque est sage ne philosophe pas. Il en est de même des ignorants : aucun d'eux ne philosophe ni ne désire devenir sage, car l'ignorance a précisément le fâcheux effet de persuader ceux qui ne sont ni beaux, ni bons, ni sages, qu'ils possèdent ces qualités; or nul ne désire les choses dont il ne se croit point dépourvu» (203c-204b, traduction Dacier et Grou, 1873).

    Retenons de ce portrait qu'Eros est toujours sur la «piste de ce qui est beau», les beaux corps n'étant que la première étape dans une ascension, de plus en plus spirituelle, vers la Beauté en soi.

    Ce demi-dieu a surtout intéressé les philosophes et les mystiques.C’est un mythe, un récit archaïque repris par Apulée sous forme de conte, Eros et Psyché, qui est à l'origine des représentations d'Eros qui ont le rapport le plus direct avec le Cupidon de notre Saint Valentin. Ce conte contient plusieurs portraits fortement constrastés d'Eros. Il y apparaît tantôt comme un mauvais «garnement ailé», tantôt comme un amant digne de ce mot de Bernard de Clairvaux, «la seule mesure de l'amour, c'est d'aimer sans mesure.»

    C’est l’histoire de la fille d’un roi, Psyché, dont la beauté était «si rare, si merveilleuse» qu’on venait des contrées les plus lointaines pour la contempler. Elle suscita ainsi l’envie de Vénus qui ne pouvait tolérer qu’une simple mortelle la remplace dans le cœur et le regard des humains. Psyché avait deux sœurs très belles également, mais d’une beauté humaine. Elles épousèrent des hommes de haut rang et pendant longtemps on crut que leur sort serait préférable à celui de Psyché, réduite par sa beauté plus qu’humaine à la plus grande solitude.

    Loin d’être attendrie par ce malheur, Vénus, de plus en plus déterminée à assouvir sa vengeance, confie à son fils Eros la mission de faire en sorte que Psyché s’éprenne du plus laid et du plus misérable des mortels. Pendant ce temps, le roi, rendu inconsolable par la tristesse de Psyché, soupçonne les dieux, Vénus en particulier, d’assouvir par ce moyen leur vengeance. Il consulte l’oracle de Milet. Pour épargner de plus grands maux à lui-même et à son peuple, il devra immoler Psyché. Il la conduit donc, accompagné d’une foule en larmes, au sommet d’une montagne voisine, où il l’abandonne à une mort certaine. C’est Psyché qui, semblant pressentir que cette mort serait le début d’une autre vie, donne à ses proches le courage d’accomplir jusqu’au bout le sacrifice dont elle est la victime.

    Son enfer est de courte durée. Un doux zéphyr l’emporte bientôt vers une vallée enchantée et la dépose sur un gazon fleuri. Des serviteurs, invisibles mais pleins de sollicitude pour elle, la rassurent sur son sort et l’invitent à prendre possession d’un palais qui lui est destiné. Elle a maintenant la certitude qu’elle est au pays des dieux. Chaque nuit un homme vient la rejoindre. Elle s’habitue peu à peu aux plaisirs inconnus qu’il lui apporte et s’attache à sa personne invisible. Il lui a fait promettre que jamais elle n'exigerait qu'il lui révèle son identé.

    Mais au loin, dans le premier monde, la jalousie de ses sœurs, qui devinent son bonheur, s’exacerbe. Elles découvriront son refuge doré et à force de ruses la convaincront d’allumer une lampe, la nuit, pour enfin voir son amant, le tuer pendant son sommeil et s’emparer de tous ses trésors.

    «La force abandonne alors Psyché; le cœur lui manque. Mais le sort a prononcé, le sort est impitoyable, son énergie revient. Elle avance la lampe, saisit son poignard. Adieu la timidité de son sexe.» Elle est éblouie par ce qu'elle voit et la bonté de sa vraie nature reparaît.

    Elle paiera cher cette vision. Eros avait lui-même trahi sa mère en devenant amoureux de la femme qu’il devait jeter dans les bras du dernier de mortels. Il savait qu’il s’exposait ainsi à un terrible châtiment et qu’il devait, pour sauver leur amour, punir Psyché en se séparant d’elle. Une goutte d’huile brûlante tombée de la lampe de Psyché l’avait blessé. Pendant qu’il attendait la guérison dans une chambre du palais où sa mère le tenait enfermé, Psyché errait de par le monde pourchassée par Vénus, qui devait bientôt s’emparer d'elle pour la soumettre aux plus dures épreuves. Chaque nouvelle épreuve aiguisait le désir d’Eros qui, guéri de sa blessure à l’épaule, pouvait de nouveau déployer ses ailes.

    Ce sera bientôt l’apothéose. Jupiter lui-même fera de Psyché une immortelle, de sorte que Vénus ne pourra plus reprocher à son fils d’avoir épousé une simple mortelle. Eros et Psyché eurent une fille. Ils la nommèrent Volupté.

    Portraits de Cupidon
    S’il faut en juger par le conte d’Apulée, Eros est l’être des extrêmes. Quand il est hors du rayonnement de Psyché il apparaît comme un garnement ailé : Aussitôt Vénus appelle son fils, ce garnement ailé qui ne respecte ni morale, ni police, qui se glisse chez les gens comme un voleur de nuit, avec ses traits et son flambeau, cherchant partout des ménages à troubler, du mal à faire, et ne s'avisant jamais du bien. Le vaurien n'est que trop enclin à nuire; sa mère vient encore l'exciter. Elle le conduit à la ville en question, lui montre Psyché (c'était le nom de la jeune princesse), et de point en point lui fait l'historique de l'odieuse concurrence qu'on ose faire à sa mère.
    Ce jugement est celui de Jupiter lui-même. Voici ce qu’il dit du garnement ailé au moment de lui accorder son pardon. Le maître des dieux pince doucement ses petites joues, les attire près de ses lèvres, les baise, et lui dit : Monsieur mon fils, vous n'avez guère respecté en moi la suprématie déférée par le consentement des dieux : de moi le régulateur des éléments, le moteur des révolutions célestes, vous avez fait le point de mire ordinaire de vos flèches. Vous m'avez compromis dans je ne sais combien d'intrigues amoureuses avec des mortelles. En dépit des lois, notamment de la loi Julia et de toute morale publique, vous avez chargé ma conscience, aussi bien que ma réputation, d'assez scandaleux adultères. Flamme, serpent, oiseau, bête des bois, bête d'étable; il n'est métamorphose ignoble où vous n'ayez ravalé la majesté de mes traits; (5) mais je veux être débonnaire, et me rappeler seulement que vous avez grandi entre mes bras. J'accède à votre requête; mais arrangez-vous pour qu'elle ne se renouvelle pas. D'autre part, en revanche, s'il se montre là-bas quelques minois hors de ligne, souvenez-vous que vous me devez une compensation.
    Est-ce bien le même Eros qui a été désarmé par Psyché au point d’en devenir amoureux alors qu’il avait mission de faire son malheur? Est-ce le même Eros qui suscite l’extase de Psyché quand il devient visible à ses yeux? Mais à l'instant la couche s'illumine, et voilà ses mystères au grand jour. Psyché voit (quel spectacle !) le plus aimable des monstres et le plus privé, Cupidon lui-même, ce dieu charmant, endormi dans la plus séduisante attitude. Au même instant la flamme de la lampe se dilate et pétille, et le fer sacrilège reluit d'un éclat nouveau. Psyché reste atterrée à cette vue, et comme privée de ses sens. Elle pâlit, elle tremble, elle tombe à genoux. Pour mieux cacher son fer, elle veut le plonger dans son sein; et l'effet eût suivi l'intention, si le poignard, comme effrayé de se rendre complice de l'attentat, n'eût échappé soudain de sa main égarée. Elle se livre au désespoir; mais elle regarde pourtant, et regarde encore les traits merveilleux de cette divine figure, et se sent comme renaître à cette contemplation. Elle admire cette tête radieuse, cette auréole de blonde chevelure d'où s'exhale un parfum d'ambroisie, ce cou blanc comme le lait, ces joues purpurines encadrées de boucles dorées qui se partagent gracieusement sur ce beau front, ou s'étagent derrière la tête, et dont l'éclat éblouissant fait pâlir la lumière de la lampe.

    Est-ce le même garnement ailé qui au lieu de prendre Psyché en haine parce qu’elle a rompu leur pacte et songé à le tuer, s’expose à de nouveaux malheurs pour lui prouver un amour qui n’a fait que croître. «Cependant la blessure de Cupidon s'était cicatrisée. La force lui était revenue, et avec elle l'impatience de revoir sa Psyché. Il s'échappe à travers l'étroite fenêtre de sa prison. Ses ailes rafraîchies et reposées le transportent en un clin d'oeil près de son amante. Il la dégage avec soin du sommeil qui l'oppresse, et qu'il replace dans sa boîte. Puis, de la pointe d'une de ses flèches, il touche légèrement Psyché et la réveille : Eh quoi ! malheureuse enfant, encore cette curiosité qui te perd ! Allons, hâte-toi de t'acquitter de la commission de ma mère; moi, j'aviserai au reste. À ces mots, l'amant ailé reprend son vol, et Psyché se dépêche de porter à Vénus le présent de Proserpine.2
    Les deux extrêmes évoqués ici, le garnement et le bel être, illustrent les deux conceptions de l'amour qui s'opposent en Occident au moins depuis le début des temps historiques. D'un côté le monde du besoin, des instincts, que nous appelons aujourd'hui sexualité, de l'autre l'amour spirituel.

    En ce moment le garnement, souvent privé de ses ailes, triomphe sur tous les écrans Il fut le premier dieu, sera-t-il le dernier? Est-il nécessaire que nous le présentions ici?

    La voie du désir
    Donnons plutôt la parole à des penseurs solitaires, comme Jean-François Froger, qui ont conservé le culte du bel être. Dans la voie du désir, il soutient qu'abstraction faite des travers de l'époque d'Apulée, on peut considérer son conte comme découlant en droite ligne des récits archaïques. Il s'agit à ses yeux, sans l'ombre d'un doute, d'un récit initiatique, où Psyché représente l'âme et Eros Dieu. La beauté n'est rien en elle-même, mais elle est manifestation dans la Relation subsistante de la splendeur de l'amour; vie jaillissante où tout s'évanouit pour surgir en une éternelle fraîcheur.

    Le mythe d'Eros et de Psyché révèle le mystère de l'assomption parfaite de l'homme, lorsque sa troisième instance est complètement éveillée à la lumière archétypale et à la présence réelle et vivifiante de l'amour prégnant à sa propre existence. Mais cet amour est divin.
    3
    L'Eros cosmogonique...
    Parmi les nombreux ouvrages et articles consacrés à Eros, il en est un, L'Eros cosmogonique de Ludwig Klages, qui mérite une attention particulière parce que l'auteur y renvoie dos à dos les interprétations classiques pour en proposer une troisième où Eros est à la fois détaché du moi comme dans l'amour mystique et immergé dans la vie, dans une vie où il n'est plus prisonnier du besoin.

    Pour Klages, l'époque où a vécu Apulée est la période rococode l'antiquité. Pour retrouver l'Eros authentique, il remonte jusqu'à Hésiode, huit cents ans plus tôt. Dans sa Théogonie, Hésiode présente Eros, né sans père ni mère, comme l'un des tous premiers êtres, comme la force d'attraction dont dépend l'existence même du monde matériel. Dans les hymnes orphiques, c'est Chronos qui est son père. Sapho le présente comme le fils du Ciel et de la Terre. C'est à la conception d'Hésiode que Klages identifie Eros, en le présentant toutefois comme une présence attractive plutôt que comme une force d'attraction. Au moment où Freud associe Eros à la sexualité, Klages l'en dissocie. «Il faut, note l'un de ses commentateurs, distinguer Eros de l’amour et de la sexualité, l’un et l’autre étant liés à cette entité, le moi, qui tend à devenir le centre de gravité de la vie de l'homme au fur et à mesure que l’histoire sépare son âme de la terre, transformant sa riche individualité en un masque vide, en un robot, divorcé d'Eros et de la terre. Tout Eros est «Eros du lointain» (Eros der Ferne) et il suffira d'un moment de réflexion pour démontrer que rien ne caractérise mieux la technologie planétaire moderne que sa tendance à annihiler la distance. De la même manière, la volonté de posséder, le besoin de domination et la dépendance irréfléchie à l'endroit de «l'information» sont condamnés par Klages comme autant de tentatives de lever le voile d'Isis, ce qui à ses yeux est l'ultime atteinte à la vie. Pour Klages l'expression la plus vitale d'Eros n'est pas dans l'amour jusqu'à la mort des tragédies sentimentales mais plutôt dans le renoncement à la volonté, dans l'abandon aux forces du cosmos. Il existe un Eros de la maison comme il existe un Eros de la patrie, un Eros de l'instrument que nous avons fabriqué de nos mains aussi bien qu'un Eros de l'oeuvre d'art que nous avons créée à l'aide de cet instrument. Eros habite tout objet sensible auquel nous nous sentons intimement liés et tous les objets de ce genre deviennent les symboles vivants de nos joies et de nos peines. L'ego n'a rien à voir avec ces liens érotiques.»4

    L'ivresse érotique — dont l'éblouissement de la Psyché d'Apulée est un exemple rococo — est l'accomplissement de ce rapport avec les réalités vivantes.
    «On ne saurait, écrit Klages, tenter de dénombrer les occasions qui permettent l'entrée de l'être animé dans le cercle enflammé de l'ivresse érotique. Celle-ci peut se produire à la simple vue d'un être aimé (appartenant soit au même sexe, soit au sexe opposé, soit au règne animal ou végétal) ; elle peut se produire aussi à l'aspiration d'un parfum, à la dégustation d'un vin, à l'audition d'un son, au contact d'une branche ruisselante. (...) Elle ressemble si peu à un état de besoin quelconque que nous devons définir l'impulsion qui habite en elle comme un débordement, une diffusion rayonnante, un don de soi sans limite. Elle n'est ni besoin ni manque, mais surabondance de plénitude jaillissante, flamme couronnée d'étincelles d'or, gestation lourde de mondes.» 5

    Notes
    1. Jean-François Froger, La voie du désir, selon le mythe Eros et Psyché d'Apulée., Éditions DésIris, F-04340 Méolans-Revel, p.12.
    2. Tous les extraits du conte Eros et Psyché sont tirés de la traduction M. Nisard, Pétrone, Apulée, Aulu-Gelle. Oeuvres complètes, Paris, 1860, p. 266-414.
    3. J.F. Froger, op.cit., p 102.
    4. John Claverley Cartney, texte publié sur Internet.
    5. Ludwig Klages, Vom Kosmogonischen Eros, Eugen Diederichs Verlag, Iéna, 1930, p.35.

    ***

    Eros évoqué par Sophocle, dans un choeur d'Antigone

    «Amour invincible au combat,
    Amour, tyran de tes conquêtes,
    toi qui, la nuit, reposes sur les joues
    fraîches des jeunes filles,
    toi qui cours les mers, les champs, les tanières,
    pas un immortel ne t’évite,
    pas un des hommes périssables,
    et il est fou, celui qui a l’amour au coeur.
    L’esprit du juste même,
    pour le perdre, tu le séduis à l’injustice.
    Ne viens-tu pas, entre ces hommes,
    d’exciter une haine au même sang nourrie?
    Vainqueur est l’attrait qui rayonne
    des yeux de la jeune épousée;
    il a sa place entre les grandes Lois
    qui règnent sur le monde,
    et sans combat la divine Aphrodite
    fait de nous ce qu’elle veut.»
    Sophocle, Antigone, trad. Robert Pignarre, Classiques Garnier, Paris 1958, p.135.

    Une Psyché contemporaine apparentée à celle d'Apulée
    (...)
    «Psyché, vous êtes ma souffrance
    Vous vous mourez au vent d'ailleurs
    Vos yeux sont las de l'apparence
    Et vacillants comme des fleurs.

    Et Psyché vous êtes mon rêve,
    Ensemençant le ciel léger
    De vos mépris pour l'heure brève
    Qui dit que vivre est de changer.»
    Charles Maurras, Pour Psyché, La musique intérieure, B.Grasset/Éditions Variétés, Montréal 1943.

    Documentation

    Bettelheim, Bruno, Psychanalyse des contes de fées, Édition Pocket, 1976.

    Froger, Jean-François, La voie du désir, selon le mythe Eros et Psyché d'Apulée, Éditions DésIris, F-04340 Méolans-Revel.

    Eros et Agapè selon Tauler. Eros monte, du multiple vers l'un, de l'impur vers le pur, du terrestre vers le céleste, Agapè descend...
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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