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    Impression du texte

    Angoisse

    Définition

    « L'angoisse est le possible de la liberté, seule cette angoisse-là forme par la foi l'homme absolument, en dévorant toutes les finitudes, en dénudant toutes leurs déceptions. Et quel Grand Inquisiteur dispose comme elle d'aussi atroces tortures? et quel espion qui sache avec autant de ruse attaquer le suspect dans l'instant même de sa pire faiblesse, ni rendre aussi alléchant le piège où il le prendra, comme l'angoisse en sait l'art? et quel juge sagace s'entend à questionner, oui à fouiller de questions l'accusé comme l'angoisse qui jamais ne le lâche, ni dans les plaisirs, ni dans le bruit, ni durant le travail, ni jour ni nuit? »

    SOREN KIERKEGAARD, Le concept de l'angoisse, Traduit par Knud Ferlov et Jean-J. Gateau, Paris, Gallimard, 1969, coll. « Idées », p. 160.


    ***
    ****



    Une culture sans angoisse?
    «Ceux qui prétendent organiser une culture sécuritaire qui détruirait l'angoisse et nous offrirait des distractions incessantes pour lutter contre l'ennui nous proposent-ils autre chose qu'une lobotomie culturelle? Si une telle culture existait, nous connaîtrions une succession de bien-être immédiats, nous serions satisfaits, dans un état dépourvu de sens, car nous n'éprouverions qu'une succession de présents?»

    BORIS CYRULNIK, L'Ensorcellement du monde, Odile Jacob, 1997, cité par JEAN-CLAUDE GUILLEBAUD, La refondation du monde, Seuil, 1999

    Essentiel


    I

    « Que m'importe que tu sois sage ?
    Sois belle ! et sois triste ! Les pleurs
    Ajoutent un charme au visage,
    Comme le fleuve au paysage ;
    L'orage rajeunit les fleurs.

    Je t'aime surtout quand la joie
    S'enfuit de ton front terrassé ;
    Quand ton coeur dans l'horreur se noie ;
    Quand sur ton présent se déploie
    Le nuage affreux du passé.

    Je t'aime quand ton grand oeil verse
    Une eau chaude comme le sang ;
    Quand, malgré ma main qui te berce,
    Ton angoisse, trop lourde, perce
    Comme un râle d'agonisant.

    J'aspire, volupté divine !
    Hymne profond, délicieux !
    Tous les sanglots de ta poitrine,
    Et crois que ton coeur s'illumine
    Des perles que versent tes yeux.


    II

    Je sais que ton coeur, qui regorge
    De vieux amours déracinés,
    Flamboie encor comme une forge,
    Et que tu couves sous ta gorge
    Un peu de l'orgueil des damnés ;

    Mais tant, ma chère, que tes rêves
    N'auront pas reflété l'Enfer,
    Et qu'en un cauchemar sans trêves,
    Songeant de poisons et de glaives
    Éprise de poudre et de fer,

    N'ouvrant à chacun qu'avec crainte,
    Déchiffrant le malheur partout,
    Te convulsant quand l'heure tinte,
    Tu n'auras pas senti l'étreinte
    De l'irrésistible Dégoût,

    Tu ne pourras, esclave reine
    Qui ne m'aimes qu'avec effroi,
    Dans l'horreur de la nuit malsaine
    Me dire, l'âme de cris pleine :
    " Je suis ton égale, Ô mon Roi ! " »

    CHARLES BAUDELAIRE, Madrigal triste, in Les fleurs du mal, Librairie Générale Française, 1972, pp. 270-272.

    Documentation

    Balthasar, Hans Urs von. Le chrétien et l'angoisse (Der Christ und die Angst). Traduit par Claire Champollion. Paris, DDB, 1954.

    Kierkegaard, Soren. Le concept de l'angoisse. Traduit par Knud Ferlov et Jean-J. Gateau. Paris, Gallimard, 1969. Coll. « Idées ».

    Le Livre de Job et le Livre des Psaumes, dans La Bible.

    Mallarmé, Stéphane. Angoisse. Version intégrale en ligne (site Poésie française).

    Verlaine, Paul. L'angoisse. Version intégrale en ligne (site Poésie française).
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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    Angoisse, vie, existence

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