• Encyclopédies

      • Encyclopédie de l'Agora

        Notre devise: Vers le réel par le virtuel!


      • Encyclopédie sur la mort

        L’encyclopédie sur la mort veut s'intéresser à ce phénomène sous ses multiples aspects et ses diverses modalités.


      • Encyclopédie Homovivens

        Encyclopédie sur les transformations que l'homme opère en lui-même au fur et à mesure qu'il progresse dans la conviction que toute vie se réduit à la mécanique.


      • Encyclopédie sur l'inaptitude

        Tout le monde en conviendra : c'est au sort qu'elle réserve aux plus vulnérables de ses membres que l'on peut juger de la qualité d'une société. Aussi avons-nous voulu profiter ...


      • Encyclopédie sur la Francophonie

        L'Encyclopédie de la Francophonie est l'une des encyclopédies spécialisées qui se développent parallèlement à l'Encyclopédie de l'Agora.

  • Dictionnaires
  • Débats
      • Le Citoyen Québécois

         Après la Commission Gomery, la Commission Charbonneau! À quelles conditions pourrions-nous en sortir plus honnêtes… et plus prospères

      • L'homme, la nature, la techique

        Réflexions inspirées de Bernard Charbonneau et Jacques Ellul, avec la collaboration de l'Association Aquitaine B.Charbonneau J.Ellul, sous la présidence de Sébastien Mor...

  • Sentiers
      • Les sentiers de l'appartenance

        L'appartenance c'est le lien vivant, la rencontre de deux Vies : la nôtre et celle de telle personne, tel  paysage...Quand la vie se retire, le sentiment d'appropriation se substitue au ...

      • Le sentier des fleurs sauvages

        Nous sommes des botanistes amateurs. Notre but est de partager un plaisir orienté vers une science complète où le regard du poète a sa place à côté de celui du botaniste, du généticien, du gastrono...

  • La lettre
    • Édition


    La lettre de L'Agora
    Abonnez-vous gratuitement au bulletin électronique. de L'Agora.
    Si l’Encyclopédie de l’Agora demeure progressiste, c’est dans un nouveau sens du mot progrès, fondé sur la science réparatrice et sur le principe de précaution.
    Média social:
    Facebook:


    Flux RSS:

    Devoir

    Enjeux

    Victor Brochard: le devoir dans la morale ancienne
    «En effet, s'il est une idée qui semble fondamentale puisqu'elle entre souvent dans la définition même de la morale, c'est l'idée d'obligation, de devoir. Nombre de moralistes acceptent sans hésiter de définir la morale la science du devoir, et notre esprit moderne ne conçoit même point une morale qui ne tracerait pas à chacun sa ligne de conduite, ne lui formulerait pas certains préceptes auxquels il est tenu d'obéir. Cependant, si l'on veut bien y prendre garde, cette idée est totalement absente de la morale ancienne. Elle est si étrangère à l'esprit grec, que pas plus en grec qu'en latin, il n'est de mot pour l'exprimer. Jamais les anciens n'ont conçu l'idéal moral sous la forme d'une loi ou d'un commandement. Ni en grec ni en latin ne se trouve une expression que l'on puisse traduire par "loi morale", et si, parfois, se rencontre dans les écrits des philosophes anciens l'expression de "loi non écrite", nomos agraphos, ou de "loi innée", il suffit de lire attentivement les textes pour s'apercevoir que le terme nomos est pris au sens ordinaire de "coutume" et d'"usage".

    Cependant la langue morale des Grecs était riche en distinctions subtiles, et soit dans l'Éthique à Nicomaque, soit surtout dans la morale des Stoïciens, les nuances les plus délicates entre les diverses vertus ont trouvé, pour les rendre, des termes appropriés.

    Quand Cicéron, s'inspirant de Panétius, traite des Officia, on sait que le second livre de cet ouvrage est consacré à l'étude de l'utile. Et ce seul exemple suffit à montrer combien est grande, entre les anciens et les modernes, la différence des points de vue. Il n'y a point, dans la morale grecque, un "impératif", mais seulement un "optatif". Cette morale se présente toujours comme une "parénétique" : elle donne des conseils, non des ordres. Et les longues listes de devoirs envers soi-même et envers autrui qui remplissent les traités modernes sont remplacés, chez les anciens, par des tableaux ou des portraits. On nous y représente l'idéal du sage, on nous y offre des modèles, en nous conviant à les imiter. Entre l'idéal et le réel, le rapport n'est pas celui du commandement à la soumission, mais du modèle à la copie, de la forme à la matière. Ainsi, nulle idée de devoir, ni de ce que nous appelons obligation, dans la morale des philosophes grecs. D'ailleurs, il n'en pouvait être autrement : la chose est facile à comprendre. En effet, le but que l'on se propose expressément dans toutes les écoles de philosophie anciennes, aussi bien dans l'école stoïcienne que dans celle d'Épicure ou de Platon, c'est d'atteindre à la vie heureuse. Et le bonheur dont il s'agit est le bonheur de la vie présente.»

    VICTOR BROCHARD, "La morale ancienne et la morale moderne", Revue philosophique, Paris, 1901, XXVIe année, p. 1 à 12. Édition électronique réalisée par Bertrand Gibier pour le site des Classiques des sciences sociales (UQAC).


    *******


    Emmanuel Kant
    «[...] La représentation du devoir et en général de la loi morale, quand elle est pure et qu'elle n'est mélangée d'aucune addition étrangère de stimulants sensibles, a sur le cœur humain par les voies de la seule raison (qui s'aperçoit alors qu'elle peut être pratique par elle-même) une influence beaucoup plus puissante que celle de tous les autres mobiles que l'on peut évoquer du champ de l'expérience, au point que dans la conscience de sa dignité elle méprise ces mobiles, et que peu à peu elle est capable de leur commander; au lieu qu'une doctrine morale bâtarde, qui se compose de mobiles fournis par des sentiments et des inclinations en même temps que de concepts de la raison, rend nécessairement l'âme hésitante entre des motifs d'action qui ne se laissent ramener à aucun principe, qui ne peuvent conduire au bien que tout à fait par hasard, et qui souvent aussi peuvent conduire au mal.»

    EMMANUEL KANT, Fondements de la métaphysique des moeurs, traduction de Victor Delbos. D'après l'édition électronique disponible sur le site des Classiques des sciences sociales (UQAC).

    Documentation

    Marc Chevrier: l'incivisme des nouvelles élites
    «[...] au début de la démocratie américaine, des obligations civiques étaient rattachées à la richesse. Les riches familles, établies depuis plusieurs générations dans leur communauté, se reconnaissaient le devoir de libéralité envers elle, la gratifiant d'hôpitaux, d'écoles, de bibliothèques, de monuments et de parcs. Avec la mobilité des capitaux et de la main-d'oeuvre et l'ascension de cette nouvelle élite, cet esprit de libéralité s'est effrité. Cette élite se persuade que le grand rêve américain réside maintenant dans la mobilité sociale de tous. Or, nous dit Lasch, tel n'a pas été ce rêve. C'est travestir le sens du génie démocratique américain, dont le grand rêve tient à l'égalité civique: qu'on soit ouvrier, fermier ou banquier, tous sont des citoyens responsables, égaux en dignité et dans leur droit de participer à la vie publique. Cette égalité civique est possible quand la classe moyenne possède quelques biens et exerce des métiers lui donnant indépendance d'esprit et d'argent. Quand la classe moyenne s'affaiblit, comme c'est le cas aux États-Unis depuis plusieurs années, l'égalité civique se perd et les inégalités sociales deviennent d'autant moins tolérables.»

    MARC CHEVRIER, "Les nouvelles élites inciviques", L'Agora, 1997, vol 4 no 2
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
    Loading
    Informations
    Références
    Documents Associés
    Emmanuel Kant
    Platon
    Justice, injustice, fuite, lois, mal, patrie, engagement, vérité

    Référence


    Contribuez au rayonnement des oeuvres de l'Agora/Homo vivens en devenant membre ou en faisant un don.