| Jean Amos Comenius est né le 28 mars 1592 dans la petite ville de Uhersky-Brod en Moravie, dans une famille prospère (son père était maître meunier) appartenant à la tendance la plus stricte de ceux qui avaient adopté les doctrines de Jean Hus, l'Unité des Frères. Voici comment, dans sa biographie de Comenius, Mme Heyberger caractérise sa formation au sein de cette communauté :
C'est au foyer d'une de ces familles de l'Unité des Frères, sans aucun doute d'une piété fervente, adonnée à la lecture quotidienne de la Bible et à l'interprétation des textes, sévère dans ses moeurs, et considérant l'obéissance à la loi divine comme le devoir suprême de l'homme, que naquit Comenius20.
En 1604, à l'âge de 12 ans, il perd son père et sa mère, puis, peu de temps après, également deux de ses soeurs. Il est alors recueilli par une tante habitant la ville de Straznice, sur la frontière hongroise. Mais, l'année suivante, cette ville est conquise et incendiée par les Turcs et les Hongrois. Échappant du désastre à travers les forêts, Comenius parvient à retrouver le pays de son enfance.
En 1608, à l'âge de l6 ans, il entre à l'école latine de Prérov, où ses dons attirent l'attention de son directeur, l'évêque de l'Unité, Jean Lanecky. Comenius, soutenu par ce puissant patronage, poursuit ses études académiques et s'inscrit, en mars 1611, à l'université calviniste de Herborn en Allemagne. Là, sous l'influence des théologiens Piscator et Alsted, il s'initie aux doctrines du millénarisme. Cette attente passionnée d'un royaume millénaire parfait du Christ sur terre marqua définitivement Comenius. A Herborn, toute la pensée des étudiants, dans tous les domaines, était soumise à la Bible, et l'enseignement donné était très critique à l'égard des philosophes païens, en particulier d'Aristote. C'est là que Comenius apprit à ne pas chercher les fondements de la pensée dans la philosophie, mais dans la Parole de Dieu21. En 1613, il s'inscrit à la célèbre université de Heidelberg.
De retour en Moravie en 1614, il prend, à la demande de l'Unité des Frères, la direction de l'école de Prerov. Il est alors âgé de 22 ans. En 1616, il est consacré au ministère pastoral dans l'Église Morave. En 1618, on lui confie une des paroisses les plus importantes de Moravie, celle de Fulneck, et cette même année il épouse Madeleine Visovska qui lui donnera deux enfants. Le 8 novembre 1620, à la bataille de la Montagne Blanche, les forces tchèques sont mises en déroute par celles de l'Empereur ; l'espoir d'un Royaume tchèque hussite prend ainsi brutalement fin. Au printemps de 1621, la ville de Fulneck est à son tour prise par les troupes espagnoles. La vie de son pasteur, Comenius, est mise à prix. Il doit alors fuir dans les forêts avoisinantes pour sauver sa vie, contraint d'abandonner sa femme enceinte et son fils. C'est, caché dans une retraite sûre, qu'il écrit pour son épouse un traité de consolation intitulé Réflexions sur la perfection chrétienne. Dans la préface, on lit ceci :
Car en marchant sur mes tristes chemins, j'ai beaucoup réfléchi au singulier dessein de Dieu envers nous, ses élus, qui veut que ces épreuves ne soient pas toujours agréables, mais toujours utiles à notre salut. Reconnaissant la douceur sous l'amertume, avant de m'éloigner davantage de toi, je me suis proposé, dans ce lieu où j'ai pu trouver un abri pour quelques jours, de t'écrire sur ces choses pour te faire plaisir, ou au moins pour adoucir ton affliction et la mienne ; je t'envoie une copie ; l'autre, je la prends avec moi en guise de compagnon22.
Peu après, sa femme et ses deux enfants meurent de la peste sans que le père ait jamais pu voir le dernier né. Ainsi, dans le désastre provoqué par le début de la Guerre de Trente Ans, Comenius perd son Église, sa patrie, sa famille et tous les immenses travaux théologiques, linguistiques et encyclopédiques dans lesquels il s'était engagé avec ardeur. [...]
C'est aussi, semble-t-il, à l'époque de son ministère à Fulneck que Comenius commença à s'intéresser aux recherches ésotériques de Jean Valentin Andreae, le fondateur de la Rose-Croix. Son intérêt pour le mysticisme gnostique et panthéiste de cette secte jouera un rôle important dans le développement de sa passion pour une connaissance immédiate, totale et absolue, véritable gnose pseudo-divine, et de ce qui en découla tout naturellement, son messianisme pédagogique au caractère si nettement utopique.
Nous ne nous attarderons pas à la vie ultérieure de Comenius, sauf pour dire qu'elle fut une suite d'épreuves et de déracinements. Au cours de l'été 1624, Comenius se remarie avec la fille du pasteur Cyrille, Dorothée. Comenius se tourne alors vers des visionnaires, comme un certain Christophe Kotter, tanneur de métier qui, dès 1624, émet des prophéties annonçant la prochaine défaite des puissances catholiques et le rétablissement de la foi biblique en Moravie. En effet, toute sa vie Comenius fut comme fasciné par les plus absurdes révélations, pour autant qu'elles puissent alimenter son espoir toujours renaissant, toujours inassouvi d'un rétablissement prochain de son Église et de sa patrie. Il traduit ces prophéties qui confirment son ardent désir de voir sa patrie libérée, et les fait publier en tchèque et en allemand. Il obtient la confirmation de leur authenticité par d'autres responsables de l'Unité des Frères. Mais ce ne sont là que des lumières trompeuses, toujours démenties par les faits et qui n'annoncent que des événements qui ne se produiront jamais. Mais peu importent les faits ; il faut y croire, car ces illusions confirment une espérance utopique qui permet de vivre l'exil en préparant l'avenir. En couvrant ces fabulations trompeuses de son autorité, Comenius donna un dangereux crédit à ces illusions, car plusieurs chefs du parti protestant y crurent dur comme fer, et y conformèrent leur action. Cette crédulité conduisit à plusieurs reprises le parti protestant aux échecs les plus cuisants et à des désastres militaires et politiques irréparables. Ce n'est pas en adhérant à de telles erreurs que l'on attire les bénédictions divines !
Nous voyons, donc dès cette époque, une influence occulte, à la fois anti-biblique et irrationnelle, dominer la pensée de Comenius. Cet irrationalisme l'accompagnera à tout instant et on en trouvera la marque dans tous ses écrits philosophiques et pédagogiques. On voit s'installer chez lui une dichotomie permanente entre une pensée biblique, d'une part, et une pensée profane, d'autre part, utopique et messianique en contradiction complète avec les données tant de la Bible que du sens commun. Comme l'écrit Marcelle Denis,
La foi que Comenius attache à ces révélations est immense. Si elles l'encouragent au début, elles l'orientent sur la voie d'un mysticisme qui aveuglera son jugement au point de lui faire perdre toute crédibilité auprès des rationalistes, notamment des Français comme Descartes et le Père Minime Mersenne24.
Cette passion pour les révélations extra-bibliques poursuivra Comenius durant toute sa vie. En 1628, l'année où il décide finalement de s'établir à Leszno en Pologne avec un reste de l'Unité des Frères, il se fera accompagner par une jeune hallucinée de seize ans, Christine Poniatowska, qui, elle aussi, prophétise le retour dans la patrie et la défaite de l'ennemi catholique. C'est elle qui lui indique par prophétie le lieu de leur refuge. Voici comme Anna Heyberger décrit l'emprise de cette prophétesse sur Comenius :
C'est ainsi que Christine Poniatowska, devenue orpheline, est recueillie par les Comenius comme leur propre fille. Bientôt de véritables assemblées se tiennent autour d'elle, aux moments (généralement elle les prévoit) où se produisent ses visions. (…) Quant à Comenius, rien ne peut ébranler sa foi en la mission divine de cette vierge, car il connaît la sincérité de ses sentiments religieux et patriotiques. (…) Quelles sources d'encouragement pour les exilés qui ne se lassent pas de relire ces prophéties ! La tension excessive résultant de cette perpétuelle extase a cependant raison de Christine ; le 27 janvier 1629, elle est victime d'une crise de catalepsie qui fait croire à sa mort. Elle se rétablit, néanmoins, tout aussi subitement, et dans plusieurs églises on célèbre sa guérison miraculeuse. Comme un pasteur hasarde quelques objections, Comenius publie son traité De veris ac falsis prophetis, pour convaincre ceux qui peuvent encore douter de la véracité de ces visions. (…) Les phénomènes surnaturels semblent, du reste, à cette époque, avoir rencontré parmi les intellectuels des prosélytes facilement crédules25.
Nous retrouvons la même passion de Comenius pour les révélations extra-bibliques lors de son séjour de 1651 en Hongrie où il s'était rendu, invité par la famille royale des Rakoczi pour y fonder des écoles. Anna Heyberger écrit à ce sujet les lignes suivantes :
Comme nous l'avons vu, Comenius a subitement triomphé de l'accablement et de la tristesse causés par les suites funestes du pacte de Westphalie ; à Sarospatak, il a poursuivi à nouveau la réalisation de son oeuvre didactique avec une énergie, une souplesse et un entrain vraiment surprenants. (...) De même que, jadis, les prophéties de Kotter et de Christine Poniatowska avaient stimulé le génie créateur de Comenius, de même, alors, les prophéties de Nicolas Drabicius lui ont restitué toute sa force morale et intellectuelle. (…) Au cours de son premier voyage en Hongrie, il eut l'occasion de voir Drabik et de s'entretenir avec lui : il garda de cette entrevue une impression ineffaçable. Ces visions, dont le récit le troublait profondément, ne faisaient guère, en réalité, que traduire les vagues espérances qu'il gardait en la résurrection de la patrie ; il tâcha pourtant de les soumettre à un examen impartial, en suppliant Dieu d'éclairer son jugement. Sa raison résistait encore, mais sa volonté était déjà gagnée à la cause des révélations. Comenius sortit enfin de cette crise, animé d'une pleine confiance en ces "messages de Dieu" et en la justice divine qui, après tant de revers, devait libérer sa patrie par l'anéantissement de la puissance autrichienne. C'était Drabik qui avait pressé Comenius d'accepter l'offre du prince Sigismond, parce qu'il voyait dans la famille des Rakoczi l'instrument de Dieu. Le père, Georges Ier, de son vivant, n'a pas voulu écouter les voix divines. D'après Drabik, ce devait donc être son fils Sigismond, qui était destiné à exécuter le plan divin. Après la mort de celui-ci, c'était, disait le prophète, Georges, prince de Transylvanie. Toutes les fois que faibliront l'espoir ou les convictions de Comenius, Nicolas Drabik affirmera, sous la foi du serment, que ses visions ont bien été inspirées par Dieu. Comenius avait personnellement de l'affection pour Drabik, et, quoiqu'il connût toutes ses faiblesses, il se consolait en se disant que Dieu pouvait choisir même un indigne pour exécuter sa sainte volonté. (…) Toujours est-il qu'à son retour de Sarospatak, "le troisième dimanche après la Trinité", Comenius va rendre visite à Drabik, pour entendre ses plus récentes prophéties et le consulter au sujet de la conduite à tenir26.
Plus loin, Anna Heyberger écrit :
Durant toute cette période (1656-1657), Drabicius ne cesse d'engager Comenius à publier ses révélations, tantôt en le suppliant, tantôt en le menaçant du courroux de Dieu. Lorsqu'après la mort de Ferdinand III, la libération de la patrie paraît proche, Comenius assemble le 7 juillet plusieurs pasteurs de ses amis chez le pasteur Rulicius ; ils adressent des prières ferventes à Dieu, et décident ensuite de publier en latin les révélations de Kotter, de Poniatowska et de Drabicius, sous le titre de Lux in tenebris, mais de ne les envoyer qu'aux hauts personnages qu'elles concernent. C'est en vain que Figulus s'efforce de détourner son beau-père de ce projet. (…) Les opinions sont diverses. Les lettres que Hartlib reçoit nous révèlent l'état d'esprit qui régnait alors en Angleterre et ailleurs : "Les desseins de Dieu pour l'avenir se dévoilent dans les révélations de Drabicius", écrit le pasteur Beale, "et il n'est pas possible que ce soient là des rêves ordinaires." Les jansénistes français s'intéressent également à la Lux in tenebris et en achètent de nombreux exemplaires. (…) Un huguenot français écrit que c'est là une "doctrine très dangereuse en ses suites, aisée à retomber sur nous et fort peu concordante au fond avec la douceur et l'esprit de l'Évangile". (…) Pour prouver l'authenticité des révélations, Comenius publie encore, la même année, sa volumineuse Historia revelationum. Ce livre est un document d'un intérêt capital : Comenius, comme toujours, plein de scrupules, fait l'historique complet des événements qui, pendant trente ans, ont touché de près ou de loin aux prophéties27.
Elle ajoute plus loin :
Drabicius continue à pourvoir Comenius de prophéties et d'instructions, et son influence sur celui-ci devient de plus en plus grande. Comenius prépare une nouvelle édition de prophéties, magnifiquement illustrée ; il modifie le titre de l'ouvrage, qui devient Lux e tenebris. Cette publication a un but nettement politique. En 1665, Comenius abandonne l'anonymat et n'hésite plus à la signer de son nom. Il fait suivre l'introduction de lettres ouvertes. En premier lieu, il s'adresse à l'empereur Léopold et l'exhorte à faire pénitence, pour son bien et pour celui des siens ; ensuite, il rappelle au pontife romain, Alexandre VII, et à ceux qui l'entourent, leur premier devoir, qui est de suivre en tout l'exemple des apôtres ; enfin, il adjure les princes de veiller au bien-être de leurs sujets. mais c'est au roi très chrétien, Louis XIV, qu'il assigne la tâche principale : il le supplie de convoquer en concile les représentants de toute la chrétienté, afin d'aplanir les différends religieux et politiques qui divisent l'Europe entière, et de faire régner à nouveau la paix dans le monde. (…)
Comenius, qui n'a vu aucun de ses voeux exaucé, passe le crépuscule de sa vie en rêves mystiques. Il entre en relations amicales avec Labadie et avec la prophétesse Antoinette Bourignon ; dans leur amitié et dans la correspondance qu'il entretient avec eux, il trouve un réconfort pour sa vieillesse et un soulagement pour sa maladie28.
C'est à partir de 1630 environ que Comenius se dirige de plus en plus vers des travaux pédagogiques, ainsi que vers la composition de sa Pansophie, un système de pensée qui se veut absolument exhaustif, traitant de tous les sujets, une véritable encyclopédie universelle qu'il conçoit comme moyen de salut par l'illumination de l'intelligence des hommes. Ici encore, il ne lui est pas possible de se défaire de l'influence occulte. Citons encore la biographie de Anna Heyberger :
L'auteur dont il subit le plus profondément l'influence est Johannes Valentinus Andreae (le fondateur de la Rose-Croix), dont il ne cesse de parler avec une touchante reconnaissance, car Andreae "a réussi à éclairer toutes les erreurs de la vie humaine". Comenius le prie de le compter parmi ses admirateurs, disciples et fils, et Andreae à son tour l'encourage dans ses recherches pédagogiques29.
Ce qui est surprenant, c'est à quel point Comenius manifestait ses convictions rosicruciennes ouvertement, sans que cela affecte le moins du monde sa réputation d'orthodoxie dans les milieux chrétiens. Ainsi son ouvrage sur la physique chrétienne, l'Abrégé de physique, fut publié à Londres en 1651, sous le règne des Puritains, avec le titre suivant :
La lumière divine d'un Rose-croix ou Abrégé de physique, par J. A. Comenius. Où il est question du monde en général, et des créatures particulières qu'il contient, sur la base des principes de la Sainte Écriture30.
Le titre de l'édition originale de 1632 était le suivant :
L' Abrégé (ou le plan) de la Physique de J. A. Comenius réformé à la lumière de Dieu.
Prévot commente cette tentative digne d'un créationniste anti-copernicien et anti-galiléen ainsi :
Il s'agit donc bien d'une tentative pour ramener la science physique à l'orthodoxie chrétienne, pour concilier la physique et la Bible31.
De tels faits ne témoignent que trop clairement de la confusion qui régnait dans les milieux chrétiens au XVIIe siècle – même chez les docteurs puritains de la vieille et de la nouvelle Angleterre – entre spiritualité chrétienne et spiritualité ésotérique.
Le succès des innombrables publications utopiques de Comenius, tant pansophiques (c'est-à-dire gnostiques) que pédagogiques est immense. On réclame partout leur auteur. Même le cardinal de Richelieu lui adressa une invitation pressante à se rendre en France pour y établir un Collège Pansophique. Il visite la Suède, travaille en Hongrie, s'établit quelque temps en Angleterre, au début de la Révolution puritaine (en 1641), où il exerça une influence marquante sur les milieux scientifiques. Il y influença les travaux visant à la constitution d'une Académie des Sciences, travaux qui aboutirent à la fondation de la Royal Society. John Winthrop l'invita même à se rendre Outre-Atlantique dans la colonie puritaine du Massachusetts, pour y diriger le célèbre Collège de Harvard.
La paix de Westphalie de l'automne 1648, qui met fin à la guerre de Trente Ans, livre définitivement les terres tchèques aux mains des Habsbourg et ferme tout espoir humain à un retour des membres de l'Unité des Frères dans leur patrie. De retour de Suède, Comenius a le chagrin de perdre sa seconde épouse. Il se remarie une troisième fois. En 1650, à l'âge de 58 ans, Comenius est nommé au poste de Praeses, d'évêque de l'Unité des Frères, ce qui alourdira encore ses responsabilités envers son Église dispersée à travers toute l'Europe. En avril 1656, le refuge polonais des frères, Leszno, tombe lui aussi entre les mains des catholiques polonais. La ville est pillée et incendiée, ceux qui n'ont pu s'enfuir sont massacrés. Comenius perd une fois de plus ses manuscrits, sa bibliothèque, toute l'oeuvre d'une vingtaine d'années. Il doit reprendre à nouveau le chemin de l'exil. Les Pays-Bas lui offrent un asile, et il s'établit enfin, en 1656, dans la ville d'Amsterdam qui lui offre une pension de 800 florins. Là, le Sénat s'engage à publier l'ensemble de ses oeuvres didactiques. C'est dans cette ville opulente et si accueillante envers tant de réfugiés qu'il finira ses jours (il mourra le 15 novembre 1670 à l'âge de 78 ans), travaillant toujours au développement de son oeuvre pansophique, oeuvre d'un rationalisme gnostique et dialectique qui conduisit le monde protestant du XVIIe siècle à accueillir sans obstacle l'esprit utopique, anti-chrétien, anti-rationnel et anti-réaliste, du rationalisme humaniste des Lumières.» |