• Encyclopédies

      • Encyclopédie de l'Agora

        Notre devise: Vers le réel par le virtuel!


      • Encyclopédie sur la mort

        L’encyclopédie sur la mort veut s'intéresser à ce phénomène sous ses multiples aspects et ses diverses modalités.


      • Encyclopédie Homovivens

        Encyclopédie sur les transformations que l'homme opère en lui-même au fur et à mesure qu'il progresse dans la conviction que toute vie se réduit à la mécanique.


      • Encyclopédie sur l'inaptitude

        Tout le monde en conviendra : c'est au sort qu'elle réserve aux plus vulnérables de ses membres que l'on peut juger de la qualité d'une société. Aussi avons-nous voulu profiter ...


      • Encyclopédie sur la Francophonie

        L'Encyclopédie de la Francophonie est l'une des encyclopédies spécialisées qui se développent parallèlement à l'Encyclopédie de l'Agora.

  • Dictionnaires
  • Débats
      • Le Citoyen Québécois

         Après la Commission Gomery, la Commission Charbonneau! À quelles conditions pourrions-nous en sortir plus honnêtes… et plus prospères

      • L'hypothèse Dieu

         Un nouveau site consacré au dialogue entre croyants et non-croyants a été créé. Son titre « L’hypothèse Dieu » annonce-t-il un vira...

  • Sentiers
      • Les sentiers de l'appartenance

        L'appartenance c'est le lien vivant, la rencontre de deux Vies : la nôtre et celle de telle personne, tel  paysage...Quand la vie se retire, le sentiment d'appropriation se substitue au ...

      • Le sentier des fleurs sauvages

        Nous sommes des botanistes amateurs. Notre but est de partager un plaisir orienté vers une science complète où le regard du poète a sa place à côté de celui du botaniste, du généticien, du gastrono...

      • L’îlot Louis Valcke

        Sur les traces de Louis Valcke (1930-2012), professeur, philosophe, essayiste, cycliste, navigateur et pèlerin. Spécialiste mondial de l’œuvre de Pic de la Mirandole.

  • La lettre
    • Édition


    La lettre de L'Agora
    Abonnez-vous gratuitement au bulletin électronique. de L'Agora.
    Si l’Encyclopédie de l’Agora demeure progressiste, c’est dans un nouveau sens du mot progrès, fondé sur la science réparatrice et sur le principe de précaution.
    Média social:
    Facebook:


    Fluxs RSS:

    Impression du texte

    Draveur

    Animation décrivant l'histoire d'une jeune femme qui repousse les prétendants qu'on lui destine parce qu'elle est obnubilée par un draveur, qui finalement l'entraînera dans une valse effrénée. Une joyeuse animation entremêlée de métrage d'archives sur la drave. Avec une chanson interprétée par les sœurs McGarrigle.

    Définition

    Menaud maître draveur de Félix Antoine Savard est l'un des classiques de la littérature québécoise.

    Dans Menaud maître draveur, sont réunis les deux courants qui ont marqué les débuts de la littérature québécoise : le terroir et le patriotisme. L'histoire est simple : Menaud, un vieux draveur, n'admet pas que les Canadiens français en soient réduits au rôle de «porteurs d'eau» dans leur propre pays. Il n'admet pas que certains aient trahi l'héritage des ancêtres en vendant leurs bras aux Anglais, propriétaires de la forêt. Il essaie d'organiser une résistance, avec son fils Joson et son copain Alexis.

    «Les tentes avaient été dressées une quinzaine de jours auparavant par les draveurs du «temps de glace».

    On appelait ainsi, au pays du Québec, ceux qui, dès la première fonte des neiges, vont ouvrir les chenaux des rivières et préparer la grande drave.

    C'est, de toutes, la corvée la plus dure et la plus hasardeuse.

    Les hommes ont à se battre contre le froid, la neige et l'eau.

    D'une étoile à l'autre, ils doivent dégager les billes encavées dans la glace, courir sur le bois en mouvement, s'agripper aux branches, aux rochers de bordure quand l'eau débâcle et qu'elle veut tout emporter comme une bête en furie.

    On les vit revenir à la brunante, trempés jusqu'aux os, grelottant dans leurs hardes que le froid avait raidies.

    Les deux équipes échangèrent des amitiés et se précipitèrent vers la mangeaille, sous l'appentis de toile.

    Il faisait maintenant nuit.

    Tout autour, les montagnes déjà noires encerclaient d'une sombre margelle le puits des étoiles claires.

    Menaud s'informa des mouvements de l'eau, du bois et du travail des hommes.

    Après quoi, pour se divertir un peu de toutes les misères qui s'annonçaient, les draveurs allumèrent un feu sous les épinettes.

    On eût dit que la flamme réveillait le sang engourdi de cette race.

    Sous les branches toutes flétries d'étincelles, dès que le Bourin eut embouché sa musique et battu des pieds, ce fut une débâcle, une poussée de gestes de délivrance et comme une revanche de ces âmes que les fatigues et le froid avaient rendues inertes.

    René Richard a illustré une édition de luxe de Menaud Maître-draveur (Éditions La Frégate,1979).

    Aussitôt qu'un danseur s'épuisait, un autre reprenait la gigue : visage en flammes, cris ardents, regards perdus vers un rêve mystérieux entrevu dans l'entrelacement des branches embrasée où les génies du feu dessinaient, à la complaisance de chacun, les figures qu'il aimait revoir.

    Tout cela semblait remonter de la profondeur du sang.

    Tout cela rappelait que les pères avaient été, d'un océan à l'autre, et même dans tous les périls, les plus gais des hommes, les fidèles échos de ce monde sonore, les amants passionnés de cette nature aux belles images sans cesse renouvelées, à laquelle, tous, dans la plaine, sur la rivière ou la montagne, dans la neige ou les jouailleries du printemps, ils avaient chanté une chanson d'amour et un hymne de liberté.

    Personne ne parlait plus de drave maintenant.

    La danse allait, légère, sur la pointe des pieds, comme pour un envol, et vêtue de feu.

    Délivrés, inlassables, ils exprimaient, chacun, sa vie propre. Ils révélaient par les bras, les pieds, les yeux, les cris poussés dans la frénésie des cadences, ce qu'ils avaient reçu du passé et appris par eux-mêmes; ils animaient d'une sorte de lyrisme sauvage tout ce décor de misère.

    (Félix-Antoine SAVARD, Menaud maître draveur, Fides, 1958 - Première publication : 1937)

    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
    Loading
    Informations

    54%
    Dons reçus (2016-2017): 10 862$
    Objectif (2016-2017): 20 000$


    Nous avons reçu 18 600$ lors de la campagne 2015-2016. Nous vous remercions de votre générosité. Pour la campagne 2016-2017, notre objectif s'élève à 20 000$.

    Contribuez au rayonnement des oeuvres de l'Agora/Homo vivens en devenant membre ou en faisant un don.